Les batteries stationnaires comme celle de Hornsdale en Australie du Sud servent à réguler la tension et la fréquence du réseau de distribution électrique. La batterie de 100 MWh mise en service par Tesla il y a quatre mois a coûté 50 millions de dollars australiens. Le coût des ventes et achats d’électricité « de pointe » qui étaient auparavant fournies par des centrales à gaz a été réduit de 90% depuis la mise en service de la batterie. Ainsi, en quatre mois, la nouvelle installation a permis d’économiser les deux tiers de son prix d’achat. Selon toute vraisemblance, les 100 MWh de batteries Tesla Powerpack seront amortis en six mois seulement!

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Les contrats à longue durée signés entre le réseau électrique et les opérateurs de centrales de pointe vont devoir être revus à la hausse. En effet, ces centrales servant beaucoup moins souvent, voient leurs coûts fixes de plus en plus difficiles à amortir. Elles seront donc contraintes à vendre leur électricité de pointe nettement plus cher qu’avant l’époque « Tesla », alors que leurs tarifs étaient déjà stratosphériques – on parle de plus de 10.000 dollars par MWh pour des pointes de quelques minutes.

Les grandes centrales à combustibles fossiles qui produisent 24 heures par jour seront également impactées. En effet, elles réussissaient par la passé à négocier des tarifs intéressants pour certaines pointes de puissance de moyenne durée (quelques heures), un avantage qui disparaît pour elles depuis que, soit les batteries les remplacent à meilleur coût, soit les centrales à gaz de pointe se rabattent sur ces contrats pour survivre. Leur rentabilité est donc en baisse et elles sont donc obligées de relever leurs tarifs pour les fournitures d’électricité de base.

Le résultat de tous ces mouvements de marché est une augmentation du prix de vente de l’électricité basée sur le gaz, le pétrole, et le charbon. Et, dès lors, l’énergie renouvelable des éoliennes et du solaire voient se renforcer leur position commerciale. La combinaison des énergies renouvelables intermittentes et des grosses batteries stationnaires ne fait donc que renforcer son attractivité. Le remplacement des centrales polluantes par les éoliennes devenait déjà rentable depuis quelque temps, mais leur combinaison avec des batteries géantes comme la Tesla Powerpack va fortement accélérer leur adoption.

En Europe aussi

L’australie n’est pas seule à intégrer des batteries à son réseau de distribution. Ainsi, la société REstore vient d’inaugurer ce qui est probablement à ce jour le plus vaste parc de stockage d’électricité à Terhills, près de Hasselt en Belgique.

Connectées au réseau du distributeur Elia, les 140 Tesla Powerpacks représentent 18 MWh et ont coûté 11 M€. Le système est capable d’injecter dans le réseau une puissance instantanée atteignant 32 MW. Etant situé sur un site industriel, cet ensemble non seulement stabilise la tension et la fréquence du réseau, mais il permet aussi aux entreprises locales participantes d’éviter les surcoûts de consommation les plus élevés pendant les pointes de consommation. Cet avantage a permis d’accroître les revenus de l’installation de 50% par rapport à un simple plan de stabilisation du réseau.

Un bref aperçu vidéo du site de Terhills est disponible ici sur YouTube. Retrouvez les photos de l’inauguration sur le site web de Terhills (hélas, le texte est en Néerlandais seulement). Pour plus d’infos sur le Tesla Powerpack, rendez-vous sur tesla.com/utilities.

 

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Tesla Magazine I 2018

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