Alors que Tesla s’apprête à révolutionner le transport urbain avec son futur robotaxi, une petite bataille juridique vient de s’engager sur le terrain de la propriété intellectuelle. Au cœur du litige : le nom « Cybercab », déposé en France par des particuliers avant que la firme d’Austin ne puisse sécuriser l’appellation dans l’Hexagone.
Les faits : Une course de vitesse à l’INPI
Le scénario est classique mais toujours aussi efficace. Dès que les rumeurs sur le « Cybercab » ont commencé à circuler avec insistance sur les réseaux sociaux et dans les conférences d’Elon Musk, des esprits agiles ont flairé l’opportunité.
Deux particuliers français ont déposé la marque « Cybercab » auprès de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) peu de temps avant que Tesla ne formalise sa propre demande pour l’Europe. Résultat ? Tesla se retrouve bloqué sur le marché français pour l’utilisation de ce nom spécifique dans certaines catégories de services.
La riposte d’Austin : L’attaque en justice
Tesla ne compte pas se laisser dicter sa loi ou racheter un nom de domaine à prix d’or sans combattre. La firme américaine a lancé une offensive juridique pour obtenir l’annulation de ces dépôts.
Les arguments de Tesla reposent généralement sur deux piliers :
- Le dépôt de mauvaise foi : Tesla tente de prouver que les déposants n’ont aucun projet réel lié au nom « Cybercab » et qu’ils ont agi dans l’unique but de nuire à la marque ou de réaliser une plus-value financière (pratique dite du cybersquattage).
- La notoriété mondiale : Même si le nom n’était pas encore déposé en France, Tesla argue que la communication globale autour de ses produits rend le terme indissociable de son écosystème.
Un enjeu stratégique pour le Robotaxi
Pourquoi tant de nervosité pour un simple nom ? Le Cybercab n’est pas qu’un véhicule ; c’est le pivot de la stratégie de conduite autonome de Tesla.
- Identité de marque : Le préfixe « Cyber » fait désormais partie de l’ADN de Tesla (Cybertruck, Cyberquad, Cyberwhistle).
- Uniformité globale : Pour Tesla, lancer un service sous un nom différent en France (comme « Tesla Taxi » ou « Autocab ») serait un cauchemar marketing et logistique.
| Détails du litige | Informations |
| Nom contesté | Cybercab |
| Organisme | INPI (France) |
| Statut actuel | Procédure judiciaire en cours |
| Risque pour Tesla | Retard du branding officiel en Europe |
Ce qu’il faut en retenir
Cette affaire rappelle les débuts de Tesla, qui avait dû négocier ferme pour récupérer le nom de domaine tesla.com (détenu pendant des années par un tiers) ou encore le nom « Model 3 », initialement prévu pour être la « Model E » afin de compléter le mot « S-E-X-Y », mais bloqué par Ford.
Si Tesla obtient gain de cause, cela confirmera la protection étendue des marques « notoires » face aux dépôts opportunistes. Dans le cas contraire, Elon Musk devra peut-être sortir le chéquier… ou faire preuve d’une créativité sémantique inattendue.
L’avis de Tesla Mag : Il est peu probable que Tesla perde cette bataille sur le long terme, mais ce contretemps montre que même les géants de la tech ne sont pas à l’abri des subtilités administratives françaises.
