Mars 2016, c’était il y a un an : le fond d’investissement Citron Research pariait sur une chute du cours de l’action Tesla, de 190 $ à 100$ l’action. Motif : un problème d’offre et de demande, sans que l’on en sache vraiment plus. Résultat : un an plus tard, l’action Tesla dépasse les 300$.

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Ces funestes et fantasques oracles n’ont évidemment aucune légitimité. Ni, comme on le constate aujourd’hui, de crédibilité. Il n’empêche qu’ils sont nombreux, aujourd’hui, à faire feu de tout bois pour anticiper la chute d’un cours qui y semble fort peu sensible.

Il reste évidemment quelque peu volatile, non linéaire. Toutefois, en regard du caractère disruptif du modèle tant économique que technologique de Tesla, ces quelques variations sont inévitables. Au final, les investisseurs au long terme sont gagnants parce qu’ils épousent une vision entrepreneuriale, celle d’Elon Musk, qui est elle aussi une vision de long terme. Le CEO de Tesla n’a jamais caché sa vocation non pas à produire des voitures mais à proposer un consumérisme alternatif et responsable.

Restons Lucid !

Il n’empêche, les besoins en liquidité de Tesla sont tels que le recours aux marchés est nécessaire et, partant, la nécessité de rassurer les investisseurs et d’en conquérir de nouveaux. A date, quelles sont les menaces objectives pesant sur l’action Tesla ?

La plus récente est le lancement programmé de la marque Lucid, fondée par d’anciens cadres de Tesla. Les premiers modèles sont attendus à 60 000 $ environ soit, déduction faite des incitations fiscales américaines, un premier prix à 52 500 $. La motorisation, point névralgique de ce potentiel concurrent, s’étirerait entre 400 et 1000 chevaux pour une autonomie de 380 kilomètres. Les premières réservations sont possibles mais pour les Etats-Unis et le Canada uniquement et sans qu’un calendrier précis n’existe.

Lucid semble donc n’être qu’un ambitieux projet, certes fort avancé, mais un projet malgré tout. Le risque d’interaction avec Tesla, son cours, son positionnement, est encore très incertain. Si précises soient elles, ces vues tout sauf lucides ne valent que bien peu de choses face à une entreprise établie depuis 14 ans et valorisée à près de 50 milliards de dollars. Le cours actuel de l’action n’en frémit même pas.

La preuve par 3

La future Model 3 soulèvera aussi son lot de questions. Elle sera l’objet de la démocratisation de Tesla et devra donc prouver trois choses : sa pertinence (le marché est-il prêt pour ce type de véhicule ?), son positionnement (son prix sera-t-il compris et accepté ?) et sa fiabilité (Tesla Motors pourra-t-elle faire face à une flotte croissante puis vieillissante ?).

Le cours de l’action ne manquera pas de refléter ces inquiétudes. Elles se sont posées avec le Model S, puis avec le Model X. Elles se poseront de la même manière avec le Model 3 et, très probablement, avec tous les autres. Le schéma boursier sera donc probablement toujours le même : d’inévitables toussotements dus à des investisseurs frileux dont les craintes, certes légitimes, seront aplanies en peu de temps par le retour sur investissement gagnant sur le long terme, aujourd’hui visible avec clarté et recul.

La seule crainte persistante est celle d’un report de commercialisation du Model 3, qui reste plausible au regard des calendriers à tendance glissante des dernières années. Dans le même registre, le plan de mises à jour (retardées) de l’AutoPilot pourra générer un stress boursier pouvant affecter le cours. A suivre de près.

L’impact du solaire

Enfin, l’action pourrait être malmenée par les initiatives de Tesla parallèles à l’automobile, principalement dans l’énergie solaire : tuiles solaires, batteries domestiques. Ce sont des marchés différents sur lesquels les constructeurs institutionnels, voire publics, ont une ancienneté, un poids, une expertise qui sont loin d’être négligeables.

Tesla s’aventure là sur un terrain qu’elle n’a pas créé, comme en automobile. C’est un secteur existant et déjà largement préempté. Pour le conquérir, les banques notent que Tesla a consommé beaucoup de cash. Certaines suspectent qu’avec l’association Tesla / SolarCity, sociétés sœurs par leur board, Elon Musk ait la volonté de faire supporter à la première le passif de la seconde, déficitaire sur les trois dernières années. Les actionnaires se sont toutefois montrés confiants, ayant validé la fusion. Le cours de l’action s’est rapidement remis.

Le Powerwall devra donc faire ses preuves mais s’inscrit dans la logique entrepreneuriale de Tesla. Il reste en cohérence avec sa vision et repose sur des actifs, économiques comme R&D, qui n’ont depuis plus besoin d’être prouvés. Le risque boursier est donc tangible mais ce futur marché restera longtemps marginal en termes de revenus et ne devrait donc pas impacter le cours de l’entreprise.

 

Olivier Müller

 

 

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