C’est un dialogue de sourds qui résume à lui seul le fossé entre deux mondes. D’un côté, Michael O’Leary, le patron de Ryanair, fidèle à sa doctrine du « moins c’est mieux ». De l’autre, Elon Musk et les ingénieurs de SpaceX, persuadés que l’accès au Wi-Fi haute performance est un droit fondamental du voyageur moderne.
Le point de friction ? Un chiffre balancé par Ryanair : 2 %. C’est, selon la compagnie irlandaise, l’augmentation de la traînée aérodynamique (et donc de la consommation de kérosène) que provoquerait l’installation d’une antenne Starlink. Un coût que les clients, selon Ryanair, refuseraient de payer.
La réponse cinglante de SpaceX
Michael Nicolls, vice-président de Starlink, n’a pas tardé à recadrer le débat sur X. Selon lui, les chiffres de Ryanair datent de l’âge de pierre de l’aviation :
« L’impact de 2 % est peut-être vrai pour les terminaux hérités (legacy), mais le terminal Starlink est beaucoup plus profilé. Nos analyses montrent que l’augmentation de carburant sur un 737-800 est d’environ 0,3 % ».
L’humiliation est totale : Ryanair n’aurait même pas pris la peine de décrocher son téléphone pour vérifier les spécifications techniques avant de rejeter l’innovation.
Pourquoi Ryanair a tort (et pourquoi ils vont le regretter)
- Le mensonge de la durée de vol : L’argument selon lequel « sur un vol d’une heure, on n’a pas besoin de Wi-Fi » est obsolète. En 2026, une heure sans connexion est une heure de productivité perdue pour un voyageur d’affaires ou une heure d’ennui pour un adolescent.
- L’avantage concurrentiel : Elon Musk l’a souligné d’un simple « Yup ». Les passagers finiront par déserter les compagnies « zones blanches » pour celles qui offrent un débit fibre en plein ciel.
- Une vision court-termiste : En refusant un impact de 0,3 % pour économiser quelques centimes par siège, Ryanair sacrifie l’expérience client sur l’autel d’une rentabilité obsessionnelle.
Pourquoi Ryanair a (peut-être) raison
À l’inverse, les défenseurs du modèle low-cost pur et dur applaudiront :
- La clarté du contrat : On choisit Ryanair pour le prix, pas pour regarder Netflix.
- La guerre des coûts : Dans un secteur où les marges sont infimes, chaque 0,1 % de fuel compte.
- L’hypocrisie du « gratuit » : Le Wi-Fi n’est jamais gratuit ; il est soit facturé à prix d’or, soit répercuté sur le prix du billet. Ryanair reste honnête : vous voulez le prix le plus bas ? Alors, déconnectez.
Conclusion : Le low-cost peut-il survivre sans tech ?
Ryanair parie sur le fait que le portefeuille des passagers sera toujours plus fort que leur besoin de scroller sur TikTok. Mais en ignorant les progrès technologiques de Starlink (passant de 2 % à 0,3 % de traînée), la compagnie prend le risque de passer pour un dinosaure technologique.
Et vous ? Seriez-vous prêt à payer 2€ de plus votre billet pour avoir un Wi-Fi digne de ce nom sur un vol Paris-Dublin, ou préférez-vous le silence radio pour économiser le prix d’un café ?
