Alors que Tesla accélère le déploiement de sa conduite autonome (FSD) à travers le monde en ce début d’année 2026, l’apparition de véhicules de validation d’ingénierie équipés de capteurs inhabituels suscite de nombreuses interrogations.
S’agit-il de simples outils de collecte de données (« Ground Truth »), de tests pour de nouveaux emplacements de caméras sur les futurs modèles, ou de la validation finale de fonctionnalités très attendues comme Banish ? Voici une analyse des hypothèses les plus probables.

1. La collecte de « Ground Truth » (Vérité Terrain)
L’explication la plus rationnelle pour ces capteurs supplémentaires est la collecte de données de haute précision. Tesla utilise souvent des véhicules équipés de Lidars ou de caméras à des positions atypiques (comme sur les pare-chocs ou les coins du toit) pour vérifier si ses modèles de réseaux neuronaux interprètent correctement les distances.
- L’objectif : Créer un jeu de données « parfait » pour entraîner le système à estimer la profondeur uniquement via les caméras de série.
- Le « Void » (Le vide) : Sur certains modèles comme le Cybertruck, il existe des angles morts au pied du pare-chocs avant. Ces véhicules de test permettent de « combler le vide » en apprenant au logiciel à se souvenir de ce qu’il a vu quelques secondes plus tôt (réseaux d’occupation).
2. Nouveaux emplacements pour le Hardware 5 (AI5)

Elon Musk a déjà commencé à évoquer le Hardware 5 (AI5), dont la production en volume est prévue pour 2026-2027. Les rumeurs suggèrent que Tesla pourrait corriger certaines faiblesses physiques du Hardware 4 (AI4).
Les zones testées :
- Le pare-chocs avant : Après l’avoir ajouté sur le Cybertruck et la nouvelle Model 3 « Highland », Tesla pourrait généraliser cette caméra pour éliminer les angles morts lors des sorties de stationnement.
- Les angles morts latéraux : Des caméras placées plus bas sur les ailes avant pourraient aider à mieux voir les trottoirs, une nécessité pour éviter les rayures de jantes (« curb rash ») lors des manœuvres automatiques.
3. Le cas « Banish » : Le chaînon manquant du Robotaxi
Banish, souvent décrit comme la version « ultime » de l’Autopark, est la capacité d’une Tesla à déposer son conducteur à l’entrée d’un bâtiment et à partir seule chercher une place de parking.
« Banish demande au véhicule de gérer un trafic imprévisible dans un parking sans personne à bord. Il n’y a aucune marge d’erreur. »
Pour que Banish soit déployé en toute sécurité (notamment avec la sortie de FSD v14.3 prévue ce trimestre), Tesla doit s’assurer que ses caméras actuelles peuvent gérer les virages serrés entre des colonnes de béton ou des barrières de péage. Si les véhicules de validation testent de nouveaux angles, c’est peut-être parce que le matériel actuel atteint ses limites physiques pour une autonomie de niveau 4/5 dans ces environnements confinés.
Synthèse : Validation ou Évolution ?
| Hypothèse | Probabilité | Impact pour l’utilisateur actuel |
| Validation Banish | Forte | Mise à jour logicielle imminente pour le parc existant. |
| Data Collection | Très Forte | Amélioration progressive de la précision du FSD. |
| Nouveaux Emplacements (HW5) | Moyenne | Apparition sur les futurs modèles (Model 2 / Cybercab). |
Conclusion
Il est fort probable que Tesla combine ces trois objectifs. Les supports de caméras temporaires aperçus sur les véhicules de validation servent avant tout à nourrir l’intelligence artificielle pour qu’elle devienne plus performante sur les voitures actuelles. Cependant, ces tests révèlent aussi les « trous » de vision que Tesla compte boucher physiquement sur sa prochaine génération de véhicules, confirmant que l’ère du 100% Vision continue de mûrir.
