Pourquoi la Chine donnera le tempo sur la voiture électrique

Le mois dernier, nous avons déjà rédigé sur ce fait certain : La chine, bientôt le plus grand exportateur de VE. De nombreux articles économiques avaient prévu cette arrivée massive de véhicules électriques chinois. 

Leur tactique, privilégier l’innovation, paye car les constructeurs européens sont à la traîne dans ce domaine… Ces derniers ont donc du souci à se faire face à la perspective d’un afflux de voitures électriques chinoises, qui ne saurait tarder. 

D’autant que leur prix sera compétitif et que la baisse du pouvoir d’achat des ménages européens va probablement les inciter à acheter des automobiles électriques chinoises. 

Les véhicules chinois envahissent l’Europe

La majorité de ces voitures fabriquées en Chine sont produites par des équipementiers occidentaux. Il s’agit notamment de Tesla, Dacia et BMW. Autre exemple, Polestar est une filiale de Volvo, entreprise suédoise détenue par la Chine via l’entreprise Geely (Shu Fu Li 82%). 

Et les deux principaux actionnaires de Mercedes-Benz sont chinois, contrôlant un peu moins de 20% du capital (Beijing State-Owned Assets 9,98% et Shu Fu Li 9,69%). Le 3e actionnaire de Mercedes étant Koweït Investment Authority 6,80% !

A noter que : Les sociétés chinoises sont toutes contrôlées par l’État chinois, à travers des pyramides de participation.

Un aperçu de ce qui nous attend

Nous pouvons déjà commencer par ce constat : C’est surprenant, mais pas choquant du fait que Tesla exporte de nombreux VE de la Chine vers l’Europe. En effet, ces voitures ont représenté près de 15 % des immatriculations de VE en 2021, soit la deuxième part la plus élevée derrière l’Allemagne.

En trois ans seulement, la part de marché de ces voitures est passée d’un marginal 0,5 % à 14,7 %. Dans le même temps, les VE de fabrication allemande ont représenté 17,3 % de ce marché en 2019, bondissant à 19,7 % l’année dernière. D’autres pays comme la France ont réduit leur part de 21,4 % en 2020 à 11,4 % en 2021.

Du greenwashing de masse ?

On peut critiquer le fait que des VE zéro émission soient transportés par des cargos à l’autre bout du monde… Mais ce n’est pas un sujet lié spécifiquement à ce secteur. Encore une fois, il y a des intérêts manifestes à changer son koleos par une e-up (climat, pic pétrolier, pollution air, pollution sonore, eco conduite, accidentologie, gain de temps, extraction métaux, …). 

De plus, entre un transport via bateau de 8000 kms et un transport par camion sur 3000 kms, l’avantage co2 est au bâteau.

La Chine se détourne des constructeurs européens

En effet, la Chine a fait pleinement son entrée dans l’ère de l’automobile électrique et ce sont ses propres constructeurs qui mènent la danse.

En Europe, les constructeurs chinois commencent à faire une arrivée remarquée. Certains ont déjà entamé leur carrière sur le Vieux Continent, à l’image de MG ou Lynk&Co. D’autres vont bientôt débarquer avec une offre très concurrentielle, comme Ora et sa Cat électrique. Une situation totalement inverse de l’époque où les constructeurs européens allaient dominer le marché chinois. 

Les constructeurs étrangers aux abonnés absents ?

Cette demande est croissante en Chine, puisqu’il s’est vendu en début d’année plus du double de voitures électriques et hybrides rechargeables de ce qu’il s’était vendu l’année dernière à la même époque. Ces technologies représentent une progression de 23 %, là où le marché global diminue de 12 %.

L’autre constat principal de cette émergence des voitures électrifiées est la difficulté qui attend les marques étrangères en Chine. Cela concerne l’avenir, et les ventes de voitures électriques et hybrides. En effet, il n’y a qu’un seul constructeur étranger dans le top 10 des marques sur ces segments, et c’est Tesla en troisième position.

Et le fossé est énorme entre la firme d’Elon Musk et le leader BYD. Ce dernier a vendu 390 000 véhicules électriques cette année, soit environ trois fois plus que Tesla en Chine.

Des exemples d’automobilistes chinois 

Ces derniers, n’envisageant même plus l’achat d’un véhicule européen, se multiplient. L’agence Reuters a ainsi interrogé une propriétaire de SUV électrique Xpeng. Elle révèle ne pas avoir réfléchi à une voiture étrangère, car elle cherchait un véhicule « zéro émission ».

« Si j’avais acheté une voiture essence, j’aurais envisagé des marques étrangères », explique Tianna Cheng. « Mais je voulais un véhicule électrique, et à part Tesla, j’ai vu peu de marques étrangères proposer des technologies intelligentes proprement ».

Des voitures électriques pas assez révolutionnaires ?

Selon une autre chinoise, c’est l’absence de technologies et de modernité qui pèchent dans les voitures européennes. « Les marques étrangères sont loin de ma vie et de mon style de vie. »

Le public jeune veut ainsi rapprocher son expérience de la voiture d’une expérience multimédia. Elle confesse ainsi que son assistant numérique « fait tout pour moi, de l’ouverture des fenêtres au lancement de la musique ».

Ces attentes, légèrement plus futuristes que celles des clients européens, pourraient mettre les constructeurs en porte-à-faux. Comment satisfaire les deux marchés ? Bien sûr, les coentreprises peuvent aider à cela, mais les voitures qui en sortent ne sont pas des modèles spécifiques.

Conclusion 

Ce n’est que le début d’une vague chinoise. Les chinois sont mieux placés que les occidentaux en matière de voitures électriques et disposent d’une plus grande capacité et d’un plus grand soutien de la part du gouvernement.

Le PDG de Nissan, Makoto Uchida, semble pessimiste au sujet de la pénétration du marché chinois par les constructeurs européens et américains. Selon lui, plusieurs constructeurs pourraient « disparaître dans trois à cinq ans » sur le marché chinois.

Bill Russo, qui travaillait chez Chrysler et s’est reconverti comme consultant automobile en Chine, fait le même constat. « Les marques chinoises gagnent la course à la voiture électrique », affirme Russo. « Je pense que c’est un changement séculaire vers la high-tech, et les entreprises traditionnelles ne sont pas nées high tech. »

Le virage de la voiture thermique à l’électrique avait déjà été compliqué à prendre pour les constructeurs automobiles traditionnels. Et il y a fort à parier que c’est exactement le même schéma qui se répète quant à l’innovation high-tech voulue par les consommateurs chinois.

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