Vélos électriques à Marseille : Voi complète son offre, mais n’est pas seul sur la selle

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Voi Technology annonce le lancement de son service de vélos électriques en libre-service à Marseille, avec une flotte de 750 unités venant s’ajouter aux 1 500 trottinettes déjà déployées par l’opérateur suédois dans la cité phocéenne. L’entreprise, présente à Marseille depuis 2019, a été retenue par la Ville dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt pour cette extension de service.

Deux modèles, une tarification simplifiée

La flotte se compose de deux références : l’Explorer 5, présenté comme un vélo robuste et technologiquement avancé, et le Voi-Plume 2, plus léger et destiné aux primo-utilisateurs. Une partie du parc sera équipée de sièges enfant, un choix qui vise explicitement les trajets familiaux.

Côté tarifs, Voi introduit à cette occasion un pass à prix fixe inédit sur le marché marseillais : 1,50 € les 20 minutes, pour un abonnement de 4,99 € par mois. L’objectif affiché est de rendre le coût du trajet prévisible, à rebours de la tarification à la minute qui prévaut habituellement sur ce type de service.

Une exclusivité à vérifier

Le communiqué de Voi affirme que l’entreprise devient « le seul opérateur à proposer des trottinettes et des vélos à Marseille ». Cette formulation mérite d’être nuancée. Lime, présent lui aussi depuis 2019 et confirmé par la Ville en décembre 2025 pour quatre années supplémentaires, communique de longue date sur sa propre offre combinant trottinettes et vélos électriques, dont la Gen4, et se présentait déjà comme l’unique opérateur proposant les deux modes à Marseille. Les deux entreprises semblent donc revendiquer, chacune de son côté, la même exclusivité — signe que la communication commerciale des opérateurs de micromobilité reste à prendre avec précaution, indépendamment de la source.

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Dans les faits, Marseille ne compte que deux opérateurs retenus depuis la fin de l’année 2023, Lime et Voi, après l’éviction de Bird lors du précédent appel d’offres. La flotte globale de trottinettes avait alors été réduite de 4 000 à 3 000 véhicules, la municipalité justifiant ce choix par la volonté de limiter l’encombrement de l’espace public.

Un contexte municipal loin d’être neutre

Le lancement de ce service de vélos intervient dans un climat où la micromobilité partagée reste un sujet de friction à Marseille. À l’approche des élections municipales de 2026, plusieurs candidats ont fait de l’avenir des trottinettes un thème de campagne : certains, comme le candidat du Rassemblement national, proposent un référendum sur une possible interdiction, tandis que d’autres, dont le maire sortant Benoît Payan, évoquent un rééquilibrage en faveur du vélo plutôt que de la trottinette, tout en pointant les nuisances liées au stationnement anarchique et aux batteries au lithium retrouvées dans le Vieux-Port. D’autres villes françaises ont tranché plus radicalement : Paris a purement supprimé ses 15 000 trottinettes en libre-service après un référendum en 2023, tandis que Toulouse, Montpellier et Nice ne les ont jamais autorisées. Lyon et Bordeaux, à l’inverse, ont maintenu leurs services avec Dott et Tier.

Voi indique par ailleurs participer, aux côtés de la Ville, au projet européen PeriAsty visant à étendre la couverture des services de mobilité partagée aux quartiers périphériques et périurbains — une réponse directe à l’une des critiques récurrentes adressées aux opérateurs, à savoir la concentration des flottes dans l’hypercentre.

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Ce que cela change concrètement

Pour les Marseillais, l’arrivée des vélos Voi élargit le choix disponible sans bouleverser l’équilibre du marché : Lime et Voi restent les deux seuls opérateurs sous contrat, chacun proposant désormais scooters et vélos. La vraie nouveauté tient moins à l’exclusivité revendiquée qu’à la tarification à prix fixe, une première localement, qui pourrait davantage peser sur les habitudes d’usage que l’ajout de vélos en tant que tel.

Reste que le débat de fond — la place de ces flottes privées dans l’espace public, leur impact environnemental et leur régulation à venir — n’est pas près d’être refermé, et se jouera en partie dans les urnes plus que dans les applications mobiles.

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