Le déni est une étape classique du deuil, et pour les amoureux du moteur à explosion, il est total. Tandis que beaucoup attendent fébrilement que « la mode de l’électrique passe », le marché de l’occasion est en train de vivre un séisme.
L’obsolescence programmée a changé de camp. Hier, on craignait la durée de vie des batteries ; aujourd’hui, c’est la valeur résiduelle des véhicules Crit’Air 1 et 2 qui s’effondre face au durcissement des ZFE (Zones à Faibles Émissions) et à l’envolée des prix du carburant.
Pour comprendre ce basculement, nous avons rencontré Marc L., gérant de Volt-Occasions, un garage nouvelle génération qui refuse catégoriquement de toucher à une seule goutte de diesel.
L’Interview : « Le thermique d’occasion est une patate chaude »
Journaliste : Marc, vous avez ouvert un garage qui vend exclusivement de l’électrique d’occasion. Pourquoi ce pari alors que beaucoup de français doutent encore ?
Marc L. : Ce n’est pas un pari, c’est une lecture lucide du marché. Les garages traditionnels sont en panique. Pourquoi ? Parce qu’ils vivent des vidanges, des courroies de distribution et des injecteurs grippés. L’électrique, c’est leur mort commerciale. Moi, je vis du futur. Une voiture électrique de 100 000 km est mécaniquement plus saine qu’une thermique de 30 000 km. Le client qui comprend ça ne revient jamais en arrière.
Pourtant, la grande peur reste la batterie…
Marc L. : C’est le plus gros mythe du secteur ! Aujourd’hui, avec le certificat SOH (State of Health), nous offrons une transparence totale. Je peux vous dire précisément que la batterie est à 94% de sa capacité initiale. Essayez d’obtenir la même certitude sur l’usure interne d’un moteur diesel de 100 000 km… C’est impossible. Vous achetez une boîte noire. Chez nous, vous achetez une certitude.
Que dites-vous à ceux qui pensent que leur voiture thermique gardera une valeur de revente correcte dans 3 ou 4 ans ?
Marc L. : Je leur dis de regarder la réalité en face. Qui va vouloir racheter un véhicule qui sera banni des centres-villes et dont l’entretien coûte 1 000 € par an ? Aujourd’hui, une Tesla Model 3 d’occasion, c’est l’assurance d’une voiture qui reçoit des mises à jour logicielles gratuites, qui accède au meilleur réseau de recharge et dont la fiabilité mécanique est imbattable. Le thermique devient une « patate chaude » : tout le monde veut s’en débarrasser avant que le prix ne tombe à zéro.
Certains attendent « que la technologie soit mûre » avant de passer à l’électrique. Un conseil pour eux ?
Marc L. : Ils font la même erreur que ceux qui achetaient des lecteurs DVD quand Netflix arrivait. La technologie est mûre. Les batteries durent 300 000 km. Attendre, c’est perdre de l’argent chaque jour en dépréciation et en carburant. Passer à l’électrique d’occasion aujourd’hui, ce n’est pas un risque, c’est le meilleur move financier de la décennie.
Pourquoi le vent tourne (et pourquoi ça va faire mal)
Le marché est en train de se scinder en deux catégories d’automobilistes :
- Les attentistes : Ils possèdent un actif qui perd de sa valeur à chaque tour de clé, prisonniers d’une technologie dont les coûts de maintenance explosent avec l’âge.
- Les pragmatiques : Ils investissent dans des véhicules « Software-defined », comme les Tesla ou les nouvelles Hyundai/Kia, qui s’améliorent avec le temps et dont le coût d’énergie reste imbattable.
Le comparatif qui fâche
| Caractéristique | Thermique d’Occasion (Diesel/Essence) | Électrique d’Occasion (EV) |
| Transparence | Historique d’entretien souvent incomplet | Certificat SOH (Santé batterie) précis |
| Maintenance | Pièces d’usure nombreuses (Embrayage, Turbo, Courroie) | Quasi nulle (Freins, Pneus, Filtre habitacle) |
| Accès Urbain | Restrictions croissantes (ZFE) | Accès total et gratuité de stationnement (souvent) |
| Valeur résiduelle | En chute libre | Stable, forte demande sur le marché de l’occasion |
Conclusion : Un actif ou un poids mort ?
La question n’est plus de savoir si l’électrique va s’imposer, mais à quel point la chute du thermique sera brutale pour votre portefeuille. Investir aujourd’hui dans une technologie qui meurt, c’est accepter de voir son capital s’évaporer.
Comme le résume Marc de Volt-Occasions : « Dans 3 ans, vendre une Peugeot diesel sera aussi difficile que de vendre un téléphone à touches aujourd’hui. C’est fini. »
Alors, vous préférez investir dans une technologie qui s’éteint ou dans un actif qui dure ?
