Le monde a longtemps perçu Tesla comme un simple constructeur automobile. Mais pour Elon Musk, les voitures n’étaient que des robots sur roues, une étape préliminaire vers une ambition bien plus vaste : l’intelligence physique et numérique à l’échelle planétaire. Avec les récents indices sur la « Terafab », Musk franchit le rubicon de l’intégration verticale. Ce projet de fonderie géante de semi-conducteurs à l’échelle du térawatt ne vise pas seulement à alimenter xAI, mais à devenir le cœur battant de l’écosystème Tesla, des puces AI6 au robot humanoïde Optimus.
Partie I : L’Ambition Térawatt – Le « Master Plan » de Tesla et xAI
Le concept de Terafab repose sur une idée radicale : si les capacités de production actuelles de TSMC ou Samsung sont le goulot d’étranglement de l’intelligence, alors il faut construire sa propre usine. Musk ne parle pas d’une fabrique classique, mais d’une structure capable de produire des trillions de puces IA en 2 nm (nanomètres).
La convergence Tesla / xAI
Tesla possède déjà une expertise unique en conception de puces (FSD, D1). Cependant, la dépendance envers les fonderies externes reste une vulnérabilité. La Terafab permettrait de fabriquer en masse la prochaine puce AI6, un composant révolutionnaire qui, contrairement aux générations précédentes, serait unifié : la même architecture servirait à l’entraînement des modèles dans les centres de données (Dojo/Cortex), à l’inférence dans les voitures Tesla, et au cerveau du robot Optimus.
Volume et Vitesse
En produisant en interne à un volume qui « écrase les limites actuelles », Musk s’assure que Tesla et xAI disposent d’un approvisionnement illimité, là où ses concurrents (OpenAI, Google, BYD) devront faire la queue chez des prestataires tiers.
Partie II : Souveraineté Énergétique – Éviter le « Blackout » de l’IA
Nous approchons d’un mur énergétique. Les centres de données actuels demandent une puissance phénoménale que les réseaux électriques nationaux peinent à fournir. La Terafab est la réponse de Musk à ce « crunch » de l’énergie et des transformateurs.
L’intégration verticale « sous stéroïdes »
Tesla est ici l’atout maître. Grâce à sa division Tesla Energy, la Terafab ne serait pas une simple usine, mais une forteresse énergétique auto-suffisante :
- Megapacks et SMR : Utilisation massive de batteries stationnaires Tesla et potentiellement de petits réacteurs nucléaires modulaires pour stabiliser une demande à l’échelle du térawatt.
- Refroidissement Industriel : L’expertise de Tesla dans la gestion thermique (systèmes Octovalve des voitures) serait transposée à une échelle industrielle pour refroidir des millions de puces 2 nm en action.
Sans cette maîtrise de l’infrastructure lourde — que Tesla possède déjà — les puces les plus puissantes du monde resteraient « mortes », faute de pouvoir être alimentées et refroidies. Terafab donne à xAI le contrôle total pour des entraînements d’AGI sans aucune restriction de ressources.
Partie III : L’Infrastructure qui décide du Vainqueur
Si la Terafab voit le jour, elle marque la fin de la compétition telle que nous la connaissons. Celui qui contrôle la fabrication du silicium contrôle le futur de l’intelligence.
Tesla, le géant de la robotique réelle
Grâce à la Terafab, Tesla pourrait déployer son robot Optimus à une échelle de millions d’unités par an, chacune équipée d’une puce 2 nm ultra-efficace produite à bas coût. C’est le passage de l’IA logicielle à l’IA physique.
« Quand une seule usine peut décider du débit de l’intelligence mondiale, le pouvoir bascule du logiciel vers l’atome. »
Le coup de maître géopolitique
En rapatriant la production de pointe (2 nm) sur le sol américain (probablement au Texas ou au Nevada), Musk sécurise non seulement l’avenir de Tesla face aux tensions avec la Chine, mais il crée également un fossé technologique infranchissable. La Terafab ne serait pas seulement l’usine la plus avancée du monde ; elle deviendrait l’infrastructure critique qui décide qui gagne la course à l’AGI.
En somme, la Terafab est la pièce manquante du puzzle. Elle lie l’intelligence pure de xAI à la puissance de production de Tesla, créant une boucle de rétroaction où le matériel et le logiciel évoluent à une vitesse qu’aucun autre acteur ne peut suivre.
