Presque pas gonflés! Même pas mal VW et surtout sans vergogne. Que Shell défende son pré carré avec l’assurance et la mauvaise foi d’un pétrolier, comme les fabricants de cigarettes en leur temps peut, sans s’admettre, se comprendre. Mais que VW avec les casseroles qu’elle se trimballe la ramène encore… on ne dira plus que l’arrogance est une exclusivité française quoique plutôt courante chez nous.

Source : By Arthur Neslen | In partnership with The Guardian
VW et Shell, ces deux micro entreprises viennent encore faire parler d’elles par leur remarquable tentative de détourner l’Europe des voitures électriques. (27 avril 2016).

Suite aux promesses du sommet sur le climat de Paris en Décembre dernier, l’UE potasse de quoi devenir bon élève en matière d’efficacité énergétique pour 2025 et 2030. Et bien l’UE potasse mal, VW et Shell lui soufflent la solution : seuls les biocarburants devraient être au cœur des efforts de l’industrie verte. Méthodologie préconisée en lieu et place de l’électricité, 1. une plus grande utilisation des biocarburants, 2. l’étiquetage des voitures quant à leur émission de CO2 (un moment de honte est vite passé) et 3. le système d’échange d’émissions de l’UE (ETS). Des sous à défaut d’air pur. Et de quoi bloquer une nouvelle action réglementaire significative sur les émissions des voitures pour plus d’une décennie, selon des sources de l’UE.

Ulrich Eichhorn, nouveau chef de la recherche et du développement chez VW, (mais que cherchent-ils et que développent-ils?(1) ) a admis que les véhicules hybrides et d’autres plus efficaces (lesquels) étaient des pierres angulaires pour l’avenir mais que dans l’intervalle il serait nécessaire de promouvoir les biocarburants. «Les véhicules diesel modernes et à gaz naturel seront absolument nécessaires pour tenir les objectifs de CO2 jusqu’en 2020 et à partir de là ils contribueront également à de nouvelles réductions. »

Mon anglais n’est pas terrible mais si j’ai bien compris ses propos, M. Eichhorn compte réaliser un merveilleux tour de passe-passe. Les vilaines voitures qui polluent au diesel actuel vont se refaire une virginité en diesel vert. Hocus poucus fidibus! Et nous aurons les poumons en capilotade mais bonne conscience puisqu’en continuant à les acheter « Les coûts sociaux (seront) minimisés pour garder notre force industrielle et de la compétitivité». Excusez-moi, la compétitivité ça ne se joue pas à un même niveau? Et puis pourquoi à partir de 2020 y aura-t-il des réductions d’émissions supplémentaires qu’on pourrait pas avoir avant?

Pas de bol l’apprenti sorcier. L’étude d’ Auto Fuels Coalition (Union des carburants Auto), écrit par Roland Berger, fait une série d’hypothèses très pessimistes sur les coûts à la fois des améliorations d’efficacité énergétique et des émissions de gaz à effet de serre des biocarburants. Une étude récente de l’UE a trouvé le plus sale biocarburant trois fois plus polluant que le diesel. On peut toutefois se demander pourquoi les performances du meilleur ne sont pas connues. Pour les militants verts, au lieu de réduire les émissions, l’utilisation du biodiesel dans les transports augmenterait les émissions polluantes de 4%, l’équivalent de 12 millions de voitures supplémentaires sur les routes jusqu’en 2020.

On comprend que nos deux compères aient le feu aux fesses. 400.000 pré-commandes du Model 3 Tesla, la décision du Parlement néerlandais d’ interdire les moteurs à essence et diesel en 2025. L’ Allemagne qui a promis une subvention coup de pouce d’ 1milliard d’euros pour l’achat de voitures électriques espérant en voir 1 million sur ses routes d’ici la fin de la décennie. C’est chaud. Surtout quand on est attaqué de toutes parts.

Le Docteur Christoph Wolff, directeur général de la Fondation européenne pour le climat, a déclaré au Guardian: « Le marché des véhicules électriques se développe rapidement en Chine, en Norvège aux Pays-Bas. Les décideurs européens doivent convenir des mesures rigoureuses qui pousseront le secteur de l’automobile vers le développement de produits aptes à soutenir la concurrence dans ce marché en évolution rapide ».

Mais Colin Crooks, vice-président de Shell pour le développement et la recherche, a déclaré: « Les combustibles liquides resteront essentiels pendant la transition vers une faible teneur en carbone puisque les moteurs à combustion interne vont continuer à encore alimenter la plupart des transports pour de nombreuses années à venir. » Ce qui n’est pas faux il faut l’admettre.
Aussi le géant pétrolier néerlandais a investi massivement dans l’éthanol brésilien. Là où ça pique c’est que si Crooks souligne que les biocarburants joueront un rôle clé dans l’avenir prudent il ajoute : « Les nouveaux carburants nécessiteront un soutien financier des gouvernements pour soutenir le développement de la technologie et de réduire le risque d’investissement« . Tiens donc! C’est pas de la philanthropie Shell? C’est pas sexy le bioéthanol?

Carlos Calvo Ambel, analyste pour le think-tank du Transport et l’Environnement, espagnol a déclaré que l’Europe échouerait dans ses objectifs de réduction du gaz à effet de serre si elle suivait les conseils de la Coalition des carburants Auto : « Les constructeurs automobiles, les compagnies pétrolières et les producteurs de biocarburants font une tentative désespérée pour dissuader l’Europe de mettre en place des normes de consommation de carburant pour les voitures, les fourgonnettes et les camions, un coup de pouce pour les véhicules électriques et la plupart des autres actions tellement nécessaires dans le secteur des transports« .

Quelques infos supplémentaires à piocher dans l’article d’Arthur Neslen.
Le transport routier représente actuellement environ un cinquième des émissions de gaz à effet de serre en Europe. L’UE a fixé un objectif de réduction de 60% des émissions de transport d’ici 2050, tel que mesuré par rapport aux niveaux de 1990. Les niveaux d’émission sont actuellement de 20% au-dessus de ce taux, bien qu’ils aient commencé à tomber. Mais grâce à qui, à quoi?

En 2021, aucune nouvelle voiture ne sera autorisée à émettre plus de 95 grammes de CO2 par kilomètre, (on peut le vérifier, on le sait, merci VW) mais l’électrification et l’électricité renouvelable à grande échelle seront nécessaires pour approcher le zéro niveau d’émissions. Et alors? On fait quoi?
(1) Mon démon intérieur ne résiste pas à rappeler des propos lus dans l’Argus du 17 mars 2014 où l’on entendait dans la bouche d’un représentant de la marque à propos de l’e-gGolf : « En ne créant pas de modèle spécifique, nous limitons les risques : la e-Golf est assemblée sur la même ligne que les autres Golf. Peu importe que nous en vendions 10 ou 10 000, car l’usine tourne sans elle ». Volkswagen ne se fixe d’ailleurs aucun objectif de vente pour cette e-Golf, chargée d’occuper le terrain aux côtés de la Golf GTE, une hybride rechargeable commercialisée au même moment.

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4 thoughts on “VW et Shell lavent plus vert !

  1. Il y a quelques années, un documentaire sur les « carburants verts » était passé à la télé, dans celui-ci, il indiquait combien de pétrole était utilisé pour élaborer ces carburants. En effet, c’est la pétrochimie qui fournit les engrais, le tracteur tourne au gasoil, etc…
    Si je me rappelle bien (exprimé en KW/h), il fallait 1,5 KW/h de pétrole pour 1 KW/h de carburant fait à partir de maïs.

    1. Et pour l’essence il faut 2 kW/h pour en fabriquer 1 litre ! Ce qui veut dire qu’une thermique (à puissance comparable à la TMS) utilisant 10l de carburant pour 100km aura consommé 20kw/h (en plus de son essence) soit l’équivalent de la consommation d’une TMS sur la même distance mais en polluant (CO2,Nox et particules fines)!

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