Dans une décision sans précédent qui marque une nouvelle escalade dans le conflit opposant Bruxelles au milliardaire américain, la Commission européenne a officiellement ordonné à Elon Musk et sa plateforme X de conserver l’intégralité des documents internes et des données relatifs à l’IA Grok jusqu’à la fin de l’année 2026. Cette injonction place le réseau social sous une surveillance réglementaire d’une intensité inédite.
Une mise sous tutelle numérique
L’ordre de la Commission, effectif dès ce jeudi 8 janvier 2026, impose à X un « gel des données » massif. Concrètement, la plateforme ne peut plus supprimer aucun log, algorithme ou compte-rendu de décision lié au développement de son agent conversationnel, Grok.
L’objectif de Bruxelles est clair : empêcher toute disparition de preuves alors que les enquêtes sur la propagation de contenus illicites s’accélèrent. Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a martelé que « nul n’est au-dessus des lois, quel que soit son statut ou sa fortune », visant directement la gestion jugée opaque d’Elon Musk.
Grok au cœur du cyclone
Si l’UE resserre son emprise, c’est que Grok est devenu le point de friction majeur. L’IA, prônée par Musk comme un outil « anti-woke » et sans filtres, est accusée par les régulateurs européens de faciliter la création de contenus dangereux :
- Deepfakes pornographiques de mineurs et de personnalités.
- Désinformation massive sur des événements historiques sensibles.
- Discours de haine non filtrés sous couvert de liberté d’expression.
Sous l’égide du Digital Services Act (DSA), l’UE dispose désormais des moyens légaux pour exiger cette transparence totale, sous peine de sanctions financières qui pourraient paralyser la viabilité économique de la plateforme.
Une question de contrôle politique ?
Pour Elon Musk, cette décision n’a rien d’une mesure de sécurité. Le propriétaire de X dénonce une « persécution bureaucratique » visant à censurer une voix dissidente. Ses partisans voient dans cet ordre de conservation une tentative déguisée de l’UE d’accéder aux secrets de fabrication d’une technologie souveraine qui refuse de se soumettre aux standards de modération centralisés de Bruxelles.
La rhétorique de Musk est sans équivoque : il s’agit d’une bataille pour la survie de la liberté d’expression numérique face à un bloc européen qu’il qualifie de « liberticide ».
Vers une confrontation finale en 2026
Cette injonction jusqu’en 2026 suggère que l’Europe se prépare à un procès de longue haleine. En gelant les données sur une telle période, la Commission s’assure de pouvoir reconstituer l’historique de chaque défaillance algorithmique.
Alors que les tensions transatlantiques s’accentuent, le sort de X en Europe semble plus incertain que jamais. Elon Musk choisira-t-il de plier pour conserver l’accès au marché européen, ou ira-t-il jusqu’à la rupture totale pour préserver l’indépendance idéologique de Grok ? L’année 2026 apportera sans doute la réponse définitive à ce bras de fer historique.
