La mise en place des Zones à Faibles Émissions mobilité (ZFE-m), une mesure emblématique de la loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019, suscite de vifs débats. Face aux inquiétudes exprimées par les citoyens et les professionnels, le Sénat s’est engagé à examiner la question de plus près. Pour mieux comprendre les préoccupations liées à ce dispositif, la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable a lancé une consultation en ligne du 17 avril au 14 mai 2023. Les résultats de cette consultation éclairent le débat en offrant des informations précieuses sur la perception des ZFE-m par la population.

En Bref:

  1. 86% des particuliers et 79% des professionnels se sont déclarés opposés au déploiement des Zones à Faibles Émissions (ZFE) dans le cadre de la consultation en ligne.
  2. 42% des répondants particuliers possèdent des véhicules classés Crit’air 3, 4, 5 ou non classés, susceptibles d’être concernés par les restrictions de circulation dans les ZFE.
  3. Seuls 16% des particuliers estiment disposer de solutions alternatives satisfaisantes à l’usage du véhicule individuel.
  4. Les répondants résidant loin du centre de l’agglomération sont plus opposés aux ZFE que ceux résidant au sein de la métropole.
  5. Les catégories socioprofessionnelles des cadres et des étudiants sont légèrement plus favorables aux ZFE que la moyenne observée (25% et 28% respectivement).
  6. Le coût élevé d’acquisition des véhicules propres est cité comme le principal obstacle au déploiement des ZFE par les particuliers et les professionnels.
Lire également :  Tesla cherche des partenaires pour produire en Europe

Des zones à faibles Émissions mal perçues

La consultation en ligne révèle un ressenti largement négatif vis-à-vis des ZFE, tant du côté des particuliers que des professionnels. Ainsi, 86 % des particuliers et 79 % des professionnels se disent opposés à leur mise en place. Les craintes exprimées sont multiples : exclusion sociale, discrimination entre citoyens en fonction de leurs moyens, sentiment d’injustice pour ceux qui travaillent en métropole mais n’ont pas les moyens d’y vivre ou d’acquérir un véhicule propre.

Ces inquiétudes mettent en lumière les risques d’une fracture sociale et territoriale liée à l’application des ZFE. Notamment, le lieu de résidence des répondants semble avoir un lien significatif avec leur position vis-à-vis des ZFE : plus ils habitent loin du centre de l’agglomération, plus ils tendent à être défavorables à ces zones.

Des bénéfices reconnus malgré les critiques

Malgré ce tableau, il est important de noter que les ZFE ne sont pas sans partisans. Certains répondants considèrent en effet que ces zones constituent un levier essentiel pour améliorer la qualité de l’air et protéger la santé de tous. Cette divergence d’opinions met en lumière la complexité du sujet, qui nécessite de concilier des enjeux de santé publique, d’équité sociale et de développement durable.

Les obstacles à surmonter

Les résultats de la consultation soulignent en outre les obstacles majeurs à un déploiement apaisé des ZFE. En premier lieu, le coût élevé d’acquisition des véhicules propres apparaît comme le principal frein, pour les particuliers comme pour les professionnels. Par ailleurs, une part importante des répondants, particuliers (42 %) comme professionnels (41 %), possèdent un véhicule classé Vignette Crit’air 3, 4, 5 ou non classé, qui pourrait à terme être concerné par les restrictions de circulation dans certaines ZFE.

Lire également :  Les plans de la start-up Electra, Essai Jaguar I-Pace et Baromètre des mobilités actives

Vers une approche plus encadrée des ZFE ?

Face à ces constats, il apparaît essentiel que les pouvoirs publics prennent en compte les préoccupations exprimées par les citoyens et les professionnels pour envisager une application des ZFE mieux encadrée et plus acceptable pour tous. Cela pourrait passer par des mesures d’accompagnement social, un renforcement de l’offre de transports en commun, une communication plus claire sur le dispositif des vignettes Crit’air, ou encore des aides à l’acquisition de véhicules propres.

En conclusion, l’ambition de réduire les émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre dans nos villes est louable et nécessaire. Cependant, la mise en place des ZFE, bien que prometteuse sur le papier, ne doit pas se faire au détriment de l’équité sociale et territoriale. La consultation menée par le Sénat souligne l’importance d’une approche plus nuancée et inclusive dans la mise en œuvre de cette mesure.

Publications similaires

Un commentaire

  1. Je retiens donc que 86% des particuliers sont opposés aux ZFE telles que définies actuellement (basées sur la vignette Crit’Air et pas sur le taux de pollution réel : out les vieilles Clio, bienvenue aux Lamborghini récentes qui consomment/polluent 5 x plus).
    Mais surtout, 42% seulement des gens sont impactées, ayant un véhicule Crit’Air 3 ou plus.
    On peut donc lire la statistique: 86% des gens sont opposés aux ZFE, bien que la moitié d’entre eux auraient le droit d’accès. Donc on n’est pas opposé aux ZFE de façon égoïste (JE ne pourrais pas accéder à la ZFE), mais pour d’autres raisons (aspect inégalité devant l’achat d’un véhicule propre, critère d’accès etc).
    C’est à mon avis ça qu’il faudrait prendre en compte: une grande majorité des gens opposés aux ZFE ne seraient pas impactés par leur mise en place, donc s’y opposent sans doute pour de bonnes raisons?
    La grande interrogation, est-ce que nos politiques prendront en compte l’opinions des usagers? J’y crois peu hélas, mais gardons espoir :).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *