LYON 2016, festival Lumière: E la nave(tte) va.

J’ai vu Quentin Tarentino rouler une pelle à sa copine comme sur un tournage, j’ai vu Line Renaud complice d’Elsa Zylberstein, j’ai vu le sourire rayonnant de Ramzy, la classe folle de Lambert Wilson, Vincent Cassel barbu méconnaissable… J’ai vu…

 

Et puis je suis montée dans la navette.

Pas Space X, star mais pas trop. Navya, la navette autonome, électrique et sans conducteur mais avec passagers qui va être expérimentée pendant un an dans le quartier de la Confluence à Lyon afin de « tout tester, de la technique au modèle économique qui reste à déterminer » selon le président de la société du même nom, spécialisée dans les solutions de transport innovantes. V’la que j’écris comme dans les journaux!

En tout cas, en allant sur place, j’ai appris qu’en semaine, hors week-end et jours fériés, cette navette, deux en cas d’affluence, dessert en rotations de 10 minutes cinq arrêts entre la Darse et le sud du quartier le long de la Saône.

Et ben, j’peux vous dire que ça secoue. 

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D’abord, c’est évident, y a du monde que ça intéresse. Pour le fun, pour le fond. Quand j’ai pointé le bout de ma curiosité au second arrêt de la courte ligne d’1,3 kilomètre, huit personnes étaient à bord. Quatre en sont descendues, restaient un papa et son fiston, venus pour découvrir l’engin, plus une journaliste ukrainienne et son photographe. Ma bouille va-t-elle s’exporter jusqu’en Ukraine?
En tout cas, l’ambiance était à la communication dans le véhicule. D’abord, on inscrit son nom sur un papier pour prouver qu’on monte en toute connaissance de cause dans la machine (Gloups!). Ensuite on s’assied. Vous verrez pourquoi. Finalement on démarre, tout doucement et on discute avec « l’assistant » du bolide…. Sauf que le trajet n’est guère long et que ce matin là, au terminus un aréopage d’huiles attendait son tour de manège autour de Guillaume Pépy – M. SNCF- qu’il ne fallait pas faire attendre même si nous on attend assez souvent les trains pourtant.
Je pense avoir toutefois pu me faire une idée assez exacte de ce qu’est ce curieux Janus à roulettes.

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De devant, de derrière, il n’y a que de l’avant puisqu’il ne fait jamais demi-tour, inversant simplement son sens de circulation en bout de ligne et la couleur de ses feux.

A l’heure actuelle, Navya est un automate programmé pour suivre au millimètre près un trajet enregistré, comme des rails virtuels. A tel point qu’après à peine quelques semaines de fonctionnement on voit déjà sur l’asphalte les parallèles marquées par les pneus. Elle trace sa route c’te navette, au sens propre. Et garde la ligne aussi. Grace à un GPS embarqué et des capteurs lasers installés en bas et en haut de ses museaux. Portée de 50 mètres pour les inférieurs, 100 mètres pour ceux du toit.

Le trajet suivi longe le quai du débarcadère de Confluence, tourne à angle gauche le long de la Saône et s’arrête près du détonnant bâtiment vert d’Euronews. C’est une zone piétonne, sans autre circulation automobile. Cependant piétons et pigeons suffisent à influer la progression de notre petite machine. Et certains grands gamins, avertis, se jettent devant, pour voir. Gros nazes!!! Si elle arrive à ralentir pour suivre un promeneur inattentif -après tout, on ne l’entend pas-, elle joue plus dangereusement pour ses passagers à pigeon vole et gagne toujours en bloquant des 4 fers au décollage du volatile surpris par son arrivée. Tout comme elle tente de vous projeter sur votre voisin parce qu’une chaise de terrasse est un peu trop avancée sur son trajet prédéfini. Çe qui ne change pas beaucoup quant à l’art du freinage de certains conducteurs de bus mais il vaut mieux être prévenus et assis tout de même. Je vous disais que ça secouait. Sur une banquette pour 3 à l’avant, la même à l’arrière et 4 strapontins sur la face opposée à l’entrée. Et si la théorie lui permet de transporter 15 personnes, la prudence de l’expérimentation limite à 10 le nombre de passagers.
Son appareillage technologique lui permet d’être guidée, de voir l’ennemi et de refuser l’obstacle.

Elle s’est arrêtée devant la chaise hostile. Mais que pensez-vous qu’elle fait ensuite? Elle klaxonne, irritée. C’est tout. Il faut que l’assistant humain intervienne pour la faire redémarrer et éventuellement s’écarter de l’écueil. Clavier d’ordi, manette de jeu vidéo et hop, c’est reparti. Rien de bien ébouriffant donc pour un conducteur de Model S qui vit tous les jours le plaisir de l’aide à la conduite de sa voiture, de sa capacité à se garer seule, voire de la possibilité de la faire avancer et reculer pilotée par iPhone!
Et s’il m’arrive de rappeler que ma Tesla seule est plus prudente que moi, Navya a été bridée à 17 km/h aujourd’hui pour 45km/h de possible. Ça ne va pas très vite. Mais ça lui garantit une autonomie de six à huit heures.

Mise en service début septembre de cette année, elle satisfait pour l’instant essentiellement la curiosité des gens, sa vitesse de croisière et la longueur de son trajet ne la rendant pas particulièrement attractive pour les travailleurs locaux. Peut-être les jours de pluie et l’hiver approchant… Toute la technologie embarquée ainsi qu’une caméra intérieure permettent non seulement la sécurité mais aussi la surveillance et l’analyse des aléas de la progression et ainsi d’étudier et perfectionner le modèle. On en sait un rayon chez Tesla qui vient d’encore améliorer le logiciel auto pilote! Ce qui est sûr c’est qu’elle amène le quidam à découvrir, s’interroger et poser des questions pour aller dans le bons sens pour la planète.

Et même si à 200 000 euros pièce elle est moins performante et nettement moins sexy que ma Model S -qui n’est PAS une voiture autonome même si elle s’en approche- elle mérite toute notre sympathie et notre soutien dans l’attention bienveillante et intéressée qu’elle provoque.

P.S. : Lyon c’est la capitale des Gaules, la ville de la Renaissance et des Canuts. Pour le touriste que vous pourriez être et qui aurait la chance de pouvoir la découvrir en semaine, le quartier de la Confluence doit entrer dans votre programme.

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Espaces nouveaux, architectures incroyablement innovantes. Pour le fun et la variété des déplacements et points de vue, je suggèrerais même de l’aborder au sens propre du terme avec le Vaporetto qui comme ses homologues vénitiens circule sur la Saône, départ toutes les demi-heures, depuis Saint Paul-Hotel de Ville ou Bellecour. Vous quittez au fil de l’eau le Lyon antique et industriel pour mettre pied dans le Lyon du futur dans lequel la navette autonome que vous emprunterez sur la rive opposée du port parait une évidence. Au terminus il vous restera 200 mètres à pied pour arriver au fabuleux musée des Confluences. Si son invraisemblable enveloppe peut prêter à la critique tant elle sort des habitudes visuelles, la scénographie du contenu est scotchante. Du très haut niveau. Y a pas que Paris!

Et pour revenir au centre ville, poursuivez en électrique : le tram vous attend au pied du musée. Et les bouchons lyonnais, ce sera juste pour y manger.

 

 

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One thought on “En Navette électrique à LYON

  1. Bonjour!
    Nous avons la chance de pouvoir avoir la même navette à l’essai en Suisse,. Le projet de navettes autonomes est mené par CarPostal en collaboration avec la Ville de Sion, le canton du Valais, l’Ecole polytechnique fédérale (EPFL) et la HES-SO Valais, depuis le mois de juin. Le 6 octobre, le service a été interrompu à la suite d’un incident; la navette, qui transportait trois personnes, a percuté mercredi une camionnette de livraison. Un incident qui n’a fait aucun blessé. CarPostal a interrompu le test. Le service a repris le 6 octobre!

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