Actu mobilité électrique Elon Musk Neuralink Neuralink : 72 heures chez un patient, qui peut de nouveau téléphoner à sa femme grâce à son implant

Neuralink : 72 heures chez un patient, qui peut de nouveau téléphoner à sa femme grâce à son implant

Des ingénieurs de Neuralink ont passé 72 heures chez un patient de leur essai VOICE, qui a perdu l’usage de la parole, pour améliorer en direct l’outil qui lui permet de parler grâce à son implant. En trois jours, ils ont prototypé huit fonctions : un démarrage automatique quand il veut parler, un agent Grok qu’il déclenche en pensant « Hey Neuralink », et surtout la possibilité de passer des appels téléphoniques avec la voix générée par l’implant. Neuralink l’a raconté le 29 octobre sur son blog ; Elon Musk a ajouté le lendemain que le premier produit de l’entreprise s’appelle Telepathy.

Un participant de l’essai VOICE de Neuralink, en fauteuil, utilise son téléphone à côté d’un ingénieur de Neuralink équipé d’un ordinateur portable
Un participant de l’essai VOICE et un ingénieur de Neuralink, pendant le hackathon de 72 heures. Photo : Neuralink

L’entrée d’une interface cerveau-machine de parole, c’est l’activité neuronale du patient lui-même. Elle varie avec la fatigue, l’attention et la façon dont il imagine parler. Neuralink le reconnaît dans son billet du 29 octobre : aucun des ingénieurs qui écrivent ce logiciel n’a d’implant, ils ne peuvent donc pas sentir la différence entre une bonne et une mauvaise conception. Seuls les participants le peuvent.

D’où ce hackathon au domicile du participant, avec sa femme, qui est aussi son aidante. Selon Neuralink, travailler à côté de lui a réduit à quelques heures des allers-retours qui prennent d’habitude des semaines : une idée passait du tableau blanc au prototype puis à l’essai réel dans la même séance.

Les huit fonctions prototypées en 72 heures

1. La détection de l’intention de parler

Jusqu’ici, il fallait appuyer sur un bouton pour lancer puis arrêter l’enregistrement de la parole. Le système détecte maintenant seul le moment où le patient essaie de parler. Un pas vers une communication entièrement mains libres pour les personnes privées de parole.

2. Des visualisations de l’activité cérébrale en temps réel

Le participant voit l’intensité et la répartition des signaux captés par l’implant. Il peut tester plusieurs façons d’imaginer la parole et repérer celles qui produisent le plus d’activité, ce qui améliore le décodage. Neuralink dit que le réglage du modèle est devenu « presque un jeu ».

3. Un agent Grok déclenché par la pensée

Le patient pense à dire « Hey Neuralink », suivi d’une tâche, et un agent Grok, l’intelligence artificielle de xAI, l’exécute seul sur l’ordinateur. Neuralink le présente comme une première illustration de ce que permettrait une liaison plus rapide entre le cerveau et la machine.

4. Bloom, l’application mobile

Neuralink travaille depuis plusieurs mois sur Bloom, une application pour smartphone qui rend la parole par implant plus accessible. Le hackathon a permis de la voir servir au quotidien, hors du laboratoire. Dans l’une des vidéos, le participant commande un café dans un lieu public.

5. Un clavier iPhone qui écrit par l’implant

Pour les personnes atteintes de SLA (maladie de Charcot), les claviers et la dictée classiques sont souvent inutilisables. L’équipe a créé un clavier iOS qui envoie la dictée de l’implant dans n’importe quelle application.

6. Une correction plus rapide

Le décodage n’est pas parfait. Neuralink a testé plusieurs façons de corriger une erreur en quelques gestes, avec des suggestions intégrées au clavier. Le résultat, écrit l’entreprise, est « une nette amélioration » par rapport à la première version de Bloom.

7. Parler depuis l’écran verrouillé

Bloom s’affiche désormais en Activité en direct sur l’écran verrouillé de l’iPhone : plus besoin de déverrouiller le téléphone et d’ouvrir une application pour commencer à parler.

8. Des appels téléphoniques avec la voix de l’implant

Bloom est relié aux appels de l’iPhone : la voix générée par l’implant passe directement dans le micro de l’appel, et l’interlocuteur l’entend clairement. L’équipe a aussi testé un message d’accueil facultatif, du type « Cet appel provient d’une personne qui utilise un appareil d’aide à la communication ».

C’est ce moment que Neuralink retient. Le participant et sa femme avaient commencé leur histoire au téléphone ; les voir de nouveau plaisanter ensemble au bout du fil a été, écrit l’entreprise, l’un des moments les plus marquants de la semaine.

Telepathy, le nom du premier produit selon Elon Musk

Le 30 octobre, Elon Musk a repris le billet de Neuralink sur X : « Le premier produit de Neuralink s’appelle Telepathy. Il permet de communiquer à haut débit avec des ordinateurs ou des humains, simplement par la pensée. » Il ajoute que le débit en sortie « dépassera largement, d’ici quelques années », la parole et la frappe humaines les plus rapides. C’est une prévision d’Elon Musk : ni le billet de Neuralink ni l’entreprise ne donnent de date ni de chiffre de débit.

Telepathy est déjà le nom que Neuralink donne à son implant dans ses communications : en janvier 2026, l’entreprise faisait le bilan de « deux ans de Telepathy » et annonçait 21 participants.

L’implant reste un dispositif expérimental. Neuralink le rappelle sous son billet : ses dispositifs n’ont été approuvés ni par la FDA, l’autorité sanitaire américaine, ni par aucune autre autorité, et l’expérience d’un participant ne présage pas des résultats des autres ni des résultats futurs. Le billet ne donne aucun chiffre de vitesse ni de précision du décodage, et ne nomme pas le participant.

Tout sur Neuralink, essai par essai : notre dossier Neuralink en 2026. En septembre, nous racontions déjà comment un patient de l’essai VOICE avait redit « I love you » à sa femme : lire notre article.

Sources : billet de Neuralink du 29 octobre 2026 et son fil sur X ; post d’Elon Musk du 30 octobre 2026 ; billet « Two Years of Telepathy » de Neuralink (28 janvier 2026). Citations traduites par Tesla Mag.

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