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Pendant que certains continuent de débattre de la pertinence du stockage par batterie à l’échelle d’un réseau électrique, Tesla, lui, construit. Le site d’Orana, en Nouvelle-Galles du Sud, vient d’atteindre sa pleine puissance opérationnelle. Et les chiffres donnent le vertige.
Un mur de 448 Megapacks au cœur de l’Outback australien
Développé par l’australien Akaysha Energy (détenu par BlackRock) et situé à environ deux kilomètres au nord-est de Wellington, dans la zone d’énergies renouvelables du Central-West Orana, le site affiche des caractéristiques impressionnantes : 415 MW de puissance et 1 660 MWh de capacité, répartis sur 448 Megapacks Tesla, pour une autonomie de quatre heures à pleine puissance.
Le raccordement n’a rien d’anecdotique non plus. L’installation est reliée directement au réseau 330 kV de TransGrid via le poste électrique de Wellington, ce qui en fait un véritable outil de stabilisation pour l’ensemble de l’État, et non un simple système de secours local.
Côté calendrier, le site a atteint sa pleine puissance le 29 mai, selon les données de la base de données d’Open Electricity. Une donnée à souligner : ce projet avait été annoncé pour le deuxième trimestre 2026 dès la clôture de son financement en 2024, et le marché s’attendait alors plutôt à un retard de six mois. Le site a finalement atteint sa pleine puissance le 29 mai, dans la fenêtre du T2 fixée deux ans plus tôt. Une régularité qui n’est pas isolée : plus tôt dans l’année, Akaysha avait déjà mis en service son BESS de Brendale, dans le Queensland (205 MW/410 MWh), avec près de cinq mois d’avance sur le calendrier.
Le troisième plus gros parc de batteries au monde, financé par les géants
En termes de capacité stockée, Orana se positionne directement derrière les deux plus gros systèmes du marché électrique national australien (NEM) : la batterie Eraring 1 d’Origin (1 770 MWh) et le Waratah Super Battery, également développé par Akaysha (1 680 MWh).
Le financement illustre bien la confiance des institutionnels dans ce type d’actif. Le financement par dette de 650 millions de dollars australiens (environ 466 millions de dollars US) pour le projet provient de 11 banques, dont ANZ, CBA, Westpac, BNP Paribas, la Banque Canadienne Impériale de Commerce et Siemens Financial Services via Siemens Bank. Une partie des revenus est par ailleurs sécurisée dans la durée : EnergyAustralia s’est engagé sur 200 MW de la capacité du BESS via un accord de tolling virtuel sur 12 ans, en complément d’un contrat de soutien des revenus accordé dans le cadre de la feuille de route électrique du gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud.
C’est précisément ce mélange — exécution rapide, financement bancaire massif, et fiabilité commerciale — qui rend le projet difficile à balayer d’un revers de main par les sceptiques du renouvelable.
Et en France, où en est-on ?
L’écart avec l’Australie reste significatif, mais la dynamique française a tout de même accéléré ces deux dernières années — et Tesla Energy y joue un rôle central.
Cernay-lès-Reims (Marne) : la référence Tesla en France. Porté par TagEnergy en partenariat avec la Banque des Territoires et RTE, ce site est désormais la plus grande installation de stockage par batterie du pays. TagEnergy a mis en service son premier actif opérationnel en France, un système de stockage par batterie de 240 MW/480 MWh à Cernay-lès-Reims, développé avec la technologie Tesla Megapack. Le projet utilise 140 « Megapacks » de batteries lithium-ion de Tesla, ainsi que 70 transformateurs de moyenne tension et deux transformateurs 225 000 volts, sur un terrain de 3,5 hectares. À titre de comparaison, Orana, c’est environ 3,5 fois plus de puissance et de capacité que Cernay — sur un seul site.
Saucats (Gironde) et Cheviré (Loire-Atlantique) : les précédents records. Avant Cernay, c’est Saucats qui détenait le titre de plus gros site français, rapidement dépassé en taille. Une autre installation, à Cheviré, développe 100 MW pour 200 MWh de capacité de stockage — un format qui donne la mesure du chemin parcouru en quelques années seulement.
Vernou (Seine-et-Marne) : le futur record français, signé Neoen. Le prochain projet d’ampleur vient de Neoen, avec un site qui disposera d’une puissance installée de 248 MW et d’une capacité de stockage de 496 MWh, ce qui en fera la plus grande batterie de France, détrônant Cernay-lès-Reims. Autre première : cette future batterie sera la première à être raccordée directement au réseau de transport 400 kV de RTE. Le chantier doit démarrer à l’été 2026 pour une mise en service en 2028.
À l’échelle nationale, le retard reste net mais la trajectoire est claire : la capacité installée de batteries en France est passée de moins de 50 MW il y a cinq ans à environ 1,5 GW au début de l’année 2026. Et selon RTE, environ 14 000 MW de projets de batteries géantes sont actuellement en attente de raccordement — de quoi changer significativement la donne d’ici la fin de la décennie.
Ce que dit vraiment Orana sur la robustesse de la technologie
Le parallèle avec la France est utile, mais c’est surtout l’écart d’échelle qui doit interpeller : ce que la France s’apprête tout juste à atteindre avec son record 2028 (environ 500 MWh), l’Australie l’a déjà multiplié par plus de trois sur un seul site, livré dans les délais annoncés. Et l’argument de « l’intermittence irrémédiable » perd un peu plus de terrain chaque fois qu’un projet de cette taille passe du papier à l’opérationnel sans dérapage de calendrier.
Pour Tesla Energy, Orana s’ajoute à une liste déjà longue de références mondiales et confirme une chose : la division énergie de l’entreprise n’est plus un à-côté expérimental, mais une activité industrielle à part entière, capable de livrer des infrastructures critiques à l’échelle d’un État entier — avec la confiance des plus grandes banques internationales en soutien.
