C’est une image que les passionnés de technologie et les propriétaires de voitures électriques attendaient depuis des années. Alors que l’Europe a longtemps été perçue comme la « forteresse réglementaire » imprenable pour les systèmes de conduite autonome de Tesla, une vidéo tournée ici même, au Danemark, vient de changer la donne.
Pour la première fois, nous disposons d’images concrètes du Tesla FSD (Supervised) — la version supervisée de la conduite entièrement autonome — naviguant sur des routes européennes recouvertes d’un épais manteau neigeux. Ce n’est plus une simulation ou une démonstration en Californie : c’est la réalité brutale de l’hiver scandinave.
Un moment charnière : Pourquoi le Danemark ?
Si cette vidéo fait autant de bruit, c’est parce qu’elle illustre la convergence de trois défis majeurs pour Tesla :
- L’adaptation européenne : Les routes danoises, avec leurs pistes cyclables omniprésentes, leurs ronds-points serrés et leur signalisation spécifique, diffèrent radicalement des larges boulevards américains.
- Le climat extrême : La neige efface les marquages au sol, brouille les contrastes et rend l’adhérence imprévisible.
- Le cadre réglementaire : Le lancement récent des tests FSD (Supervised) en Europe (notamment au Danemark, en Allemagne et en France) marque le début de l’ère DCAS (Driver Control Assistance Systems), une nouvelle réglementation qui autorise enfin des capacités de conduite plus avancées.
Ce que montre la vidéo : Une « vision » au-delà de l’œil humain
Dans la séquence capturée à travers les rues enneigées (probablement du côté de Køge ou Aarhus, où les centres de test Tesla sont très actifs), on observe une Tesla Model 3 équipée de la version v14 du logiciel.
Contrairement aux versions précédentes qui s’appuyaient sur des lignes de code rigides, le FSD v14 utilise un réseau neuronal « end-to-end ». Cela signifie que la voiture ne cherche pas désespérément une ligne blanche sous la neige ; elle interprète son environnement. Elle comprend la topographie de la route en observant les bordures, le flux des autres véhicules et la structure des bâtiments.
Le constat technique : La voiture parvient à négocier des ronds-points où les marquages sont totalement invisibles, tout en maintenant une distance de sécurité accrue, signe que l’IA adapte désormais sa « confiance » aux conditions d’adhérence.
Les défis relevés (et ceux qui restent)
La gestion des cyclistes sous la neige
Le Danemark est le pays du vélo. Même par -5°C, les cyclistes sont présents. La vidéo montre une interaction fascinante où le FSD ralentit prudemment pour laisser passer un cycliste dont la trajectoire est rendue hésitante par le verglas. C’est cette finesse de comportement qui manquait aux versions précédentes de l’Autopilot classique.
Le problème de la « cécité » des caméras
Tout n’est pas encore parfait. Les conditions hivernales entraînent des projections de sel et de boue. Dans la vidéo, on remarque un message d’alerte indiquant une « visibilité réduite » sur l’une des caméras latérales. Cependant, le système ne se désactive pas brutalement : il réduit sa vitesse et demande une attention accrue du conducteur, prouvant une meilleure résilience logicielle.
L’Europe, prochaine frontière de l’autonomie ?
Cette vidéo arrive à un moment politique clé. L’autorité de régulation néerlandaise (RDW), qui supervise l’homologation pour une grande partie de l’UE, examine actuellement les données de ces tests en conditions réelles.
Si Tesla parvient à prouver que son système est capable de gérer un hiver danois aussi bien, voire mieux qu’un humain, la voie sera libre pour un déploiement massif à travers tout le continent d’ici la fin de l’année 2026.
Conclusion : Une révolution « Made in Denmark »
Le Danemark n’est plus seulement le pays de l’énergie éolienne ; il devient le laboratoire à ciel ouvert de la conduite autonome de demain. Voir une Tesla « comprendre » une route danoise sous la neige est la preuve que l’IA de Tesla a atteint une maturité suffisante pour s’exporter hors de sa zone de confort californienne.
Pour les conducteurs locaux, cela signifie qu’une simple mise à jour logicielle pourrait bientôt transformer leur trajet quotidien entre Copenhague et Roskilde en une expérience bien moins stressante, même au plus fort de l’hiver.
