Photo Pascal Ito © Flammarion

Dans un échange libre avec Tesla Mag, Jacques Attali, économiste et écrivain de renom, a révélé ses perspectives sur le rôle de la France dans la transition énergétique, le développement des véhicules électriques et l’importance de l’éducation pour préparer la nouvelle génération à la révolution électrique.

La France dans la transition énergétique

« Grâce à son expérience dans le nucléaire, la France a une avance dans le domaine de l’électricité, » a affirmé Attali, soulignant le rôle primordial de la France dans la transition énergétique. Toutefois, il a exprimé son scepticisme concernant les véhicules électriques, en raison de « la consommation d’eau nécessaire à la production des batteries et la condition sociale d’extraction des terres rares”. Cependant, il a ajouté que « les véhicules électriques sont un meilleur choix par rapport aux véhicules à essence ».

Quant à l’impact des réglementations sur cette transition, Attali a précisé : « Toute loi est une contrainte par définition, mais ces contraintes sont nécessaires pour favoriser une transition fluide vers une mobilité plus durable ». Il a souligné « l’importance de tenir compte de l’intérêt des générations futures lors de la mise en place de ces contraintes ».

Le potentiel et les défis de la France dans la production de véhicules électriques

Interrogé sur les possibilités de la France dans la fabrication de véhicules électriques, Attali a déclaré : « Notre pays a de grandes possibilités, en particulier avec les avancées récentes dans la technologie des batteries. » Néanmoins, il a également souligné « l’importance de développer des compétences dans d’autres domaines tels que l’agroalimentaire et le recyclage des déchets ».

Lire également :  Bosch ESI[tronic] 2.0 Online : Un Soutien Précieux Pour les Véhicules Hybrides et Électriques

L’éducation au cœur de la révolution électrique

Suivez Tesla Mag sur Youtube pour ne pas manquer les prochaines séquences de notre Interview.

Selon Attali, l’éducation est un pilier essentiel pour préparer la nouvelle génération à la révolution électrique. « Le système éducatif devrait préparer les jeunes à la révolution électrique et aux nouveaux métiers qui en découlent », a-t-il insisté. Il a recommandé « l’apprentissage par projet, le travail hybride (à l’école et à domicile), et l’adoption de modèles éducatifs tels que le modèle finlandais. Plus important encore, il insiste sur le développement de la curiosité et de la « niaque » chez les jeunes, plutôt que sur l’obtention de diplômes. »

Les perspectives d’Attali sur l’électromobilité

Il a exprimé ses préoccupations quant au « risque d’un éventuel déferlement de voitures électriques bon marché importées de Chine ou d’Inde, qui pourrait menacer nos constructeurs automobiles locaux. »

Pour Attali, l’adoption de l’électromobilité ne doit pas simplement se traduire par un remplacement des véhicules à essence par des véhicules électriques. « La possession d’une voiture n’est pas indispensable pour de nombreuses personnes », soutient-il. Des choix, telles que la location ou le partage de voiture, pourraient être préférables. Il promeut également l’utilisation de la marche, du vélo et des transports en commun. Ce que vous nommez «  électromobilité » n’est qu’une dimension de l’économie de la vie. »

Le Monde, modes d’emploi: Comprendre, prévoir, agir, protéger

Dans son dernier livre, Attali synthétise de façon accessible et sans détour les grands enjeux de notre époque et de l’avenir. « Il existe pourtant encore un étroit chemin vers un avenir harmonieux pour tous et durable pour la planète. Un chemin très étroit. À emprunter au plus vite, si on veut avoir une chance d’éviter le pire. Et de réussir le meilleur. » C’est en ces termes que Jacques Attali définit l’essence de son ouvrage, un guide essentiel pour comprendre notre monde et envisager l’avenir.

Lire également :  Salon du Bourget 2023 : Dialogue stratégique entre Eyal Zamir et Benedikt Zimmer

Publications similaires

7 commentaires

  1. Attali se plante sur tout sauf quand il dit que le VE est tout de même préférable au VT.
    La France n’a pas une avance dans l’électricité grace à son nucléaire !
    La France accumule un retard dans la production d’électricité renouvelable, la seule qui soit inépuisable, à cause de son obstination dans le nucléaire.
    Se focaliser sur la consommation d’eau dans la production de la batterie c’est ignorer qu’il n’en faut pas moins pour construire un moteur de VT et ignorer tout autant qu’il n’y a aucune terre rare dans une batterie. En revanche, c’est dans les pots d’échappement des moteurs diesel que l’on trouve des métaux vraiment rares et plus chers encore.
    Quand il parle des avancées de la France dans le domaine des batteries j’ai failli m’étrangler avec des constructeurs qui crachent sur le VE depuis 10 ans on peut dire que la seule avancée de la France dans le domaine des batteries remonte à Gaston Planté, au XIXe siècle.
    Monsieur Attali devrait soit rester dans les domaines où il sait un peu quelque chose, soit s’informer sérieusement avant de donner son avis dans un domaine qui lui est totalement inconnu.
    Une question pour Attali : Depuis combien de temps roulez vous en électrique ? Moi ça en fait 9 en PHEV et un mois en 100% électrique chinoise !
    Bien cordialement,
    https://www.editions-complicites.fr/pages-auteurs/serge-rochain/

  2. Bonjour, la première voiture électrique date de 1860. Elle a été abandonné à cause du pétrole vers 1900/1910.
    Je n’ose imaginer les progrès au niveau technique en 100 ans et le gain santé, climat, etc ..
    Les recherches vont vite, les terres rares diminuent ou seront inexistant dans quelques années.
    Oui l’électrique a de l’avenir …..Cdlt jcw

  3. Expérience dans le nucléaire? Avec un programme de construction à l’arrêt pendant des décennies, cette expérience a disparu …Pour preuves, les retards monstrueux sur les 3 dernières installations en construction en Finlande, Angleterre et France.
    Education pour préparer la nouvelle génération à la révolution électrique? Ce n’est pas de l’éducation, c’est de l’endoctrinement…L’éducation devrait donner les outils permettant à chacun de se faire sa propre opinion, pas lui imposer une doctrine.
    Les conditions sociales d’extraction des terres rares? Des petits cailloux ramassés à la main par des gamins ou une flotte de camions et de tractopelles : à votre avis, quelle est la méthode la plus efficace et employée par les sociétés minières?
    Bref, ATTALI fidèle à lui-même : beau parleur, mais n’ayant jamais rien fait de concret.

  4. Et bien il a enfoncé un bon paquet de cliché. Au bout d’un moment il faut lâcher la grappe au plus jeune.
    Les années 80 c’était bien, mais nous sortir que la France a des atouts électrique grâce au nucléaire. La France a un atouts EDF entreprise nationale qui a fabriqué sur ordre un réseau de production et de distribution fort bien avant l’atome. Aujourd’hui l’atome se transforme en fardeau coûteux. La politique publique est malheureusement mise a mal par des politiques en manque de créativité et de vision malgré les différentes rapports. La possibilité de faire du 100% renouvelable avec des spécialistes des semi conducteur, la reconquête sur les panneaux solaires et la gestion électronique du réseau. Une France 3.0 après 2027

  5. Les VE n’utilisent aucune terre rare. Il n’y a rien de rare dans une batterie tous les corps utilisés se trouvent dans la moitié la plus abondante des corps chimiques, et les seuls métaux rares et chers utilisés dans une voiture sont le rhodium et le patine utilisés dans liés pots d’échappement des diesels!
    Quant au corps chimique le plus rare, l’uranium, il est le combustible des réacteurs nucléaires qui le transforment en chaleur !

  6. C’est faux… LE PROGRAMME DE CONSTRUCTION qui a démarré à la suite et pendant la fin du précédent construisant les réacteurs de palier N4 a commencé en 2005 et se poursuit sans interruption depuis cette date. La preuve c’est qu’il est toujours en cours mais les incompétents qui en sont chargés n’ont pas été viré en 2012 quand ils auraient dû nous remettre les clefs de ce qu’ils s’étaient engagés à construire… Ils sont même toujours là et chargés maintenant de la construction de 6 autres de ces machines à faillite sur la seule foi de leur échec! Il  » y a eu abandon que de la responsabilité des gouvernements successifs qui auraient dû faire cesser cette gabegie des 2012 avec le constat d’échec ! Il leur a été fait confiance bien au delà du raisonnable et il est scandaleux de parler d’abandon de la filière nucléaire pour expliquer cet échec !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *