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L’IPO la plus grande de l’histoire se joue cette semaine — et elle embarque Tesla dans son sillage, que vous le vouliez ou non.
C’est désormais officiel. SpaceX a déposé son prospectus S-1 le 20 mai 2026 et prévoit de débuter les échanges sur le Nasdaq sous le ticker SPCX autour du 12 juin 2026. L’opération vise une valorisation d’environ 1 750 milliards de dollars, avec une levée de fonds pouvant atteindre 75 milliards de dollars, ce qui en ferait la plus grande introduction en bourse de l’histoire, devant Saudi Aramco en 2019.
Pour les lecteurs de Tesla Mag, la question n’est pas de savoir si cette IPO est un événement financier majeur. Elle l’est. La vraie question, c’est : qu’est-ce que ça change, concrètement, pour Tesla et pour vous en tant que propriétaire ou futur propriétaire d’un véhicule électrique ? La réponse, enfouie dans le prospectus S-1, est bien plus concrète qu’on ne le pensait.
Les chiffres qui donnent le vertige
Commençons par l’essentiel. Les documents réglementaires montrent que SpaceX a enregistré en 2025 une perte d’exploitation de 2,6 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars. Une entreprise déficitaire qui vise 1 750 milliards de valorisation : c’est le paradoxe apparent de cette opération.
Mais le moteur caché, celui qui justifie la prime titanesque, c’est Starlink. Le segment « Connectivity » de SpaceX — c’est-à-dire Starlink — a généré 11,4 milliards de dollars de revenus en 2025. C’est la seule division rentable du groupe. Avec 10 millions d’abonnés dans 160 pays et une base d’abonnés qui a quadruplé entre 2023 et 2025, Starlink est une machine à cash récurrente que certains analystes valorisent à eux seuls entre 150 et 250 milliards de dollars.
L’architecture boursière est aussi conçue pour être accessible au plus grand nombre. Un stock split 5 pour 1 a été confirmé aux actionnaires, ramenant le prix unitaire de 526,59 $ à 105,32 $ avant introduction — le même mécanisme qu’avaient utilisé Nvidia, Tesla et Apple lors de leurs propres splits.
Le vrai scoop : Terafab, la joint-venture secrète Tesla-SpaceX révélée dans le S-1
C’est là que l’article devient vraiment intéressant pour vous. Enfouie dans le prospectus S-1 déposé le 20 mai, une révélation qui n’a pas encore fait grand bruit en France : Tesla et SpaceX sont en train de construire ensemble une usine de puces électroniques.
Tesla et SpaceX ont annoncé Terafab, une joint-venture conçue pour regrouper chaque étape de la production de semi-conducteurs sous un même toit. Terafab cible deux types de puces : un processeur d’inférence optimisé pour les systèmes Full Self-Driving de Tesla, les robots humanoïdes Optimus et les flottes de Robotaxi, ainsi qu’une variante haute puissance durcie pour les environnements spatiaux, destinée aux satellites SpaceX, aux centres de données orbitaux et aux serveurs xAI.
Autrement dit : la puce qui fera rouler votre future Tesla en mode autonome et la puce qui fera voler les satellites Starlink seront issues du même projet industriel.
Terafab est une installation de fabrication de semi-conducteurs en co-propriété proposée dans le comté de Grimes au Texas, près du réservoir Gibbons Creek. C’est une joint-venture entre SpaceX, Tesla et xAI — trois sociétés qui partagent le même président et une dépendance commune aux puces IA avancées.
L’ambition affichée par Musk lors de l’annonce en mars 2026 est vertigineuse : produire l’équivalent d’un térawatt de capacité de calcul par an. Intel a rejoint le projet en avril 2026.
Ce que le S-1 révèle (et que Musk n’a pas dit en conférence de presse)
Le S-1 révèle que Terafab et le projet associé Macrohard avec Tesla en sont encore à des « stades très précoces », sans conditions financières, droits de propriété intellectuelle ou engagements contraignants finalisés. Les avocats de SpaceX ont été obligés d’ajouter ce facteur de risque dans le prospectus : le document précise que SpaceX ne peut pas trouver suffisamment de puces pour son IA orbitale et que le projet Terafab pourrait ne pas aboutir avec succès.
C’est la tension centrale de cette IPO : entre une vision industrielle cohérente et des promesses qui restent, à ce stade, des promesses. Musk a un schéma bien documenté qui consiste à faire de grandes annonces lors d’événements de levée de capitaux. La présentation du « Robotaxi » de Tesla avait eu lieu juste avant une offre d’actions.
Tesla : fournisseur, actionnaire et partenaire de SpaceX à la fois
La relation entre les deux entreprises est bien plus dense qu’un simple lien familial via leur fondateur commun. Tesla détient 18 990 195 actions de la classe A de SpaceX, converties depuis son investissement de 2 milliards de dollars dans xAI lorsque SpaceX a acquis la startup en février 2026.
En 2025, xAI — aujourd’hui filiale à 100 % de SpaceX — a acheté 506 millions de dollars de biens et services à Tesla, principalement des batteries Megapack pour alimenter ses centres de données. Au total, Tesla a reçu environ 650 millions de dollars des entités SpaceX/xAI en 2025.
Toute expansion de la valorisation de SpaceX post-IPO bénéficiera donc indirectement aux actionnaires Tesla. Ce n’est pas un détail : c’est une courroie de transmission directe entre les deux entreprises.
Et Starlink dans votre Tesla ?
Le lien le plus direct avec votre quotidien de conducteur de VE reste la connectivité. Tesla a déposé un brevet (Pub. No U.S. 2025/0368267) pour intégrer des antennes Starlink directement dans la conception de ses véhicules, afin de résoudre le problème des zones sans couverture réseau. Pour le développement du FSD et de la future flotte de Robotaxis, une connexion réseau fiable est cruciale : avec Starlink, ce flux d’informations ne dépendrait plus des antennes de télécommunication terrestres.
L’IPO de SpaceX, ce n’est donc pas qu’un événement boursier à regarder de loin. C’est le financement du réseau satellitaire qui pourrait, demain, permettre à votre Tesla de rouler en mode autonome là où la 5G ne passe pas.
Ce que vous devez retenir
L’IPO SPCX du 12 juin est historique à trois titres : la plus grande levée de fonds de l’histoire des marchés financiers, la première cotation d’un conglomérat spatial-IA-télécom, et surtout le moment où l’écosystème Musk — Tesla, SpaceX, xAI, Starlink — devient enfin lisible pour l’investisseur public.
Pour la communauté Tesla Mag, retenez une chose : la feuille de route IA de Tesla, notamment l’AI5 ciblant une amélioration 50x par rapport à l’AI4 avec une production prévue pour 2027, est structurellement liée aux ambitions de fonderie de SpaceX. Ce que SpaceX lève le 12 juin financera en partie les puces qui feront rouler votre prochaine Tesla.
Le compte à rebours est lancé.
