En décembre 2025, une onde de choc a traversé Wall Street et le Pentagone. Selon les dernières transactions sur le marché secondaire, la valorisation de SpaceX a atteint le seuil vertigineux de 800 milliards de dollars.
Ce chiffre n’est pas seulement une victoire pour Elon Musk ; c’est un basculement géopolitique. Pour la première fois de l’histoire, une entreprise privée « New Space » pèse plus lourd que les six plus grands géants de la défense américaine réunis.
Le Match : 800 Mds$ contre 709 Mds$

Alors que les fleurons traditionnels comme Lockheed Martin, Boeing et Northrop Grumman ont longtemps régné sans partage sur les contrats de sécurité nationale, les chiffres parlent d’eux-mêmes. La capitalisation boursière combinée des leaders du secteur (incluant General Dynamics, RTX et L3Harris) stagne autour de 709 milliards de dollars.
SpaceX, avec ses 800 milliards, a « fumé » la concurrence. Ce qui frappe, c’est la vitesse de cette ascension :
- 2023 : 150 milliards $.
- Mi-2025 : 400 milliards $.
- Fin 2025 : 800 milliards $, avec une introduction en bourse (IPO) prévue pour 2026 qui pourrait viser les 1 500 milliards de dollars.
Starlink : Le moteur de la domination
Si SpaceX lance des fusées, c’est Starlink qui porte sa valeur financière. Avec plus de 8,5 millions d’abonnés et des revenus récurrents dépassant les 10 milliards de dollars annuels, Starlink transforme une entreprise d’ingénierie en un fournisseur mondial d’infrastructure.
Le marché ne valorise plus SpaceX comme un simple constructeur aéronautique (souvent limité à des multiples de revenus de 1,5x ou 3x), mais comme une plateforme technologique à la manière de NVIDIA ou Amazon, avec des multiples dépassant 50x les ventes.
Le Pentagone sous dépendance
L’affirmation est provocatrice mais réelle : le Pentagone a plus besoin d’Elon Musk que l’inverse. SpaceX est devenu le seul acteur capable de garantir un accès rapide et peu coûteux à l’orbite. À travers le système Starshield — une version militarisée et sécurisée de Starlink — l’entreprise construit les nerfs optiques de la guerre moderne.
- Logistique : Livraison de cargo pour l’armée.
- Renseignement : Déploiement de constellations de satellites espions.
- Réactivité : Une flotte de Falcon 9 et bientôt Starship capable de saturer l’espace de capteurs en quelques semaines, là où les industriels classiques mettent des années.
La fin du « Cost-Plus »
Pendant des décennies, le complexe militaro-industriel a prospéré sur des contrats « cost-plus », où le gouvernement paie les dépassements de coûts. SpaceX a cassé ce modèle avec des contrats à prix fixe et une culture d’innovation agressive héritée de la Silicon Valley.
Le futur de la défense ne porte plus de costume-cravate dans les bureaux de Virginie. Il se construit en t-shirt dans les usines de Starbase, au Texas. En réussissant le pari de la réutilisabilité totale, SpaceX a rendu les flottes de ses concurrents obsolètes, les transformant en « pièces de musée » technologiques.
Vers une hégémonie totale ?
Le prochain grand saut est déjà là : l’envolée du Starship. Si ce lanceur atteint ses objectifs de coût, il ne se contentera pas de dominer le marché ; il l’absorbera.
