Se recharger ultra rapidement en électricité 100% renouvelable produite par « du smart off-grid »  ? C’est l’objectif d’une startup française qui a mis au point SmartGreenCharge : une station de recharge non raccordée (vous avez bien lu) au réseau et entièrement alimentée en énergie non polluante issue de 3 sources différentes.  Elle promet de satisfaire aux besoins de rechargement à haute puissance des véhicules électriques, y compris les poids lourds.

Tesla-Mag s’est entretenu il y a quelques semaines avec Hervé Mathiasin, son directeur général (et « Géotrouvetout génial ») et son Directeur Technique G. Audras pour en savoir un peu plus.

Leur objectif est de rendre désirable au grand public l’électro-mobilité au delà des avantages écologiques qui s’y attachent en créant les conditions idéales de recharge des VE à partir d’électricité renouvelable locale. Demain, nous dit Hervé« on ne parlera plus de range anxiety (ce qui n’est déjà plus le quotidien des propriétaires de Teslas) mais de charge anxiety comme au début des années 70 (pendant les quelles les automobilistes  manquaient de stations services) ».

Pour ce faire il veut:

  • anticiper la croissance de leur nombre sur les routes en répondant en temps et en heure aux nouvelles contraintes techniques et économiques s’agissant de kWh disponibles et du renforcement du réseau électrique comme du coût de fabrication et d’implantation des bornes rapides,
  • pouvoir proposer aux consommateurs une offre de recharge suffisamment rapide et partout pour éviter les queues aux stations, tout en garantissant une production d’électricité propre.

Ne pas changer les habitudes des automobilistes en leur imposant des contraintes d’un autre âge. Pour Hervé la solution SmartGreenCharge est la solution idéale.

« La station SmartGreenCharge (SGC) est un « coucou » électrique qui s’épanouirait dans (le nid d’) une station essence existante« . Son modèle est celui d’un mini-réseau uniquement alimenté en électricité renouvelable, sans nécessiter de raccordement.

SmartGreenCharge combine trois énergies renouvelables :

  • des panneaux photovoltaïques installés sur le toit de la station,
  • une tour équipée d’une petite éolienne de moins de 12m
  • un générateur de secours fonctionnant aux huiles de friture recyclées ou aux biocarburants de seconde génération.

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Ces trois sources d’électricité chargent une batterie industrielle qui sera gérée à partir des logiciels de l’exploitant pour alimenter toute charge de véhicule électrique. La station est ainsi entièrement autonome en énergie, c’est du smart off-grid !

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Dans ces conditions de fonctionnement et quelques soient les conditions météorologiques une station SGC sera capable de délivrer plus d’1 mégawatt de puissance simultanée de charge. Il y aura trois versions d’une station SGC :

  • 390 kW avec alimentation de deux super-chargeurs à 120 kW DC et d’un ensemble de bornes rapides à 50 kW/ 43kW AC, semi-rapides à 22kW AC/ lente 4kW AC;
  • 780 kW avec le double de chargeurs
  • 1 000 kW qui intégrerait en plus un chargeur à 650 kW DC ou plus pour des applications spécifiques de charge de bus ou poids lourds électriques.

Alors où va t on pouvoir se recharger à une SGC ?

D’abord partout là où il n’y a pas d’électricité disponible et là où ce n’est pas économique en raison des coûts prohibitifs de raccordement au réseau national ou/et d’impacts environnementaux trop importants. Une SGC trouve ainsi naturellement sa place dans toute zone non connectée au réseau grâce à son alimentation 100% en énergie renouvelable et non polluante.

Ensuite évidemment sur les autoroutes : « Nous voulons faire gagner du temps aux utilisateurs de tous les véhicules électriques comme les propriétaires de Tesla S et X en leur offrant un accès à nos super-chargeurs directement à partir du réseau autoroutier ».

Et elle correspond enfin à tous les besoins de rechargement à haute puissance des véhicules lourds que ce soit les bus, les camions ou les ferries électriques.

« Une SGC répond parfaitement aux objectifs d’amélioration de la qualité de l’air sans pour autant augmenter la dépendance énergétique de nos territoires. Pour exemple, le territoire de l’Ile-de-France (source rapport RTE) importe déjà 95% de son électricité des autres régions l’entourant… »

Alors quand, où et comment ?

Bientôt une première station en Alsace en partenariat avec Leclerc et une autre en Allemagne. Mais comme toute startup il faut de l’argent pour avancer.

Elle a déjà engagé des discussions avec des opérateurs et les pétroliers comme Total Energy Ventures.

Une SGC remplit parfaitement les critères de subvention ADVENIR d’installation de bornes de recharges en Zone Non Interconnectée exigeant une recharge garantie 100% électricité renouvelable.

La société est en train d’essayer de lever des fonds sans grand succès hélas comme souvent en France alors qu’il s’agit d’une solution qui a obtenu la TechAward Europe 2016 du dernier Best Technical Development in Energy Harvesting & Storage et dont Martin Pauli, Senior Architect chez ARUP Consulting, et juge du trophée a déclaré : « l’innovation est disruptive sous de multiples aspects : politique, sociétal, financier et environnemental ».

 

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Tesla-Mag est heureux d’avoir pu vous présenter SmartGreenCharge et espère qu’elle fera demain partie de notre environnement au moment où à défaut d’obtenir des financements conséquents d’ici le 30 juin, EV Chargers & Sol renoncera à développer son innovation le long de nos routes ! Peut être que Mme Royal au lieu de faire des annonces et des mouvements de menton pourrait s’en inspirer avant de devoir laisser sa place au suivant !

 

 

Illustrations : © Smart Green Batteries, EV chargers & sol

 

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7 thoughts on “Electro mobilité : l’avenir des recharges des Tesla.

  1. Idée intéressante, mais pour le cas particulier de la France je ne comprends pas la rentabilité de ce projet. Au niveau d’équipement du réseau français, il est beaucoup moins cher de connecter la station au réseau existant que de concevoir des stations autonomes? (je dis ça sans être opposé aux énergies renouvelable)

    1. Sauf que le réseau existant est souvent saturé, que dans certaines configurations les raccordements sont très chers et que cette solutions est une réponse pertinente aux détracteurs de l’électro mobilité qui affirment que la multiplication des VE entrainera une augmentation des besoins en électricité que ne pourra satisfaire l’existant et le nucléaire, etc, etc

      1. « une réponse pertinente aux détracteurs de l’électro mobilité qui affirment que la multiplication des VE entrainera une augmentation des besoins en électricité que ne pourra satisfaire l’existant et le nucléaire, etc » : certes, mais cette affirmation est erronée. Un parc gigantesque de véhicules électriques connectés au réseau et dont on pourrait appeler un peu d’énergie aux moments de grands pics de consommation est, contrairement à ce que suggère cette phrase, le rêve de RTE. Un rêve possible le jour où les systèmes de recharge des batteries des VE et des infrastructures de charge seront conçus pour permettre aux voitures d’alimenter le réseau lorsqu’on le regulateur dudit réseau le leur demandera, à distance. Relativement simple à concevoir … et beaucoup plus que de construire de nouvelles centrales. Quelques totems en rase campagne seront utiles aussi mais certainement pas la solution.

        1. Cette hypothèse est en cours de test en GB avec une centaine de voitures. Leurs propriétaires sont payés pour fournir de l’énergie au réseau. Je pense comme vous que cette solution a un bel avenir mais que toutes les solutions « propres » sont préférables.

    1. Si. C’est testé et…..approuvé mais avec des réserves quant au rendement: 300Wh pour un toit de Model 3 par exemple soit de quoi alimenter peu de choses en réalité….

  2. En France, l’énergie moyenne reçue du soleil est grosso modo de 4 kWh/m2 par jour, inégale au cours de l’année et en fonction des régions bien sûr. En imaginant un système théoriquement parfait, sans aucune déperdition (on en est extrêmement loin !), on imagine déjà le temps nécessaire au rechargement, même partiel, d’une batterie de 75, 90 ou 100 kWh comme celle des Tesla actuelles via la seule surface du toit. Une petite semaine théorique pour une charge … soit un gros mois avec le taux réel de déperdition des technologies photovoltaiques actuelles.

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