Le compte à rebours est enclenché. SpaceX cible la mi-mars 2026 pour le premier envol de Starship Version 3, la fusée géante nouvelle génération qui doit propulser le programme spatial américain vers la Lune — et à terme, vers Mars. Ce douzième vol de l’histoire du programme constitue bien plus qu’un test supplémentaire : c’est une bascule technologique majeure.
Starship V3 : qu’est-ce qui change vraiment ?
La Version 3 introduit des modifications profondes par rapport à son prédécesseur :
- Moteurs Raptor V3 : plus puissants et plus efficaces, permettant à V3 de transporter plus de 100 tonnes métriques en orbite basse (contre ~35 tonnes pour V2)
- Bouclier thermique repensé : après les défaillances des vols 7 et 8 en 2025, SpaceX a entièrement revu le système de protection thermique pour résister à la rentrée atmosphérique
- Système de séparation amélioré entre le Super Heavy et le vaisseau spatial
- Capacités de ravitaillement orbital : V3 est la première version conçue pour réaliser un transfert de carburant en orbite — condition indispensable pour les missions Mars
- 33 moteurs Raptor sur le booster Super Heavy, configuration inédite pour un vol orbital
Entièrement réutilisable, V3 est également 408 pieds (124,4 m) de hauteur une fois assemblée, en faisant la plus grande fusée jamais construite.
Un calendrier bousculé par les accidents
Le parcours vers ce vol 12 n’a pas été linéaire. Le 21 novembre 2025, le Booster 18 — premier prototype V3 — a explosé lors d’un test cryogénique à Starbase (Texas), contraignant SpaceX à construire un nouveau booster en urgence. Malgré cet incident, la cadence d’assemblage de SpaceX a permis de tenir l’objectif d’un vol au premier trimestre 2026.
Le 26 janvier, Elon Musk a publié sur X : « Starship launch in 6 weeks. » Il a confirmé le 21 février : « Starship flies again next month. » La FAA a accordé son approbation de sécurité pour le vol 12, bien que des conditions réglementaires supplémentaires doivent encore être satisfaites avant le décollage.
Pourquoi ce vol est capital pour la NASA
Starship V3 est au cœur du programme Artemis III, qui prévoit le retour d’astronautes américains sur la Lune en 2028. NASA a sélectionné Starship comme véhicule d’alunissage, et ce contrat impose à SpaceX de démontrer un ravitaillement orbital en vol — une capacité encore jamais prouvée dans l’espace.
Un vol 12 réussi en mars poserait les bases pour une démonstration de ravitaillement orbital prévue pour juin 2026. Sans cette étape, la fenêtre lunaire de 2028 deviendrait très difficile à tenir.
Le contexte : SpaceX à un rythme effréné
Au 27 février 2026, SpaceX avait déjà réalisé 26 lancements Falcon 9 depuis le début de l’année, soit environ un lancement tous les deux jours et demi. En 2025, la société avait bouclé 166 vols Falcon 9. Starship V3 arrive dans une entreprise qui a transformé l’accès à l’espace en routine industrielle.
Pour 2026, SpaceX prévoit au moins 8 lancements Starship, soit le double de l’année précédente — un signe que le programme passe en phase opérationnelle.
