Mis à jour le 27 octobre 2026
Un mémoire technique rapporte des points quand il suit, dans l’ordre, les critères de notation du règlement de la consultation, et quand chaque affirmation repose sur une preuve : un chantier réel, une qualification IRVE en cours de validité, un effectif déclaré, une fiche technique. Un assistant IA aide à bâtir le plan, à rédiger depuis vos notes et à contrôler la conformité. Il ne doit jamais inventer une référence, un chiffre ou une certification : ce qui manque s’écrit « à fournir ». L’enjeu est mesurable : dans l’accord-cadre de bornes de Le Havre Seine Métropole (avis BOAMP 26-94863), la valeur technique pèse 40 % et la performance environnementale 10 %, toutes deux appréciées au regard du mémoire.
Les captures de cette page ont été réalisées avec Claude, l’assistant d’Anthropic, que la rédaction de Tesla Mag utilise au quotidien. La méthode vaut pour tout assistant IA généraliste.
Vous voulez appliquer cette méthode à vos propres dossiers ? Ouvrir mon espace pro gratuit : la liste des appels d’offres de votre région y est offerte, et avec une formule, nous préparons avec vous les dossiers administratifs et le mémoire technique.
Cette page suit l’ordre de travail d’un installateur : comprendre ce qui est noté, réunir ses preuves, bâtir le plan, rédiger, contrôler, relire. Chaque étape donne une instruction prête à copier dans un assistant IA et les vérifications à faire. Pour la lecture du dossier de consultation en amont, voir notre méthode pour répondre à un appel d’offres de bornes de recharge avec l’IA.
Qu’est-ce qu’un mémoire technique, et combien pèse-t-il dans la note ?
Le mémoire technique est la pièce de l’offre dans laquelle l’entreprise explique comment elle exécutera le marché : organisation, moyens, méthode, délais, qualité, sécurité, maintenance, environnement. Le Code de la commande publique ne le définit pas en tant que tel. C’est le règlement de la consultation (RC) qui le demande, en précise parfois le cadre, et indique sur quels critères il sera jugé.
L’acheteur attribue le marché à l’offre économiquement la plus avantageuse. S’il retient plusieurs critères, le prix ou le coût en fait partie, et au moins un critère porte sur les caractéristiques environnementales de l’offre (article R2152-7). Les autres critères peuvent porter sur la valeur technique, les délais d’exécution, le service après-vente et l’assistance technique, l’interopérabilité, ou l’organisation, la qualification et l’expérience du personnel affecté au marché. Ce sont, très exactement, les sujets d’un mémoire technique.
Les critères et leurs modalités de mise en œuvre figurent dans les documents de la consultation (article R2152-11). En procédure formalisée, ils sont pondérés, ou hiérarchisés lorsque la pondération est impossible (article R2152-12). Le poids du mémoire se lit donc dans le RC, critère par critère.
Dans l’exemple du Havre, l’avis publié annonce trois critères : prix 50 %, valeur technique 40 %, performance environnementale 10 %. La valeur technique s’apprécie « au regard du mémoire technique, des fiches techniques, du BPU et des catalogues et/ou listes-tarifs » ; la performance environnementale, au regard des seules informations du mémoire. Ce qui n’est pas écrit dans le mémoire ne peut pas être noté. Source : avis BOAMP 26-94863, lu le 27 octobre 2026.
La règle d’or : l’IA rédige à partir de vos preuves, jamais à leur place
Un assistant IA écrit vite un texte fluide et convaincant. C’est précisément le risque. Demandé sans cadre, un mémoire « type » contiendra des engagements que vous ne tenez pas, des moyens que vous n’avez pas, des références vagues et des certifications supposées. L’acheteur peut demander des justificatifs. Et si le mémoire devient une pièce contractuelle, chaque phrase vous engage pendant toute la durée du marché.
Trois règles s’appliquent donc à tout le travail qui suit.
- Aucune information sans source. L’assistant n’écrit que ce qui figure dans les documents fournis : le dossier de consultation, et vos notes et pièces.
- Le vide reste visible. Une information manquante est marquée « [À FOURNIR : …] » dans le texte. On ne la remplace pas par une formule générale.
- Pas de données personnelles dans un outil public. Les attestations de bonne exécution portent des noms et des coordonnées de clients ; les CV portent ceux de vos salariés. Ne collez jamais les données personnelles d’un client ou d’un salarié dans un outil d’IA public. Remplacez-les par des repères (« client A », « chef de chantier 1 ») et réintroduisez les noms vous-même dans le document final.
Voici l’instruction cadre à donner en début de conversation. Elle vaut pour toutes les étapes.
Tu m'aides à rédiger le mémoire technique d'une entreprise d'installation de bornes de recharge (IRVE) pour un marché public. Règles absolues : 1. Tu n'utilises QUE les documents et les notes que je te fournis. 2. Tu n'inventes jamais une référence de chantier, un chiffre, un effectif, un délai, une marque de matériel, une qualification, une certification ou un engagement. 3. Quand une information nécessaire manque, tu écris dans le texte : [À FOURNIR : description précise de ce qui manque]. 4. Pour chaque affirmation sur l'entreprise, tu indiques entre crochets la pièce qui la prouve : [PREUVE : nom du document]. 5. Tu suis l'ordre et les intitulés des critères du règlement de la consultation. 6. Tu écris en français clair, phrases courtes, sans superlatifs ni formules creuses (« leader », « expertise reconnue », « solutions innovantes »). 7. Tu ne promets rien que le CCTP n'exige pas et que je n'ai pas confirmé. Réponds « compris » et attends les documents.
Étape 1 : rassembler le dossier de preuves
Le mémoire se construit à partir de ce que l’entreprise peut prouver. Avant d’écrire une ligne, réunissez les pièces dans un seul dossier. La liste ci-dessous suit ce que l’acheteur peut demander au titre des capacités techniques, fixé par l’arrêté du 22 mars 2019 (article 3), et ce qu’un mémoire de bornes développe en général.
| Rubrique du mémoire | Pièce de preuve | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Références de chantiers | Attestations de bonne exécution, procès-verbaux de réception, factures | Période demandée par le RC : en général 5 ans pour les travaux, 3 ans pour les fournitures et services |
| Qualification IRVE | Certificat de l’organisme de qualification | Niveau adapté à la puissance du marché, validité à la date de remise |
| Habilitations électriques | Titres d’habilitation des intervenants | Exigées par l’article D353-2 du code de l’énergie |
| Moyens humains | Registre du personnel, déclaration des effectifs moyens sur trois ans | Noms et CV seulement si le RC les demande |
| Moyens matériels | Liste de l’outillage, des véhicules, des appareils de mesure et d’essai | Matériel détenu ou loué, à distinguer |
| Matériel proposé | Fiches techniques des bornes et de la supervision | Conformité aux exigences chiffrées du CCTP |
| Méthodologie | Vos procédures internes, modes opératoires, comptes rendus de chantier | Décrire ce que vous faites vraiment |
| Planning | Planning type d’un chantier comparable | Délais compatibles avec le CCTP et le CCAP |
| Sécurité | Document unique, procédures de consignation, plans de prévention réalisés | Documents sécurité exigés par le DCE |
| Maintenance et SAV | Contrats de maintenance en cours, organisation de l’astreinte, journal d’interventions | Délais d’intervention que vous tenez réellement |
| Environnement | Bordereaux de suivi des déchets, filières de reprise, mesures de gestion environnementale | Le critère environnemental se juge souvent sur le seul mémoire |
| Certifications de qualité ou d’environnement | Certificats délivrés par un organisme indépendant | Ne citer que celles que l’entreprise détient |
La qualification IRVE n’est pas un argument parmi d’autres. Hors installations de 3,7 kW au plus dans un logement privé non accessible au public, l’installation et la maintenance des bornes sont réservées aux professionnels titulaires d’une qualification délivrée par un organisme agréé (article D353-2 du code de l’énergie). Le même article rend obligatoire une étude de conception électrique pour tout projet d’infrastructure dans un parking d’au moins 50 places, ou d’au moins quatre points de charge en immeuble d’habitation collectif. Si le marché en relève, le mémoire doit dire qui la réalise et avec quelle qualification. Notre article sur la qualification Qualifelec revient sur son renouvellement.
Voici mes notes et la liste de mes pièces disponibles (noms de clients et de salariés remplacés par des repères). [Collez ici : liste des chantiers des 5 dernières années avec type de site, nombre et puissance des points, année, montant, pièce de preuve disponible ; qualifications et date de fin de validité ; effectifs par fonction ; matériel ; procédures existantes ; organisation de la maintenance.] Range ces éléments dans un inventaire de preuves : rubrique / élément / pièce de preuve / date de la pièce / état (DISPONIBLE, À METTRE À JOUR, MANQUANT). Ne reformule pas, ne complète pas, ne déduis rien. Signale les éléments sans pièce de preuve.
À vérifier : chaque ligne « DISPONIBLE » correspond à un fichier que vous pouvez joindre ou montrer. Une référence sans attestation ni procès-verbal reste une affirmation : le RC dit si une déclaration de l’entreprise suffit à défaut d’attestation, comme dans l’avis du Havre.
Étape 2 : bâtir le plan depuis les critères du RC
Le correcteur lit le mémoire avec sa grille de notation sous les yeux. Un plan qui reprend les critères et sous-critères du RC, dans le même ordre et avec les mêmes intitulés, lui permet de trouver chaque réponse là où il la cherche. Si le DCE impose un cadre de mémoire, on le suit à la lettre, même s’il paraît moins logique qu’un plan maison.

Voici le règlement de la consultation, le cadre de mémoire technique s'il existe, et le CCTP. 1. Liste les critères et sous-critères jugés sur le mémoire technique, avec leur pondération et leur citation exacte. 2. Propose un plan du mémoire dont les titres reprennent MOT POUR MOT ces critères et sous-critères, dans le même ordre. 3. Sous chaque titre, liste : - ce que l'acheteur veut pouvoir constater (d'après le RC) ; - les articles du CCTP qui s'y rattachent ; - les preuves de mon inventaire qui y répondent ; - les preuves manquantes, marquées [À FOURNIR]. 4. Indique les contraintes de forme du RC : nombre de pages maximal, format, police, annexes autorisées. Si le RC n'en dit rien, écris « NON TROUVÉ DANS LE DOSSIER ». 5. Propose une répartition indicative de la place en fonction des pondérations, sans dépasser la limite de pages éventuelle. Aucun contenu rédigé à ce stade.
À vérifier : les titres du plan sont ceux du RC, sans reformulation. Aucun sous-critère n’est oublié. Les contraintes de forme sont relues dans le RC : un mémoire qui dépasse une limite de pages peut voir les pages en trop ignorées, selon ce que prévoit le règlement.
Un plan type, quand le RC laisse le choix
Si le RC note la valeur technique sans sous-critères détaillés, ce plan couvre ce qu’un acheteur de bornes cherche en général. Il se réordonne selon les critères réels.
- Compréhension du besoin. Le site, le nombre et le type de points, les contraintes, reformulés depuis le CCTP, sans copier-coller.
- Organisation et moyens humains. Organigramme du marché, interlocuteur unique, qualifications et habilitations des intervenants.
- Moyens matériels. Véhicules, outillage, appareils de mesure et d’essai, stock de pièces.
- Matériel proposé. Bornes, supervision, protections, avec renvoi aux fiches techniques jointes.
- Méthodologie d’exécution. Étude, préparation, travaux, raccordement, essais, mise en service, documents remis.
- Planning. Délais par phase, points d’arrêt, coordination avec l’acheteur et le gestionnaire de réseau.
- Qualité et sécurité. Contrôles, autocontrôles, consignation, protection des usagers et du public.
- Maintenance, supervision et SAV. Préventif, curatif, délais d’intervention, astreinte, suivi de disponibilité.
- Environnement. Gestion des déchets, filières de reprise, transport, choix de matériel.
- Références. Chantiers comparables, avec preuve.
Étape 3 : rédiger section par section depuis vos notes
On ne demande jamais à l’assistant de « rédiger le mémoire ». On lui donne une section, les exigences qui s’y rattachent et les notes de l’entreprise pour cette section. Il produit un texte, qu’on relit avant de passer à la suivante. Le travail section par section évite les répétitions, et surtout il limite la tentation de remplir.
Les meilleures notes sont factuelles et brèves : ce que fait l’équipe, avec qui, avec quoi, en combien de temps sur un chantier réel. « Mise en service : essais de chaque point avec un véhicule ou un testeur, relevé dans le PV, photo de la plaque » vaut mieux que « nous apportons un soin particulier à la mise en service ».
Section à rédiger : [titre exact du plan] Critère ou sous-critère noté : [citation du RC] — pondération : [x %] Exigences du CCTP rattachées : [numéros et citations] Mes notes pour cette section : [collez vos notes, noms remplacés par des repères] Pièces de preuve disponibles : [liste] Longueur visée : [nombre de mots ou de pages] Rédige la section : - en commençant par la réponse directe au critère ; - en reprenant chaque exigence du CCTP rattachée, dans l'ordre ; - en n'utilisant que mes notes ; chaque affirmation sur l'entreprise est suivie de [PREUVE : document] ; - en écrivant [À FOURNIR : …] partout où une information manque ; - sans aucun chiffre, délai, effectif, matériel ou certification qui ne figure pas dans mes notes ; - en phrases courtes, à la première personne du pluriel (« nous »). Termine par la liste des [À FOURNIR] de la section.
À vérifier : lisez la section comme le ferait l’acheteur, critère en main. Chaque phrase dit quelque chose de précis et de vérifiable, ou elle disparaît. Chaque chiffre se retrouve dans vos notes. Les [À FOURNIR] sont traités avant de passer à la suite, ou consignés dans une liste de travail.
Ce que chaque section doit contenir
- Chantiers et références. Type de site, nombre et puissance des points, année, rôle de l’entreprise (seule, cotraitante, sous-traitante), preuve disponible. Pas de nom de client si l’attestation ne l’autorise pas.
- Qualifications IRVE. Intitulé exact, niveau, organisme, date de fin de validité. Le certificat en annexe.
- Moyens humains. Fonctions, nombre, qualifications et habilitations. L’acheteur peut exiger les noms et qualifications des personnes chargées du marché pour les fournitures avec pose (article R2142-13) : ne les donnez que s’il les demande.
- Moyens matériels. Ce que l’entreprise détient, ce qu’elle loue, ce qu’elle mobilise pour ce marché.
- Méthodologie. Les étapes réelles d’un chantier, des relevés à la remise du dossier des ouvrages exécutés, en reprenant les exigences du CCTP.
- Planning. Durées par phase cohérentes avec les délais du CCTP et du CCAP. Un délai plus court que celui exigé n’a de valeur que si vous le tenez.
- Sécurité. Organisation de la consignation, balisage, protection du public sur un site ouvert, gestion des coactivités.
- SAV et maintenance. Délais d’intervention, astreinte, pièces en stock, outil de supervision, comptes rendus. Les engagements doivent correspondre au BPU : un délai promis sans ligne de prix pour l’astreinte se paie sur la marge.
- Environnement. Ce qui se mesure ou se prouve : tri et filières des déchets, emballages repris, regroupement des déplacements, matériel réparable. Les mesures de gestion environnementale figurent parmi les éléments que l’acheteur peut demander (arrêté du 22 mars 2019, article 3, 9°).
Étape 4 : contrôler chaque affirmation avec le tableau « affirmation → preuve »
Une fois le mémoire rédigé, on le relit dans l’autre sens : non plus section par section, mais affirmation par affirmation. Le tableau « affirmation → preuve » est le contrôle le plus utile de toute la méthode. Il fait apparaître les phrases qui ne reposent sur rien, celles que l’assistant a glissées, et celles que vous avez écrites par habitude.

Voici le mémoire technique rédigé et mon inventaire de preuves. Extrais TOUTES les affirmations factuelles sur l'entreprise (chiffres, délais, effectifs, matériel, qualifications, certifications, références, engagements) et présente-les dans un tableau : n° / section / affirmation (citation exacte) / preuve citée / la preuve figure-t-elle dans l'inventaire ? (OUI / NON) / la preuve dit-elle exactement la même chose ? (OUI / NON / PARTIEL) / remarque. Puis liste séparément : - les affirmations SANS preuve ; - les affirmations dont la preuve dit autre chose ; - les engagements qui vont au-delà du CCTP ; - les formules générales qui n'affirment rien de vérifiable. Ne corrige rien toi-même. Je déciderai.
Le tableau final ressemble à ceci. Les crochets marquent ce que vous remplissez ; aucune donnée n’est donnée en exemple pour ne pas en suggérer.
| Affirmation dans le mémoire | Preuve | Statut | Décision |
|---|---|---|---|
| « Nous détenons la qualification IRVE [niveau] » | Certificat [organisme], valide jusqu’au [date] | Prouvée | Garder, certificat en annexe |
| « [Nombre] points installés en parking public depuis [année] » | Attestations [repères des clients] | Partielle | Ramener au nombre prouvé |
| « Intervention sous [durée] » | Organisation d’astreinte [document] | Sans preuve | Supprimer ou documenter |
| « Certification [intitulé] » | Aucune | Inventée | Supprimer |
À vérifier : la colonne « Décision » est remplie par vous, pas par l’assistant. Toute affirmation « sans preuve » est supprimée, ou prouvée avant la remise. Toute certification que l’entreprise ne détient pas disparaît, sans exception.
Étape 5 : relire la conformité au CCTP
Le mémoire peut être juste et pourtant incomplet. La relecture de conformité vérifie que chaque obligation du CCTP reçoit une réponse, et qu’aucune réponse ne contredit le CCTP, le BPU ou l’acte d’engagement. La matrice de conformité construite à l’étape 5 de notre méthode pour lire un appel d’offres sert ici directement.
Voici la matrice des exigences du CCTP et le mémoire technique. Pour chaque exigence de type OBLIGATION, indique : - la section et la phrase du mémoire qui y répond (citation) ; - CONFORME / PARTIEL / ABSENT / CONTRADICTOIRE ; - pour PARTIEL ou CONTRADICTOIRE, ce qui manque ou ce qui diverge. Vérifie aussi : - que les marques, modèles et caractéristiques de matériel cités dans le mémoire sont identiques à ceux des fiches techniques et du BPU ; - que les délais du mémoire respectent ceux du CCTP et du CCAP ; - qu'aucune variante n'est proposée si le RC les interdit. Ne réécris rien. Présente seulement le constat.
À vérifier : chaque « ABSENT » est traité dans le texte. Chaque « CONTRADICTOIRE » est tranché en relisant les pièces originales. Vérifiez dans le CCAP ou l’acte d’engagement si le mémoire technique est une pièce contractuelle : si c’est le cas, chaque engagement écrit vous lie pendant l’exécution, pénalités comprises.
Étape 6 : la relecture finale, la check-list
Avant d’enregistrer le PDF et de le déposer, une personne de l’entreprise relit le mémoire entier, sans l’assistant. Cette relecture suit une liste fixe.
- Le plan reprend les critères du RC, dans l’ordre, avec les mêmes intitulés.
- Aucun [À FOURNIR] ne reste dans le texte. Chacun a été rempli avec une preuve, ou la phrase a été supprimée.
- Aucun crochet [PREUVE] ne reste dans le texte : ils servaient au contrôle, pas au lecteur. Les preuves sont en annexe si le RC l’autorise.
- Le tableau « affirmation → preuve » ne contient plus aucune ligne sans preuve.
- Aucune référence, aucun chiffre, aucune certification n’a été inventé. Chaque élément se retrouve dans un document de l’entreprise.
- Le matériel cité est identique dans le mémoire, les fiches techniques et le BPU.
- Les délais promis sont tenables et compatibles avec le CCTP et le CCAP.
- Les contraintes de forme du RC sont respectées : nombre de pages, format, nommage du fichier.
- Le nom de l’acheteur et l’objet du marché sont les bons partout. Un mémoire recyclé qui cite un autre acheteur se remarque.
- Les données personnelles réintroduites (noms, CV) sont celles que le RC demande, et seulement celles-là.
- Le dirigeant a relu et validé le mémoire avant le dépôt.
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Combien de pages doit faire un mémoire technique ?
Aucun texte national ne fixe une longueur. C’est le RC qui peut imposer un nombre de pages maximal, un cadre ou un questionnaire. S’il ne dit rien, la bonne longueur est celle qui répond à chaque sous-critère et à chaque obligation du CCTP, avec ses preuves, sans rien de plus. Un mémoire long n’est pas mieux noté : le correcteur cherche des réponses, pas du volume. Répartissez la place selon les pondérations. Un sous-critère qui pèse le double mérite environ le double d’espace, à condition d’avoir de quoi le remplir.
Peut-on réutiliser un mémoire d’un marché à l’autre ?
Une partie, oui : la présentation de l’entreprise, les moyens, les procédures de sécurité, les qualifications. Ces blocs gagnent à être tenus à jour dans une bibliothèque interne, avec la date de chaque preuve. Mais la compréhension du besoin, la méthodologie, le planning et la maintenance se réécrivent à chaque marché, à partir du CCTP. Un acheteur reconnaît un texte générique, et le texte générique répond rarement aux sous-critères exacts du RC.
Voici ma bibliothèque de blocs réutilisables (avec la date de chaque preuve) et le plan du nouveau mémoire. Pour chaque section du plan, indique : - les blocs réutilisables qui s'y rattachent ; - ce qui doit être adapté au nouveau marché (citation du RC ou du CCTP qui l'exige) ; - les preuves de plus de 12 mois à vérifier ; - toute mention d'un ancien acheteur, d'un ancien site ou d'un ancien marché à supprimer. Ne réécris rien et n'ajoute aucun contenu.
Les erreurs qui coûtent des points
- Le mémoire hors plan. Une belle plaquette qui ne suit pas les critères oblige le correcteur à chercher. Il ne cherche pas toujours.
- Le copier-coller du CCTP. Recopier les exigences ne prouve pas qu’on sait les exécuter. L’acheteur attend le « comment ».
- Les adjectifs à la place des faits. « Réactif », « expert », « de qualité » ne se notent pas. Un délai d’intervention prouvé, si.
- La référence gonflée. Un chantier en sous-traitance présenté comme un chantier en propre, un nombre de points arrondi vers le haut : une vérification suffit à décrédibiliser tout le dossier.
- La certification supposée. L’assistant IA connaît les noms des certifications usuelles et peut les ajouter « pour compléter ». C’est la faute la plus grave, et la plus facile à éviter avec le tableau de l’étape 4.
- L’oubli de l’environnement. Le critère est présent dans tout marché à plusieurs critères (article R2152-7). Au Havre, il pèse 10 % et se juge sur le seul mémoire.
- La contradiction avec le BPU. Un matériel ou un délai différent entre le mémoire et le cadre de prix rend l’offre ambiguë.
Pour aller plus loin
Le mémoire n’est qu’une pièce de l’offre. La lecture du dossier, la liste des pièces de candidature et la grille go / no-go sont détaillées dans notre guide répondre à un appel d’offres de bornes de recharge avec l’IA. Pour situer les marchés de bornes dans l’activité des installateurs, voir où sont les chantiers en 2026 et le point sur les aides à l’installation de bornes en 2026. Tous nos guides du secteur sont réunis dans Recharge et installation.
Questions fréquentes
Un assistant IA peut-il rédiger seul un mémoire technique ?
Il peut rédiger un texte, mais pas un mémoire fiable sans vos données. Il ne connaît ni vos chantiers, ni vos effectifs, ni vos qualifications, ni vos délais réels. Sans cadre, il comble les vides par des formules plausibles et parfois par des certifications supposées. La méthode consiste à lui fournir les critères du RC, le CCTP et vos notes, puis à contrôler chaque affirmation avec le tableau « affirmation → preuve ».
Comment éviter que l’IA invente une référence ou une certification ?
Trois gestes suffisent. L’instruction de départ interdit toute information absente des documents fournis et impose la mention « à fournir ». Chaque affirmation porte la pièce qui la prouve. Enfin, le tableau « affirmation → preuve » compare chaque phrase à votre inventaire. Toute affirmation sans pièce est supprimée ou prouvée avant la remise. Toute certification que l’entreprise ne détient pas disparaît.
Le mémoire technique est-il obligatoire dans un marché public ?
Le Code de la commande publique ne l’impose pas en tant que tel. C’est le règlement de la consultation qui le demande, et il est presque toujours exigé quand la valeur technique fait partie des critères. Son absence, quand le RC le réclame, rend l’offre incomplète. Dans l’accord-cadre de bornes du Havre, la valeur technique et la performance environnementale, soit 50 % de la note, s’apprécient notamment au regard du mémoire.
Faut-il suivre exactement l’ordre des critères du RC ?
Oui. Le correcteur note avec une grille construite sur les critères et sous-critères du règlement de la consultation. Un plan qui reprend leurs intitulés, dans le même ordre, lui permet de trouver chaque réponse. Si le dossier impose un cadre de mémoire ou un questionnaire technique, on le remplit tel quel, sans le réorganiser, même si un autre plan paraît plus logique.
Que mettre dans la partie environnement d’un mémoire de bornes ?
Ce qui se prouve : le tri et les filières de reprise des déchets de chantier et des emballages, l’organisation des déplacements, la durabilité et la réparabilité du matériel proposé, les mesures de gestion environnementale de l’entreprise et les certificats qu’elle détient réellement. Le critère environnemental figure dans tout marché à plusieurs critères (article R2152-7 du Code de la commande publique) et se juge souvent sur le seul mémoire.
Peut-on donner les noms des techniciens dans le mémoire ?
Seulement si le règlement de la consultation les demande. Pour les fournitures avec pose, l’acheteur peut exiger les noms et qualifications des personnes chargées du marché (article R2142-13). Ne collez pas ces données personnelles dans un outil d’IA public : travaillez avec des repères (« technicien 1 ») et réintroduisez les noms vous-même dans le document final, avec l’accord des salariés concernés.
Combien de pages doit compter un mémoire technique ?
Aucun texte national ne fixe de longueur. Le règlement de la consultation peut imposer un maximum ou un cadre. À défaut, la longueur utile est celle qui répond à chaque sous-critère et à chaque obligation du CCTP, preuves comprises. Répartissez la place selon les pondérations des critères, et coupez tout paragraphe qui n’apporte ni fait ni engagement vérifiable.
Le mémoire technique engage-t-il l’entreprise ?
Cela dépend des pièces contractuelles du marché, listées dans le CCAP ou l’acte d’engagement. Si le mémoire en fait partie, chaque délai, moyen ou engagement écrit s’impose pendant toute l’exécution, pénalités comprises. C’est une raison de plus pour ne rien promettre au-delà du CCTP que vous ne tiendrez pas, et pour vérifier la cohérence avec le bordereau de prix.
Peut-on réutiliser le mémoire d’un précédent appel d’offres ?
En partie. La présentation de l’entreprise, ses moyens, ses procédures de sécurité et ses qualifications se réutilisent, à condition de dater et de mettre à jour chaque preuve. La compréhension du besoin, la méthodologie, le planning et la maintenance se réécrivent à partir du CCTP du nouveau marché. Vérifiez qu’aucun ancien acheteur, site ou marché n’apparaît encore dans le texte.
Quelle place pour les références de chantiers privés ?
Elles comptent, si elles entrent dans la période demandée par le RC, en général trois ans pour les fournitures et services et cinq ans pour les travaux. L’absence de références sur des marchés de même nature ne peut pas, à elle seule, justifier l’élimination d’un candidat (article R2142-14). Présentez chaque référence avec le type de site, le nombre de points, l’année et la preuve disponible.
