Le paysage automobile mondial connaît un tournant historique en cette fin d’année 2025. Pour la première fois, le géant chinois BYD (Build Your Dreams) s’apprête à détrôner officiellement l’américain Tesla en tant que premier vendeur mondial de véhicules 100 % électriques.
Voici une analyse détaillée de ce basculement de pouvoir, portée par une expansion agressive de Shenzhen et un contexte politique tumultueux pour la firme d’Austin.
Un duel de chiffres sans appel
Selon les derniers rapports de l’AFP et d’Agerpres, l’écart entre les deux constructeurs est devenu tel qu’un retournement de situation de dernière minute semble statistiquement impossible.
- BYD : Fin novembre 2025, le constructeur chinois avait déjà franchi la barre symbolique des 2 066 002 véhicules électriques vendus.
- Tesla : De son côté, la firme d’Elon Musk n’affichait que 1 217 902 unités à la fin du troisième trimestre.
Prévisions pour la fin d’année
Alors que Tesla espérait une fin d’année solide, les analystes de FactSet et de la Deutsche Bank prévoient un ralentissement significatif au quatrième trimestre.
| Source | Prévision Tesla (Q4 2025) | Total Annuel Estimé (Tesla) |
| FactSet | 449 000 véhicules | 1,65 million (-7,66 % sur un an) |
| UBS | 415 000 véhicules | ~1,61 million |
| Deutsche Bank | 405 000 véhicules | ~1,60 million |
En comparaison, le volume de BYD à la fin novembre dépasse déjà largement les prévisions annuelles totales de Tesla, scellant ainsi sa position de leader.
Pourquoi Tesla perd-il du terrain ?
Plusieurs facteurs expliquent cette contraction inattendue du leader historique américain.
1. Le « facteur politique » et l’image de marque
La proximité affichée entre Elon Musk et Donald Trump a eu des répercussions directes sur les ventes, particulièrement en Europe. L’image de Tesla a été ternie par des appels au boycott et des actes de vandalisme, entraînant une chute drastique des immatriculations (environ -34 % en Europe et en Amérique du Nord selon la Deutsche Bank).
2. La fin des incitations fiscales
Aux États-Unis, l’expiration de certaines aides fiscales en septembre 2025 a provoqué une accélération artificielle des achats au troisième trimestre, créant mécaniquement un « trou d’air » pour la fin de l’année.
3. Une concurrence accrue et des modèles vieillissants
Face à une gamme Tesla qui peine à se renouveler (en dehors du Cybertruck au succès plus mitigé à l’international), BYD propose une multitude de modèles couvrant tous les segments de prix, du très abordable au premium.
La stratégie gagnante de BYD : L’expansion mondiale
Si BYD profite d’un marché intérieur chinois colossal, sa force réside désormais dans sa capacité à s’affranchir des frontières.
- Diversification géographique : Pour contourner les barrières douanières croissantes, BYD multiplie les sites de production locaux (Hongrie, Turquie, Brésil).
- Agilité réglementaire : Comme le souligne Jing Yang de Fitch Ratings, cette présence locale permet à BYD de naviguer plus sereinement dans un environnement de tarifs douaniers de plus en plus complexe.
Et après ? L’ombre de 2026
Malgré la perte de sa couronne en termes de volume, Tesla ne s’avoue pas vaincue. La firme mise désormais tout sur 2026, année prévue pour le lancement massif de ses technologies de conduite autonome (FSD) et de son service de robotaxis.
« Le marché se focalise désormais sur le lancement de l’autonomie en 2026 », explique Dan Ives, directeur chez Wedbush Securities.
Le duel ne fait donc que changer de terrain : BYD domine désormais la bataille du volume de production, tandis que Tesla tente de remporter celle de la révolution logicielle.
