L’annonce est tombée comme un couperet, balayant des décennies de certitudes automobiles : Elon Musk a confirmé l’arrêt définitif de la production des Model S et Model X pour 2026. Pour les puristes, c’est un choc. Pour Tesla, c’est une libération. En sacrifiant ses deux piliers historiques, la firme d’Austin ne fait pas que supprimer des lignes de montage ; elle acte la fin de l’ère de l’automobile « objet » pour basculer dans celle de la robotique pure.
L’avènement d’un nouveau statut : le véhicule collector
Pour ceux qui possèdent aujourd’hui une Model S ou un Model X, cette annonce change radicalement la donne. Ce qui était jusqu’ici une voiture technologique de pointe devient, par la force des choses, un objet de collection.
En annonçant la fin de production, Tesla transforme instantanément le parc existant en une série limitée historique. Posséder une Model S après 2026, ce ne sera plus simplement conduire une électrique performante, ce sera détenir l’artefact original qui a déclenché la révolution. Ces véhicules sont désormais les témoins d’une époque où l’humain tenait encore le volant, les derniers représentants d’un âge d’or du « Hardware » avant le grand basculement vers l’autonomie totale.
Le Pivot vers l’Infini : Du luxe à la révolution industrielle
Ne vous y trompez pas, ce n’est pas une retraite, c’est une offensive. Tesla troque un marché de « confort » (la voiture à 100 000 $) contre la plus grande révolution de l’histoire : la main-d’œuvre autonome. Chaque mètre carré libéré à Fremont ou au Texas par l’arrêt de ces modèles est un espace de gagné pour la production massive des robots Optimus. Musk ne veut plus seulement transporter des gens ; il veut automatiser l’économie mondiale.
« Ceux qui pleurent la fin de la Model S sont les mêmes qui auraient voulu que Steve Jobs garde un clavier physique sur l’iPhone. »
Le message est clair : la page des « voitures à conduire » se referme. Nous entrons dans l’ère des machines qui travaillent et se déplacent seules.
L’Honorable Discharge : Direction le Panthéon
On ne liquide pas la Model S, on lui accorde une « libération honorable ». Elle entre au Panthéon de l’industrie aux côtés de la Ford T et de la DS de Citroën. Elle a rempli sa mission : tuer le moteur thermique et prouver que l’électrique pouvait être sexy.
La vérité est brutale pour les passionnés : le monde n’a plus besoin d’une énième berline de luxe. La voiture de demain ne sera plus un prolongement de l’ego, mais une unité de calcul mobile. Pour les propriétaires actuels, la consolation est de taille : ils ne conduisent plus une simple voiture, ils gardent les clés d’un morceau d’histoire.
L’histoire s’accélère, et Tesla vient de passer la vitesse supérieure en laissant ses modèles iconiques entrer dans la légende des collectionneurs.
