Alors que les analystes traditionnels s’obstinent à comparer Tesla aux constructeurs automobiles du siècle dernier, Cathie Wood (Ark Invest) a compris une vérité fondamentale : Tesla est une entreprise de logiciel qui utilise des voitures comme serveurs mobiles. Loin d’être une utopie, sa vision repose sur une réalité économique implacable qui s’apprête à redéfinir la notion même de profit industriel. Voici pourquoi le marché, malgré ses doutes, finira par valider cette trajectoire.
Du véhicule-produit à la plateforme SaaS
Le modèle économique de Tesla est en pleine mutation. Vendre une voiture génère une marge une seule fois. Mais transformer cette voiture en un Robotaxi change tout.
- Marges de 70-80% : Comme le souligne Wood, une fois que le logiciel de conduite autonome (FSD) est mature, le coût marginal d’un trajet supplémentaire est presque nul. Tesla passe d’un business de constructeur (marges à 15%) à un business de logiciel (marges à 80%).
- Revenus récurrents : Au lieu d’attendre que le client rachète une voiture dans 7 ans, Tesla percevra une commission sur chaque kilomètre parcouru par sa flotte autonome. C’est le passage au modèle « Uber sans chauffeurs », où le profit est capturé intégralement par le propriétaire de la technologie.
L’avantage déloyal de la donnée
Pourquoi Tesla gagnera-t-elle là où les autres échouent ? Grâce à sa flotte mondiale.
- Pendant que Waymo ou Cruise opèrent quelques milliers de véhicules dans des zones ultra-cartographiées, Tesla utilise des millions de voitures pour entraîner son IA en temps réel.
- Chaque intervention humaine sur un volant Tesla nourrit le supercalculateur Cortex, rendant le système chaque jour plus intelligent que n’importe quel algorithme concurrent. En 2026, cet écart technologique est devenu une barrière à l’entrée quasi infranchissable.
SpaceX et l’Infrastructure 2.0
L’argument de Wood sur SpaceX complète parfaitement celui de Tesla. Si Tesla domine la mobilité terrestre, SpaceX s’approprie la couche supérieure :
- Le Cloud Orbital : Starlink n’est que la première étape. L’étape suivante, c’est l’installation de centres de données spatiaux. Imaginez un Internet qui ne dépend plus de câbles sous-marins vulnérables, mais d’un maillage de calcul en orbite.
- Un monopole structurel : Avec le Starship, SpaceX a divisé le coût de mise en orbite par 10. Wood a raison : valoriser SpaceX à un billion de dollars n’est pas excessif si l’on considère qu’elle construit la route, le péage et les camions de la future économie spatiale.
Conclusion : La convergence victorieuse
Le génie de Wood est de voir la convergence. Tesla ne vend pas des voitures ; elle déploie une flotte de robots alimentés par l’IA, connectés par le réseau de SpaceX, et optimisant l’énergie mondiale via ses batteries.
Ceux qui parient contre Tesla aujourd’hui sont les mêmes qui, en 2010, pensaient que l’iPhone n’était qu’un téléphone un peu cher. La réalité est plus simple : nous sommes à l’aube d’une explosion de valeur sans précédent.
