Mis à jour le 27 octobre 2026
Pour répondre à un appel d’offres de bornes de recharge, un assistant IA fait gagner du temps sur trois tâches : extraire du dossier de consultation les exigences, les délais et les pièces demandées ; retrouver les critères de notation et leur pondération ; bâtir une grille go / no-go. Il ne décide pas à votre place et il ne remplit aucune pièce sans vos preuves. Exemple réel : l’accord-cadre IRVE de Le Havre Seine Métropole et de la Ville du Havre (avis BOAMP 26-94863), ouvert jusqu’au 20 novembre 2026 à 16 heures, note le prix sur 50 %, la valeur technique sur 40 % et la performance environnementale sur 10 %, et exige la qualification IRVE.
Les captures de cette page ont été réalisées avec Claude, l’assistant d’Anthropic, que la rédaction de Tesla Mag utilise au quotidien. La méthode vaut pour tout assistant IA généraliste.
Vous voulez appliquer cette méthode à vos propres dossiers ? Ouvrir mon espace pro gratuit : la liste des appels d’offres de votre région y est offerte, et avec une formule, nous préparons avec vous les dossiers administratifs et le mémoire technique.
Cette page donne la méthode complète, dans l’ordre où un chef d’entreprise lit un dossier. Chaque étape contient une instruction prête à copier dans un assistant IA, puis les vérifications à faire avant de s’y fier. Les règles citées viennent du Code de la commande publique et de ses arrêtés, lus sur Légifrance le 27 octobre 2026.
Que contient le dossier de consultation d’un appel d’offres de bornes ?
L’acheteur public met à disposition un dossier de consultation des entreprises (DCE). On le télécharge sur son profil d’acheteur, dont l’adresse figure dans l’avis publié au BOAMP. Pour un marché de bornes de recharge, on y trouve en général les pièces suivantes.
- Le règlement de la consultation (RC). Il fixe les règles du jeu : date et heure limites, pièces à fournir pour la candidature et pour l’offre, critères de jugement et pondération, conditions de visite, modalités de questions à l’acheteur. C’est le document à lire en premier.
- Le cahier des clauses techniques particulières (CCTP). Il décrit ce qu’il faut livrer et installer : puissance et nombre de points de charge, normes, supervision, maintenance, délais d’intervention, essais, documents de fin de chantier.
- Le cahier des clauses administratives particulières (CCAP). Il fixe les conditions d’exécution : pénalités, délais, paiement, garanties, pièces contractuelles et leur ordre de priorité.
- Le cadre de prix. Un bordereau des prix unitaires (BPU) et un détail quantitatif estimatif (DQE) pour un marché à bons de commande ; une décomposition du prix global et forfaitaire (DPGF) pour un marché de travaux au forfait.
- L’acte d’engagement (AE). C’est la pièce par laquelle l’entreprise s’engage sur son offre. Il est signé par une personne habilitée à engager la société.
- Les annexes. Plans, schémas électriques existants, cadre de mémoire technique imposé, clauses de dématérialisation, questionnaire technique.
Tous les DCE ne contiennent pas toutes ces pièces. En procédure adaptée (MAPA), l’acheteur « en détermine les modalités en fonction de la nature et des caractéristiques du besoin » (article R2123-4 du Code de la commande publique). Le dossier peut donc être plus léger. C’est une raison de plus pour faire lister à l’assistant ce qui est présent et ce qui manque.
Que peut faire un assistant IA, et que ne doit-il jamais faire ?
Un assistant IA lit vite un document long et le résume selon une consigne. C’est exactement ce que demande un DCE, souvent composé de plusieurs pièces longues. Mais il peut aussi se tromper avec aplomb : confondre deux dates, attribuer une pondération à un mauvais critère, ou compléter un vide par une information plausible. La méthode repose donc sur une règle simple : chaque information extraite doit renvoyer à une pièce et à un article du dossier, que vous relisez.
| Tâche | Ce que fait l’assistant IA | Ce que vous vérifiez |
|---|---|---|
| Fiche d’identité du marché | Relève acheteur, objet, procédure, durée, lots, montants publiés | Comparer avec l’avis BOAMP |
| Pièces de candidature | Liste DC1, DC2 ou DUME, attestations, qualifications, références | Chaque pièce dans l’article du RC cité |
| Délais | Relève date limite, date des questions, visite, validité des offres | Date et heure sur le profil d’acheteur |
| Critères de notation | Restitue critères, sous-critères et pondérations | Total à 100 %, mots exacts du RC |
| Exigences techniques | Transforme le CCTP en liste d’exigences numérotées | Aucune exigence oubliée, aucune ajoutée |
| Cadre de prix | Repère les lignes, unités et quantités, signale les incohérences | Vous seul fixez les prix |
| Grille go / no-go | Remplit la grille avec les faits du dossier et vos réponses | Vous seul décidez de répondre |
Ce que l’assistant ne fait jamais : inventer une référence de chantier, une qualification, un effectif, un chiffre d’affaires ou un prix ; signer ; déposer l’offre ; trancher à votre place. La décision de répondre reste au chef d’entreprise.
Avant de commencer : préparer les documents et l’assistant
Trois précautions évitent la plupart des erreurs.
- Des fichiers lisibles. Un PDF issu d’un traitement de texte se lit bien. Un scan d’image doit d’abord passer par une reconnaissance de caractères. Vérifiez sur une page au hasard que l’assistant restitue le texte exact.
- Un dossier complet et à jour. L’acheteur peut publier des réponses aux questions ou un dossier modifié pendant la consultation. Téléchargez la dernière version du DCE et notez sa date. Consultez aussi l’avis au BOAMP : un avis rectificatif peut changer une date.
- Ce qui ne sort pas de l’entreprise. Le DCE est un document diffusé aux candidats. Vos prix, vos marges, les coordonnées de vos clients et les données de vos salariés ne le sont pas. Ne collez jamais les données personnelles d’un client ou d’un salarié dans un outil d’IA public. Remplacez les noms par des repères (« client A », « technicien 1 ») si vous devez travailler dessus.
Ouvrez ensuite une conversation neuve, consacrée à ce seul marché, et donnez d’abord à l’assistant ses règles de travail. Cette instruction cadre sert pour toutes les étapes suivantes.
Tu m'aides à analyser un dossier de consultation d'un marché public (bornes de recharge pour véhicules électriques, IRVE). Règles absolues : 1. Tu n'utilises QUE le texte des documents que je te fournis. 2. Tu n'inventes jamais une date, un chiffre, une pièce, un critère, une référence, une qualification ou une certification. 3. Pour chaque information, tu indiques la pièce (RC, CCTP, CCAP, AE, BPU, DQE, DPGF, annexe) et l'article ou la page d'où elle vient. 4. Si une information n'est pas dans les documents, tu écris « NON TROUVÉ DANS LE DOSSIER ». Tu ne la devines pas. 5. Si deux pièces se contredisent, tu le signales avec les deux citations exactes. 6. Tu ne donnes aucun avis sur l'opportunité de répondre : la décision appartient au chef d'entreprise. Réponds « compris » et attends les documents.
Étape 1 : extraire la fiche d’identité du marché
Avant de lire les détails, il faut savoir de quoi on parle : qui achète, quoi, pour combien de temps, avec quel volume, et sous quelle forme de contrat. Un accord-cadre à bons de commande sans minimum ne se lit pas comme un marché de travaux au forfait : le premier ne garantit aucun chiffre d’affaires, le second engage sur un ouvrage défini.
Voici le règlement de la consultation (RC) et l'avis de marché. Dresse la fiche d'identité du marché sous forme de tableau à trois colonnes : rubrique / information / source (pièce + article ou page). Rubriques : - acheteur et, le cas échéant, membres du groupement de commandes - objet exact du marché (citation) - type de procédure (ouverte, restreinte, adaptée, autre) - forme du contrat (marché ordinaire, accord-cadre à bons de commande, accord-cadre à marchés subséquents) - nombre de titulaires prévus - allotissement : nombre de lots et intitulé de chacun - durée, reconduction, date prévisionnelle de début - montant minimum et maximum s'ils sont publiés - lieu d'exécution - variantes : autorisées, imposées ou interdites - durée de validité des offres - mode de remise des offres (électronique obligatoire ou non) - visite de site : obligatoire, facultative, absente Rappel : aucune information devinée. Écris « NON TROUVÉ DANS LE DOSSIER » si besoin.
À vérifier : comparez chaque ligne avec l’avis publié au BOAMP. L’avis est un document officiel, horodaté, et ses informations prévalent dans votre lecture tant qu’aucun rectificatif ne les modifie. Si l’assistant donne un montant ou une durée absents de l’avis comme du RC, supprimez-les.
Étape 2 : lister les pièces de candidature exigées
Une candidature incomplète peut être écartée avant même que l’offre soit lue. Le Code de la commande publique prévoit une possibilité de rattrapage : l’acheteur « peut demander à tous les candidats concernés de compléter leur dossier » (article R2144-2). Il le peut, il n’y est pas obligé. Mieux vaut tout fournir du premier coup.
Ce que le Code impose, et ce que l’acheteur peut demander
Le candidat produit une déclaration sur l’honneur attestant qu’il n’est dans aucun cas d’exclusion, et les renseignements demandés par l’acheteur sur son aptitude professionnelle, sa capacité économique et financière et ses capacités techniques (article R2143-3). En pratique, ces éléments passent par les formulaires DC1 (lettre de candidature) et DC2 (déclaration du candidat), ou par une lettre de candidature libre si le RC l’admet.
L’acheteur doit accepter le DUME, le document unique de marché européen, à la place de ces formulaires (article R2143-4). Un DUME déjà utilisé peut être réutilisé « à condition de confirmer que les informations qui y figurent sont toujours valables ».
Les justificatifs d’absence d’exclusion ne sont exigibles que du candidat pressenti pour l’attribution (article R2144-4). Pour les impôts et cotisations, ce sont des certificats : l’attestation fiscale portant sur l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés et la TVA, et l’attestation de l’article L. 243-15 du code de la sécurité sociale, délivrée par l’Urssaf. Les caisses de congés payés délivrent un certificat pour leurs cotisations (arrêté du 22 mars 2019, articles 1 et 2). Une copie suffit (article 3 du même arrêté).
Vous n’avez pas à fournir un document que l’acheteur peut obtenir gratuitement dans une base officielle ou un espace de stockage numérique, si vous lui donnez de quoi le consulter (article R2143-13). Le RC précise souvent comment il applique cette règle.
Pour les capacités techniques, la liste de ce que l’acheteur peut demander est fixée par l’arrêté du 22 mars 2019 (article 3), et elle est limitative hors défense. Pour un installateur de bornes, les plus fréquentes sont :
- une liste des travaux exécutés sur les cinq dernières années, avec attestations de bonne exécution pour les plus importants (marchés de travaux) ;
- une liste des principales livraisons ou services sur les trois dernières années, avec montant, date et destinataire (marchés de fournitures et de services) ;
- les effectifs moyens annuels et l’encadrement sur trois ans ;
- les titres d’études et professionnels des responsables, pour les fournitures avec pose ou installation ;
- l’outillage, le matériel et l’équipement technique ;
- les mesures de gestion environnementale ;
- des certificats de qualification professionnelle établis par des organismes indépendants, l’acheteur devant accepter « tout moyen de preuve équivalent ».
L’absence de références sur des marchés de même nature « ne peut justifier, à elle seule, l’élimination d’un candidat » (article R2142-14). Une jeune entreprise peut donc candidater, en prouvant sa capacité autrement si le RC le permet.
La qualification IRVE
Hors installations de 3,7 kW au plus dans un logement privé non accessible au public, les bornes doivent être installées et entretenues par des professionnels titulaires d’une qualification délivrée par un organisme agréé (article D353-2 du code de l’énergie, en vigueur depuis le 1er juillet 2024). Le même article impose aussi l’habilitation électrique des intervenants. Un appel d’offres de bornes demande donc presque toujours le certificat de qualification IRVE, et il faut vérifier que le niveau détenu couvre la puissance du marché. Notre article sur la qualification Qualifelec et son renouvellement détaille l’enjeu.
Voici le règlement de la consultation et ses annexes. Liste toutes les pièces à fournir, en deux tableaux séparés : A. Pièces de CANDIDATURE B. Pièces de l'OFFRE Colonnes : pièce / exigence exacte (citation) / obligatoire ou facultative / format ou modèle imposé / signature exigée oui-non / source (pièce + article). Signale en particulier : - si le DUME est accepté et si le RC autorise à se limiter à déclarer qu'on remplit les conditions (« oui global ») ; - les qualifications ou certifications demandées, avec leur intitulé exact et la mention « ou équivalent » si elle figure ; - la période couverte par les références (3 ans, 5 ans, autre) ; - les attestations demandées au seul attributaire pressenti. Tu n'ajoutes aucune pièce qui n'est pas écrite dans le dossier. Tu ne dis pas si l'entreprise possède ces pièces : je le ferai.
À vérifier : relisez l’article du RC cité pour chaque pièce. Cochez ensuite vous-même ce que vous avez, ce qui est à jour (date de l’attestation, validité de la qualification) et ce qui manque. Une attestation périmée le jour de la remise vaut une pièce manquante.
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Étape 3 : relever les délais et construire le rétroplanning
Le délai de remise est fixé par l’acheteur, qui doit tenir compte « de la complexité du marché et du temps nécessaire aux opérateurs économiques pour préparer leur offre » (article R2151-1). En appel d’offres ouvert, le minimum est de 35 jours à compter de l’envoi de l’avis (article R2161-2). Il peut descendre à 30 jours si les offres peuvent être transmises par voie électronique, et à 15 jours en cas d’urgence justifiée ou d’avis de préinformation (article R2161-3). En procédure adaptée, aucun minimum chiffré ne s’applique : l’acheteur fixe un délai raisonnable.
Ce qui compte pour vous, c’est le temps qui reste à la date où vous découvrez l’avis. Il faut y caser la lecture du dossier, les questions à l’acheteur, la visite éventuelle, les devis fournisseurs, le mémoire technique, le chiffrage, les signatures et le dépôt. Le dépôt électronique prend du temps : un fichier lourd, une signature électronique qui échoue ou une plateforme saturée la dernière heure suffisent à rater l’échéance.
À partir du RC, de l'avis et des éventuelles réponses aux questions, relève toutes les dates et heures utiles, avec leur source : - date et heure limites de remise des offres (et fuseau horaire) - date limite pour poser des questions à l'acheteur - date limite de réponse de l'acheteur aux questions - date(s) et modalités de visite de site, et si elle est obligatoire - durée de validité des offres - date prévisionnelle de notification ou de début d'exécution - délais d'exécution imposés par le CCTP ou le CCAP (installation, intervention, dépannage, remise des documents) Puis construis un rétroplanning à rebours depuis la date limite, en laissant les durées VIDES : je les remplirai. Étapes : lecture du dossier / questions / visite / devis fournisseurs / chiffrage / mémoire technique / relecture / signatures / dépôt. Aucune date inventée. « NON TROUVÉ DANS LE DOSSIER » si besoin.
À vérifier : la date et l’heure limites sur le profil d’acheteur, le jour même du dépôt. Notez la date d’envoi de l’avis : si le délai laissé vous paraît plus court que le minimum légal, relisez l’avis, il peut s’agir d’une procédure adaptée ou d’une urgence motivée.
Étape 4 : extraire les critères de notation et leur pondération
L’acheteur choisit l’offre économiquement la plus avantageuse sur un ou plusieurs critères liés à l’objet du marché. S’il retient plusieurs critères, le prix ou le coût en fait partie et au moins l’un d’entre eux prend en compte les caractéristiques environnementales de l’offre (article R2152-7). Les critères possibles incluent la valeur technique, les délais, le service après-vente et l’assistance technique, l’interopérabilité, ou encore l’organisation et la qualification du personnel affecté au marché.
Les critères et leurs modalités de mise en œuvre figurent dans les documents de la consultation (article R2152-11). En procédure formalisée, ils sont pondérés, ou à défaut hiérarchisés par ordre décroissant d’importance (article R2152-12). En appel d’offres, l’acheteur ne peut pas négocier : il peut seulement demander de préciser l’offre (article R2161-5). Votre première offre est donc la dernière.
À partir du RC (et du cadre de mémoire technique s'il existe), restitue les critères de jugement des offres dans un tableau : critère / sous-critère / pondération ou rang / pièce de l'offre sur laquelle il est jugé / mode de notation annoncé (formule de prix, barème, échelle) / citation exacte / source (article). Vérifie que les pondérations font 100 %. Si ce n'est pas le cas, ou si une pondération manque, écris-le. Puis, pour chaque sous-critère technique, reformule en une phrase « ce que l'acheteur veut pouvoir constater », SANS rien ajouter au texte du RC. Tu ne proposes aucun contenu de réponse à ce stade.
À vérifier : les pondérations, mot pour mot, dans le RC. Repérez surtout la pièce sur laquelle chaque critère est jugé. Si la valeur technique s’apprécie « au regard du mémoire technique », tout ce qui n’y est pas écrit ne rapporte aucun point. C’est l’objet de notre guide écrire son mémoire technique avec l’IA, sans rien inventer.
Étape 5 : transformer le CCTP en liste d’exigences
Le CCTP est souvent la pièce la plus longue. Il mélange des obligations (« le titulaire devra »), des préférences (« il est souhaité ») et des informations de contexte. L’assistant les sépare et les numérote. Cette liste servira deux fois : pour décider si vous pouvez répondre, puis pour contrôler la conformité de votre offre.
Voici le CCTP. Construis une matrice de conformité : n° / article du CCTP / exigence (citation exacte) / nature (OBLIGATION, OPTION, PRÉFÉRENCE, INFORMATION) / thème (matériel, installation, raccordement, supervision, maintenance, délais d'intervention, documents, essais, sécurité, environnement) / colonne « Réponse entreprise » laissée VIDE. Ensuite, liste à part : - les normes et textes réglementaires cités ; - les exigences chiffrées (puissances, délais, taux de disponibilité, durées de garantie) avec leur valeur exacte ; - les exigences qui supposent un sous-traitant ou un partenaire ; - les passages ambigus qui justifieraient une question à l'acheteur. N'interprète pas. Ne complète pas. Ne dis pas si l'entreprise est conforme.
À vérifier : comptez les articles du CCTP et comparez avec la matrice. Une exigence oubliée par l’assistant est une non-conformité possible dans votre offre. Prenez trois exigences au hasard et relisez-les dans le texte original.
Étape 6 : lire le cadre de prix sans le chiffrer à l’aveugle
Le BPU, le DQE ou la DPGF sont des tableaux. L’assistant y repère les lignes, les unités, les quantités estimées, et les écarts avec le CCTP : une prestation exigée sans ligne de prix, une ligne sans prestation correspondante, une unité incohérente. Il ne propose pas de prix. Le prix vient de vos coûts, de vos devis fournisseurs et de votre stratégie, et vous devez pouvoir le justifier : une offre qui semble anormalement basse doit être justifiée à la demande de l’acheteur (article R2152-3).
Voici le cadre de prix (BPU / DQE / DPGF) et le CCTP.
1. Liste les lignes du cadre de prix : n° / désignation / unité /
quantité estimée s'il y en a une / source.
2. Signale :
- les prestations exigées par le CCTP sans ligne de prix ;
- les lignes de prix sans prestation décrite au CCTP ;
- les unités ou quantités incohérentes ;
- les lignes qui demandent un prix « fourni-posé » et celles
qui séparent fourniture et pose.
3. Indique comment le prix sera noté selon le RC (formule exacte
si elle est donnée).
Tu ne proposes AUCUN prix, aucune fourchette, aucune estimation.
À vérifier : chaque incohérence signalée, dans les deux pièces. Une vraie incohérence justifie une question écrite à l’acheteur avant la date limite des questions. Le RC indique comment les réponses sont diffusées aux candidats.
Étape 7 : construire la grille go / no-go
La grille go / no-go met en regard ce que demande le marché et ce que l’entreprise peut prouver. Elle se lit en deux temps. D’abord les critères éliminatoires : un seul « non » et l’on ne répond pas, ou l’on cherche un cotraitant. Ensuite les critères d’opportunité, qui se pèsent les uns contre les autres. Les poids de cette seconde partie sont les vôtres : ils dépendent de votre carnet de commandes, de votre trésorerie, de votre stratégie.
| Bloc | Question | Où trouver la réponse |
|---|---|---|
| Éliminatoire | Avons-nous la qualification exigée, au bon niveau, valide à la date de remise ? | RC + votre certificat |
| Éliminatoire | Avons-nous les références sur la période demandée (3 ou 5 ans), ou un autre moyen de preuve admis ? | RC + vos attestations |
| Éliminatoire | Pouvons-nous déposer à temps, avec une signature électronique si elle est exigée ? | RC + votre planning |
| Éliminatoire | Toutes les obligations du CCTP sont-elles réalisables, seuls ou avec un partenaire identifié ? | Matrice de l’étape 5 |
| Éliminatoire | Nos attestations fiscales et sociales sont-elles à jour ? | Vos certificats |
| Opportunité | Le volume (minimum, maximum, durée) est-il à notre échelle ? | Avis + RC |
| Opportunité | La zone d’intervention et les délais d’intervention sont-ils tenables avec nos équipes ? | CCTP + vos effectifs |
| Opportunité | Quel poids a le prix dans la note, et sommes-nous compétitifs sur ce type de prestation ? | RC (étape 4) |
| Opportunité | Le mémoire technique peut-il s’appuyer sur des preuves réelles pour chaque sous-critère ? | Étape 4 + vos dossiers |
| Opportunité | La trésorerie supporte-t-elle le délai de paiement (30 jours pour les pouvoirs adjudicateurs) et l’achat du matériel ? | CCAP + article R2192-10 |
| Opportunité | Avons-nous le temps de produire une réponse soignée sans dégrader nos chantiers en cours ? | Rétroplanning (étape 3) |
Pour la partie opportunité, une notation simple suffit : 0 (défavorable), 1 (neutre), 2 (favorable), multipliée par un coefficient que vous fixez avant de lire le dossier. Fixer les coefficients avant évite de les ajuster pour justifier une envie de répondre.
Voici : la fiche d'identité (étape 1), la liste des pièces (étape 2), les délais (étape 3), les critères (étape 4), la matrice CCTP (étape 5), et MES réponses sur l'entreprise ci-dessous. [Collez ici VOS informations : qualifications détenues et date de validité, références des 3 ou 5 dernières années (sans nom de personne), effectifs, zone d'intervention, partenaires possibles, charge de travail prévue, coefficients choisis pour chaque critère d'opportunité.] Remplis la grille go / no-go : A. Critères éliminatoires : OUI / NON / À VÉRIFIER, avec la source côté dossier ET côté entreprise. B. Critères d'opportunité : note 0, 1 ou 2, justification en une phrase, coefficient fourni par moi, total. C. Liste des pièces manquantes ou à renouveler, avec le délai restant avant la date limite. D. Liste des questions à poser à l'acheteur. Règles : tu n'utilises que les informations fournies. Toute information absente est marquée « À FOURNIR ». Tu ne conclus PAS par « go » ou « no-go » : tu présentes les faits, je décide.
À vérifier : chaque « OUI » éliminatoire doit pointer vers un document que vous avez en main. Un « À VÉRIFIER » non levé vaut « NON ». La décision finale se prend en lisant la grille, pas la conclusion de l’assistant, puisqu’il n’en donne pas.
L’exemple du Havre : ce que dit l’avis public
Pour montrer la méthode sur un cas réel, nous avons lu l’avis BOAMP 26-94863 par les données ouvertes du BOAMP, le 27 octobre 2026. Nous n’avons pas téléchargé le dossier de consultation : il se retire sur le profil d’acheteur. Ce qui suit vient donc de l’avis seul, et le détail des sous-critères reste à lire à l’article 6.2 du règlement de la consultation, auquel l’avis renvoie.

La fiche d’identité, d’après l’avis
- Acheteurs : Le Havre Seine Métropole, en groupement de commandes avec la Ville du Havre (Seine-Maritime).
- Objet : fourniture, installation et maintenance de bornes de recharge (IRVE), marché transversal en groupement de commandes.
- Procédure : procédure ouverte, avis de marché européen. Avis envoyé le 1er octobre 2026 et publié au BOAMP le 3 octobre 2026.
- Forme : accord-cadre à bons de commande, sans montant minimum, avec un seul titulaire. Montant maximum sur 48 mois : 400 000 euros HT pour la communauté urbaine et 400 000 euros HT pour la Ville.
- Durée : 48 mois fermes à compter de la notification, début prévisionnel le 1er février 2027.
- Remise : électronique obligatoire. Variantes interdites. Offres valables 6 mois. Facturation électronique exigée.
- Date limite : 20 novembre 2026 à 16 heures.
Les pièces de candidature, d’après l’avis
- DC1 complété, ou lettre de candidature avec les pouvoirs de la personne habilitée à engager le candidat ;
- DC2 complété, ou déclaration du candidat individuel ou de chaque membre du groupement ;
- une liste des principales livraisons ou services des trois dernières années, avec montant, date et destinataire, prouvée par attestations du destinataire ou, à défaut, par une déclaration de l’entreprise. Les références de plus de trois ans ne sont pas prises en compte. Sans références, la capacité peut se prouver « par tout moyen » ;
- la qualification IRVE exigée par la réglementation pour l’installation et la maintenance, ou tout moyen de preuve équivalent.
Les critères de notation, d’après l’avis
| Critère | Pondération | Jugé sur |
|---|---|---|
| Prix | 50 % | Montant total TTC du DQE |
| Valeur technique | 40 % | Mémoire technique, fiches techniques, BPU, catalogues ou listes de tarifs |
| Performance environnementale | 10 % | Informations du mémoire technique |
Ce que la grille ferait ressortir
Sans le DCE, on ne peut pas remplir la grille. Mais l’avis suffit à poser les bonnes questions. La qualification IRVE et les références de moins de trois ans sont éliminatoires. Le marché est un accord-cadre sans minimum : il ne garantit aucune commande, et le maximum de 800 000 euros HT cumulés porte sur quatre ans. Il n’y aura qu’un titulaire, sur l’installation et sur la maintenance : il faut pouvoir intervenir au Havre pendant toute la durée. La moitié de la note dépend du prix ; l’autre moitié dépend en grande partie du mémoire technique. Le délai entre l’envoi de l’avis et la date limite est de 50 jours, au-delà du minimum légal de 35 jours.


Ces constats ne disent pas s’il faut répondre. Ils disent ce qu’il faut vérifier dans le DCE et dans l’entreprise avant de décider. Source : avis BOAMP 26-94863, lu le 27 octobre 2026, sans avis rectificatif publié à cette date.
Comment contrôler le travail de l’IA : la check-list
Avant de vous fier à une seule ligne produite par l’assistant, passez cette liste. Elle prend moins de temps qu’une candidature rejetée.
- Chaque information a une source. Une ligne sans pièce ni article cité est supprimée.
- Les dates sont relues dans l’original. Date et heure limites, questions, visite : vérifiées sur le RC et sur le profil d’acheteur.
- Les pondérations font 100 % et reprennent les mots exacts du RC.
- Le nombre d’exigences du CCTP est cohérent avec la matrice. Trois exigences tirées au hasard sont relues dans le texte.
- Aucune pièce inventée. Chaque pièce listée se retrouve dans le RC à l’article indiqué.
- Aucune donnée de l’entreprise inventée. Qualifications, références, effectifs : chaque élément correspond à un document que vous détenez.
- Les contradictions entre pièces sont traitées par une question écrite à l’acheteur, pas par une supposition.
- La dernière version du DCE a été utilisée, réponses aux questions et rectificatifs compris.
- Aucune donnée personnelle de client ou de salarié n’a été collée dans un outil public.
- La décision go / no-go est signée par le dirigeant, avec la date et les raisons, pour garder la trace d’un dossier à l’autre.
Combien de temps faut-il pour répondre à un appel d’offres ?
Le temps disponible est fixé par l’acheteur, dans les limites légales vues à l’étape 3 : 35 jours au moins en appel d’offres ouvert, 30 jours avec remise électronique, un délai raisonnable en procédure adaptée. Le temps nécessaire dépend du dossier et de votre organisation. Aucune source officielle ne publie une durée type de préparation. La seule méthode fiable consiste à mesurer : notez, pour chaque réponse, les heures passées à chaque étape du rétroplanning. Au bout de trois ou quatre dossiers, vous saurez combien vous coûte une réponse, et donc à partir de quel volume de marché elle se justifie.
L’assistant IA raccourcit surtout les étapes de lecture et d’extraction. Il ne raccourcit ni la collecte des devis fournisseurs, ni le chiffrage, ni la signature électronique, ni la relecture humaine. Gardez au moins une journée de marge avant l’heure limite pour le dépôt.
Où trouver les appels d’offres de bornes de recharge ?
Le BOAMP, Bulletin officiel des annonces des marchés publics, publie les avis des acheteurs publics français. Ses données sont ouvertes et interrogeables par mots-clés, département et date limite. Les marchés au-dessus des seuils européens paraissent aussi au Journal officiel de l’Union européenne, et certains acheteurs publient sur leur seul profil d’acheteur pour les petits montants. Pour situer ces marchés dans l’ensemble de l’activité, notre état des lieux Installateurs de bornes : où sont les chantiers en 2026 décrit les quatre grands segments, et le dossier aides pour installer une borne en 2026 fait le point sur les financements qui déclenchent les projets.
Les marchés privés (copropriétés, entreprises, propriétaires fonciers) ne passent pas par le BOAMP. Ils obéissent à d’autres règles, que décrivent notre guide sur le bail pour accueillir des bornes sur un terrain et notre page devis de borne de recharge. L’ensemble de nos guides sur le sujet est réuni dans Recharge et installation.
Les erreurs qui coûtent un marché
- Répondre sans lire le RC en entier. Un modèle de mémoire imposé, une limite de pages, une visite obligatoire : un détail du RC peut rendre l’offre irrégulière.
- Se fier à la date de l’avis initial. Un rectificatif peut la déplacer. Vérifiez le jour du dépôt.
- Laisser l’assistant compléter un vide. Une référence « plausible » ou une certification « probable » dans un dossier public engage la signature du dirigeant.
- Oublier le critère environnemental. L’article R2152-7 l’impose dans tout marché jugé sur plusieurs critères. Au Havre, il pèse 10 % et se juge sur le mémoire.
- Chiffrer sans couvrir le CCTP. Une prestation exigée sans prix prévu se paie ensuite sur la marge.
- Déposer à la dernière heure. La remise électronique ne pardonne pas un fichier refusé à 15 h 58.
Questions fréquentes
Un assistant IA peut-il répondre seul à un appel d’offres ?
Non. Il lit le dossier de consultation, extrait les exigences, les délais, les pièces et les critères, et prépare des tableaux. Il ne détient ni vos références, ni vos qualifications, ni vos prix, et il ne peut pas signer l’acte d’engagement. Chaque information qu’il produit doit être rattachée à une pièce du dossier et relue. La décision de répondre et le contenu de l’offre restent sous la responsabilité du dirigeant.
Quelle différence entre le DC1, le DC2 et le DUME ?
Le DC1 est la lettre de candidature, le DC2 la déclaration du candidat sur ses capacités. Le DUME, document unique de marché européen, remplace les deux : l’acheteur est tenu de l’accepter (article R2143-4 du Code de la commande publique). Un DUME déjà utilisé peut servir à nouveau si l’on confirme que ses informations sont toujours valables. Le règlement de la consultation précise si une lettre libre est admise.
Faut-il fournir les attestations fiscales et sociales dès la candidature ?
Le Code n’impose leur production qu’au candidat auquel l’acheteur envisage d’attribuer le marché (article R2144-4). À la candidature, une déclaration sur l’honneur suffit pour les cas d’exclusion. Il s’agit de l’attestation fiscale (impôt sur le revenu ou sur les sociétés, TVA) et de l’attestation Urssaf de l’article L. 243-15 du code de la sécurité sociale. Une copie est acceptée. Préparez-les à l’avance : elles sont exigées dans un délai court.
La qualification IRVE est-elle obligatoire pour répondre ?
Pour installer ou entretenir des bornes, hors installations de 3,7 kW au plus dans un logement privé non ouvert au public, l’article D353-2 du code de l’énergie exige une qualification délivrée par un organisme agréé. Les appels d’offres de bornes la demandent donc presque toujours, souvent avec la mention « ou équivalent ». Vérifiez que le niveau détenu couvre la puissance du marché et que le certificat est valide à la date de remise.
Peut-on répondre sans références de chantiers publics ?
Oui. L’article R2142-14 interdit d’éliminer un candidat au seul motif qu’il n’a pas de références sur des marchés de même nature. Les références privées comptent si elles correspondent à la période demandée, en général trois ans pour les fournitures et services, cinq ans pour les travaux. Certains règlements, comme celui du Havre, admettent de prouver sa capacité « par tout moyen ». Lisez la clause exacte du RC.
Quel est le délai minimal pour répondre à un appel d’offres ouvert ?
Trente-cinq jours à compter de l’envoi de l’avis de marché (article R2161-2). Il peut être ramené à trente jours si les offres peuvent être transmises par voie électronique, et à quinze jours en cas d’urgence justifiée ou d’avis de préinformation (article R2161-3). En procédure adaptée, l’acheteur fixe un délai adapté à la complexité du marché. Seule la date et l’heure affichées sur le profil d’acheteur font foi.
Comment connaître le poids du mémoire technique dans la note ?
Le règlement de la consultation indique les critères, leur pondération et la pièce sur laquelle chacun est jugé (articles R2152-11 et R2152-12). Au Havre, la valeur technique pèse 40 % et s’apprécie notamment au regard du mémoire technique ; la performance environnementale, 10 %, se juge sur ce seul mémoire. Demandez à l’assistant de relier chaque sous-critère à sa pièce, puis relisez l’article du RC.
Peut-on négocier son prix après la remise de l’offre ?
Pas en appel d’offres. L’article R2161-5 interdit à l’acheteur de négocier avec les soumissionnaires ; il peut seulement leur demander de préciser leur offre. La négociation est possible dans d’autres procédures, notamment certaines procédures adaptées, si le règlement de la consultation la prévoit. En appel d’offres, l’offre remise est donc définitive : le chiffrage se fait avant, à partir de vos coûts réels.
Peut-on coller le dossier de consultation dans un assistant IA public ?
Le DCE est un document diffusé à tous les candidats, mais lisez le règlement : certains dossiers comportent des clauses de confidentialité ou des plans sensibles. En revanche, ne collez jamais vos prix, vos marges ni les données personnelles de vos clients et salariés dans un outil public. Remplacez les noms par des repères, et vérifiez les conditions d’utilisation de l’outil que vous choisissez.
Que faire si l’IA trouve une contradiction entre deux pièces du dossier ?
Ne choisissez pas vous-même l’interprétation la plus favorable. Relisez les deux passages dans l’original, puis posez une question écrite à l’acheteur avant la date limite des questions fixée par le règlement, qui indique aussi comment les réponses sont diffusées. Le CCAP fixe aussi l’ordre de priorité des pièces contractuelles, utile pour comprendre laquelle prévaut à l’exécution.
