Cybercab, Semi, Optimus, Roadster : Tesla enchaîne les annonces majeures avant la rentrée

Rarement Tesla aura affiché un calendrier aussi chargé sur un mois de septembre. Entre le lancement du Cybercab, la mise en route commerciale du Semi, l’arrivée programmée d’Optimus V3 et une kyrielle de jalons industriels côté batteries et puces IA, le constructeur californien avance simultanément sur presque tous ses fronts stratégiques. Voici où en sont réellement les principaux dossiers, avec les dates confirmées et celles qui restent à préciser.

Cybercab : la date est fixée au 3 septembre

Le robotaxi sans volant ni pédales de Tesla aura son événement de lancement à Austin, au Texas, le jeudi 3 septembre. Les invitations, envoyées ces derniers jours, concernent un public restreint : usagers ayant utilisé le service Robotaxi entre le 17 et le 23 août, gagnants d’un tirage au sort, et quelques accès individuels sur invitation directe, avec vérification d’identité et âge minimum de 21 ans à l’entrée.

Il ne s’agit pas d’une homologation NHTSA mais bien d’une présentation produit, destinée à intégrer le Cybercab dans le service Robotaxi déjà opérationnel dans plusieurs zones limitées (Austin, Dallas, Houston, Miami, Orlando, Tampa). Les essais internes ont commencé dès juillet avec des trajets réalisés par des employés, une étape jugée nécessaire avant l’ouverture à des passagers payants.

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Semi : l’usine du Nevada inaugurée le 24 septembre

Le Tesla Semi franchit lui aussi une étape clé. L’usine dédiée dans le Nevada sera officiellement inaugurée le 24 septembre, cinq mois après le début discret de la montée en cadence de production. Cette annonce confirme que le camion électrique, longtemps resté au stade de déploiements limités, entre dans une phase de production à plus grande échelle.

Optimus V3 : un dévoilement calé sur le démarrage de la production

Contrairement au Cybercab, la présentation formelle d’Optimus V3 — la version conçue pour la production de masse — ne devrait intervenir qu’au moment où la fabrication démarrera réellement. Tesla a délibérément choisi cette approche pour limiter le temps laissé aux concurrents pour étudier le design du robot avant sa sortie officielle. La ligne de production a été installée à Fremont, sur l’espace libéré par l’arrêt des Model S et Model X, avec un début de fabrication annoncé pour l’été et un rythme volontairement lent au démarrage : Tesla parle de dizaines de milliers d’unités visées sur l’année, loin des chiffres évoqués initialement pour 2025. Une deuxième usine, à Giga Texas, doit prendre le relais à plus grande échelle à partir de 2027.

Roadster nouvelle génération : « très, très bientôt », mais toujours pas de date ferme

Le dossier le plus ancien reste aussi le plus incertain. Franz von Holzhausen, designer en chef de Tesla, a de nouveau affirmé début août que le nouveau Roadster arrive « très bientôt », des propos tenus lors d’un passage dans l’émission de Jay Leno. Elon Musk a de son côté évoqué la capacité de lévitation du véhicule, alimentée par la technologie SpaceX. Plusieurs sources font désormais état d’un événement de démonstration possible sur le site d’essais de fusées de SpaceX à McGregor, au Texas, courant août.

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Reste que le calendrier du Roadster a déjà été repoussé à de multiples reprises depuis 2017 : 1er avril, puis fin avril, puis « environ un mois » annoncé lors des résultats du premier trimestre, puis août. Une simple démonstration ne présagerait de toute façon pas d’une mise en production rapide, celle-ci n’étant pas attendue avant 2027-2028.

Terafab : la construction est bel et bien lancée

Le projet d’usine de semi-conducteurs commun à Tesla et SpaceX prend forme. Le site retenu se trouve dans le comté de Grimes, au nord de Houston, avec un premier investissement annoncé de 16,8 milliards de dollars et un potentiel total évoqué jusqu’à 119 milliards sur plusieurs phases. Intel participe au projet. L’accord d’abattement fiscal a été signé début août et l’installation des équipements sur le site pilote de Giga Texas doit débuter au troisième trimestre, avec un premier silicium espéré début 2027. Objectif affiché : produire les futures puces IA5 et IA6 destinées à Optimus et au Cybercab, ainsi que des puces pour les centres de données spatiaux de SpaceX.

FSD V15 : déjà en test sur la flotte Robotaxi, mais un déploiement grand public repoussé à fin 2026 / début 2027

Tesla confirme qu’environ 40 % des évolutions prévues pour FSD V15 tournent déjà sur la flotte Robotaxi à Austin, avec des retours jugés encourageants. La direction présente cette version comme un changement architectural majeur plutôt qu’une simple mise à jour incrémentale. Signe de cette stratégie : Tesla limite volontairement l’ajout de nouveaux Model Y à la flotte Robotaxi, misant sur la montée en puissance du Cybercab plutôt que sur l’extension de la flotte actuelle. Le déploiement à grande échelle chez les particuliers reste, lui, calé sur fin 2026 ou début 2027.

Cathode et lithium : la chaîne batterie nord-américaine prend forme au Texas

Moins spectaculaire mais tout aussi stratégique, Tesla a mis en service à Giga Texas la première usine de production de cathodes à grande échelle en Amérique du Nord, dédiée à la production de cellules 4680. Cette installation vient compléter la raffinerie de lithium de Robstown, près de Corpus Christi, opérationnelle depuis janvier et présentée comme la première du genre en Amérique du Nord à convertir directement le spodumène en hydroxyde de lithium de qualité batterie. Ensemble, ces deux sites réduisent la dépendance de Tesla vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement asiatiques pour ses cellules fabriquées aux États-Unis.

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Megapack 3 : la nouvelle Megafactory texane déjà en production

Côté stockage d’énergie, Tesla a lancé la production du Megapack 3 dans sa toute nouvelle Megafactory de Brookshire, au Texas, seulement seize mois après le début des travaux. Le site vise une capacité annuelle de 50 GWh, ce qui en ferait à terme la plus importante usine de stockage du groupe, devant celle de Lathrop en Californie. Chaque unité Megapack 3 embarque environ 5 MWh, soit une nette progression par rapport à la génération précédente, avec un temps d’installation réduit d’environ 23 % et des coûts de construction en baisse. Ce site vient s’ajouter aux Megafactories de Californie et de Shanghai, alors que les déploiements de stockage progressent plus vite que les livraisons de véhicules.

Ce qu’il faut retenir

Sur un mois à peine, Tesla aligne un lancement produit calendé avec précision (Cybercab, 3 septembre), une inauguration industrielle actée (usine Semi du Nevada, 24 septembre), un dévoilement conditionné au démarrage de production (Optimus V3), une promesse répétée sans date ferme (Roadster) et plusieurs jalons de fond sur les chaînes batterie, puces et stockage d’énergie déjà concrétisés. De quoi confirmer que l’entreprise mène de front sa diversification vers la robotique, l’autonomie et les puces IA, sans pour autant lever toutes les incertitudes calendaires — le Roadster en étant l’illustration la plus persistante.

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