Pourquoi le nouveau kit d’IA de Nvidia n’est pas le « Tesla Killer » que vous croyez

Depuis quelques jours, l’effervescence monte autour des dernières annonces de Nvidia concernant ses kits de développement pour la conduite autonome (ADAS). Certains observateurs y voient déjà une menace existentielle pour le système Full Self-Driving (FSD) de Tesla. Pourtant, cette comparaison est non seulement prématurée, elle est fondamentalement erronée.

Comparer le nouveau kit de Nvidia au FSD de Tesla, c’est un peu comme comparer la sortie d’un modèle LEGO de la navette spatiale au lancement d’une fusée Falcon 9 de SpaceX. L’un est un outil pédagogique brillant qui montre ce qui est possible ; l’autre est une infrastructure de production massivement déployée et éprouvée par le feu.

Un kit de développement n’est pas un système de production

Nvidia n’en est pas à son coup d’essai. L’entreprise produit depuis des années des outils et du matériel destinés à aider les constructeurs à exploiter son silicium. Ce que nous voyons aujourd’hui est une nouvelle itération de ces outils, intégrant cette fois-ci une architecture logicielle basée sur les VLA (Vision-Language-Action models).

Si l’utilisation des VLA offre des avantages indéniables en phase de recherche, ces modèles sont extrêmement gourmands en ressources de calcul. En l’état, ils ne sont pas adaptés à un système de production embarqué. Ce kit permet de monter une démonstration technique rapidement, mais il ne représente que 0,01 % du chemin à parcourir pour créer un concept viable pour la production de masse. Il manque encore toutes les briques complexes, les cas critiques et la fiabilité indispensable à la sécurité routière.

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Le défi colossal de l’industrialisation

Il est facile d’oublier à quel point la création d’un système de type FSD est une prouesse technique, financière et commerciale. C’est un véritable miracle que Tesla ait réussi à le faire une fois. Pour un constructeur partant de zéro avec le kit Nvidia, le chemin est encore long :

  • Temps de développement : Même avec un succès fulgurant, ces nouveaux acteurs ne déploieraient rien de sérieux avant au moins 5 ans.
  • Échelle de production : Le marché des Robotaxis ne sera pas « entamé » par ces outils ; il est encore totalement à construire.
  • Ressources : La gestion des données massives et l’entraînement des réseaux de neurones exigent une infrastructure que peu possèdent.

Une concurrence nécessaire, mais pas menaçante

Loin d’être une menace pour Tesla, l’arrivée de ces outils est une excellente nouvelle pour le monde. Tesla ne pourra jamais produire, à elle seule, les milliards de véhicules autonomes nécessaires pour transformer globalement le transport humain.

Si d’autres entreprises saisissent les outils de Nvidia pour bâtir de véritables systèmes ADAS, elles pourraient aider à déplacer le parc automobile mondial vers l’autonomie d’ici dix ans. Cela ne ferait que valider la vision de Tesla et élargir un marché que personne ne peut conquérir en solitaire.

Conclusion

Ne confondons pas les outils et le produit fini. Le kit de Nvidia est une boussole formidable pour ceux qui veulent explorer la conduite autonome, mais Tesla possède déjà le navire, l’équipage et a déjà traversé l’océan plusieurs fois. Le FSD reste, pour l’instant, seul dans sa catégorie.

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