Photovoltaïque sur toiture logistique : Sunrock France muscle son portefeuille et généralise le stockage

Entretien avec Nicolas Mercier, Directeur Général de Sunrock France

Un client vient de confier à Sunrock le développement de quatre projets photovoltaïques sur ses plateformes logistiques françaises, dont une centrale de plus de 8 MWc en Drôme — l’une des plus grandes installations solaires sur bâtiment actuellement en construction dans l’Hexagone. L’occasion d’échanger avec Nicolas Mercier, DG de Sunrock France, sur la stratégie du groupe : expertise grande toiture, généralisation du stockage sur les nouveaux projets, bornes de recharge poids lourds et lecture d’un marché français jugé « challengeant » à quelques mois de l’échéance présidentielle.

Site logistique de Valence (26) : travaux de rechapage de la toiture et pose des modules de la centrale photovoltaïque de 8,3 MWc développée par Sunrock. Crédit : Sunrock France.

Un partenariat au service de trois enjeux stratégiques

La transformation des toitures en sources d’énergie renouvelable constitue une opportunité majeure pour les acteurs de l’immobilier industriel et logistique. Pour le client de Sunrock, ce partenariat répond à trois enjeux :

  • Réduire l’empreinte carbone de ses actifs immobiliers ;
  • Valoriser ses portefeuilles immobiliers en répondant aux enjeux de transition énergétique et de décarbonation ;
  • Offrir à ses locataires une énergie propre et locale, contribuant à réduire leurs coûts énergétiques et leur empreinte carbone.

Une approche intégrée et clé-en-main

Sunrock pilote l’intégralité du cycle de vie de ces projets solaires : des études de faisabilité technique au financement, de la conception à la construction et à l’exploitation. Cette approche permet à son client de se concentrer sur son cœur de métier, pendant que Sunrock assure le respect des délais et des normes techniques et réglementaires les plus exigeantes.

Les quatre projets sont structurés en autoconsommation collective (ACC), permettant de valoriser directement l’électricité produite, en complément d’une revente potentielle sur le marché — une configuration qui optimise la rentabilité tout en maximisant l’impact environnemental local.

« Nous sommes honorés de conduire cette expansion en France aux côtés de notre client. Ces quatre projets — dont un de plus de 8 MWc en Drôme — incarnent notre vision : transformer les toitures en moteurs de la transition énergétique locale. Nous maîtrisons l’ensemble de la chaîne de valeur : ingénierie, réglementation, financement, construction et exploitation. Notre objectif est simple : laisser notre client se concentrer sur son cœur de métier, tandis que nous gérons l’intégralité des complexités techniques et réglementaires. » — Nicolas Mercier, Directeur général de Sunrock France

Quatre projets, quatre profils, un calendrier resserré

Valence (Drôme) — 8,3 MWc Construite par Centroplan France et installée en toiture d’un site logistique, cette centrale figure parmi les plus grandes installations photovoltaïques sur bâtiment actuellement en chantier en France. Sa mise en service est prévue en octobre 2026. Elle produira environ 11 000 MWh d’électricité verte par an — soit l’équivalent de la consommation de plus de 2 500 foyers — et évitera l’émission de plus de 3 500 tonnes de CO₂ chaque année.

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Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) — 2,3 MWc Combinaison d’une ombrière solaire (963 kWc) et d’une centrale en toiture en ACC (1,35 MWc). La toiture est lauréate d’un tarif de rachat de la CRE.

Saint-Maurice (Ain) Valorisation d’une installation existante (500 kWc), complétée par une extension solaire développée par Sunrock (595 kWc supplémentaires). Travaux prévus sur 4 mois.

Plessis-Paté — 0,725 MWc Démarrage des travaux fin juin 2026, livraison prévue en novembre 2026. Le site accueille des locataires dotés de systèmes de refroidissement importants ; la centrale en autoconsommation collective leur donnera accès à une boucle d’énergie auto-produite, susceptible de réduire significativement leurs coûts énergétiques et de leur offrir un avantage compétitif.


Comment ce contrat de développement s’est-il construit, étape par étape ?

Nous avons répondu à cette sollicitation de notre client au travers d’un appel d’offres. Nous avons suivi le parcours classique de ce type de projets : permitting, demande de raccordement, puis soumission aux appels d’offres de la CRE, que nous avons obtenus en 2024 et 2025. Nous avons ensuite organisé des tours de table avec nos partenaires de construction, avant la préparation des chantiers. Au total, le temps de développement de ces projets s’étale entre 2,5 et 3 ans.

Quelle est la spécificité de Sunrock sur ce segment de la grande toiture ?

En interne, Sunrock a développé une compétence particulière sur la toiture, et plus spécifiquement la grande toiture, avec plus de 400 MW installés sur ce segment à l’échelle du groupe. Aux Pays-Bas, nous allons jusqu’à 25 MW sur une seule toiture. En France, notre portefeuille toiture représente aujourd’hui 17 à 18 MW. Nous avons des équipes rodées à l’exercice ; la vraie difficulté, c’est de s’adapter en permanence au contexte réglementaire et normatif. Les changements de politique sont assez réguliers, et nous devons régulièrement ajuster nos plans d’affaires en conséquence.

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Justement, comment percevez-vous la mise en application de la PPE3 ?

Nous pensons qu’il y aura encore beaucoup d’échanges sur la mise en pratique de la PPE3. Vous avez sans doute vu passer les tentatives de ne pas honorer certains cahiers des charges : cela n’a pas été honoré, et c’est extrêmement dommageable, en particulier pour la grande toiture.

Le stockage occupe une place croissante dans vos projets. Pouvez-vous préciser votre approche ?

Tout projet lancé en 2026 chez Sunrock comprend une composante stockage : c’est désormais une partie inhérente à nos projets. L’objectif est de pouvoir fournir l’électron au moment où l’on en a besoin, que ce soit sur site ou en fonction des conditions de marché.

C’est une technologie qui gagne en maturité et qui s’adapte aux évolutions réglementaires et normatives. Je ne dis pas qu’un BESS 4 heures est la solution — je dis que ce qui était vrai hier, à savoir des panneaux qui produisent en continu, ne l’est plus forcément demain. Il faut pouvoir produire quand on peut, stocker quand cela fait sens, et restituer quand cela fait sens. Il y a de la consommation incitée, nous intégrons systématiquement une réflexion sur l’autoconsommation collective. Le stockage s’intègre dans ces différents modes de valorisation : c’est un empilement de fonctions et de modalités contractuelles qui entrent en ligne de compte.

Sur vos actifs logistiques, quelles autres briques développez-vous — ombrières, bornes de recharge ?

Sur le type d’actif que nous avons en portefeuille — des bâtiments logistiques de plus de 10 000 m² — nous respectons évidemment la réglementation en vigueur, mais nous regardons surtout deux choses : est-ce que nous installons des ombrières, et est-ce que nous pouvons répondre à la fourniture de bornes de recharge pour répondre à la demande de nos clients. Nous voyons de plus en plus de sollicitations pour des projets pilotes intégrant des bornes de recharge poids lourds (PL), qui répondent à un secteur de niche.

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Chez Sunrock, nous fédérons les acteurs de ce type de solutions pour construire des réponses conjointes. Sur le PL, la question est clairement sur la table, mais le consensus actuel est plutôt de laisser les first movers défricher ces problématiques, et d’observer si cela fait sens du côté des acteurs de la grande distribution. C’est un chantier qui avance, et nous, de notre côté, nous regardons comment nos installations photovoltaïques peuvent s’interfacer intelligemment avec ces usages.

Quelle est votre valeur ajoutée technique sur l’ensemble de la chaîne ?

Nous sommes en capacité de gérer l’intégralité du montage du dossier, l’interfaçage avec notre solution photovoltaïque, l’intégration dans le bâtiment, et le pilotage par EMS (Energy Management System), une solution déjà déployée sur certains de nos actifs aux Pays-Bas et que nous répliquons désormais en France.

Comment jugez-vous, plus largement, le contexte du marché français de l’énergie ?

Le contexte global du marché français est très challengeant. On peut regretter les à-coups et les allers-retours incessants sur les cadres réglementaires. Nous attendons une feuille de route stabilisée, dans un contexte où nous sommes à moins d’un an d’une échéance présidentielle, avec la volonté collective de ne pas avoir une année blanche l’an prochain.

Le secteur de l’énergie a cette particularité : nos contextes amont et aval sont tous les deux en changement continu. Il faut intégrer l’ensemble des facteurs externes et internes, notamment les mouvements de marché sur le matériel, pour pouvoir tenir les exigences fixées par le groupe.

Un mot sur votre stratégie d’acquisition d’actifs ?

Nous sommes en recherche active d’actifs. C’est une brique arrivée dans notre stratégie en 2026, sur laquelle nous adoptons une approche opportuniste.


Propos recueillis auprès de Nicolas Mercier, Directeur Général de Sunrock France.

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