Pour la première fois de son histoire, Tesla a officiellement communiqué le taux d’adoption de son logiciel Full Self-Driving (FSD). Les chiffres, dévoilés lors de la conférence sur les résultats du quatrième trimestre 2025 (présentés en janvier 2026), marquent un tournant stratégique pour le constructeur, qui transitionne d’un modèle de pur fabricant automobile vers celui de géant du logiciel et de l’IA.
Les chiffres clés : Une base solide de 1,1 million d’utilisateurs
Alors que les analystes spéculaient depuis des années sur le succès réel du FSD, Tesla a mis fin au suspense avec des données précises :
- Véhicules vendus (cumulé) : ~8,9 millions
- Abonnements/Achats FSD actifs : 1,1 million
- Taux d’adoption global : 12,4 %
Ce chiffre de 12,4 % est considéré comme une performance robuste par les observateurs du marché. En effet, le FSD n’est pour l’instant disponible que dans une poignée de pays, ce qui signifie que dans les régions où il est actif (comme les États-Unis ou le Canada), le taux d’adoption local est probablement bien supérieur à cette moyenne mondiale.
Une présence géographique encore limitée
Le succès de ces 1,1 million d’utilisateurs est d’autant plus notable que le déploiement reste restreint par les cadres réglementaires. Actuellement, le FSD (en version « Supervised ») n’est officiellement lancé que dans 7 pays et territoires :
- États-Unis (incluant Porto Rico)
- Canada
- Mexique
- Australie
- Nouvelle-Zélande
- Corée du Sud
- Chine (déploiement encore limité et spécifique)
Note : En Chine, le FSD fait face à une concurrence féroce de la part des constructeurs locaux comme Xpeng ou Huawei, mais l’approbation réglementaire totale attendue pour début 2026 pourrait changer la donne.
Pourquoi ce chiffre va exploser en 2026
L’année 2026 s’annonce comme celle de « l’hyper-croissance » pour les revenus logiciels de Tesla. Deux leviers majeurs vont propulser le taux d’adoption bien au-delà des 12,4 % actuels :
1. L’offensive sur le marché européen
L’Europe est le chaînon manquant de la stratégie de Tesla. Après des années de discussions avec les régulateurs (notamment la RDW aux Pays-Bas), le lancement du FSD sur le Vieux Continent est imminent (visé pour février/mars 2026). Avec un parc automobile Tesla très dense en Allemagne, en Norvège et en France, l’arrivée du système pourrait ajouter des centaines de milliers d’abonnés en quelques mois.
2. Le passage au modèle « Abonnement Seul »
Elon Musk a récemment annoncé que Tesla cesserait de vendre le FSD en option unique (achat définitif) à partir de la mi-février 2026. En poussant les utilisateurs vers l’abonnement mensuel (actuellement à 99 $), Tesla abaisse la barrière à l’entrée. Tester le FSD pour un mois de vacances devient un achat d’impulsion, ce qui gonfle mécaniquement le nombre d’utilisateurs actifs.
L’enjeu financier : Vers les 10 millions d’abonnés
Ce n’est pas un secret : l’objectif ultime fixé par le plan de rémunération d’Elon Musk est d’atteindre 10 millions d’abonnements actifs.
À 99 $ par mois, 1,1 million d’utilisateurs génèrent déjà environ 1,3 milliard de dollars de revenus récurrents annuels avec une marge quasi-totale. Si Tesla parvient à maintenir son taux d’adoption tout en augmentant ses ventes de véhicules et sa couverture géographique, le FSD deviendra rapidement plus rentable que la vente de voitures elle-même.
