Tesla a dévoilé cette nuit, sur le site d’essais de SpaceX au Texas, un Roadster qui roule à l’envers grâce à des ventilateurs aspirants, saute et vole en stationnaire avec des propulseurs à air comprimé, et affiche un 0 à 97 km/h en une seconde, puis un essai chronométré à 0,81 seconde en direct. Elon Musk annonce une production en 2028. Ni prix ni date européenne. Voici l’essentiel, puis le fil de la soirée, minute par minute.
Fin de la présentation : ce qu’il faut retenir
Une présentation de 23 minutes, et voici ce que Tesla a annoncé. Le nouveau Roadster est une deux places conçue avec SpaceX. Un système d’aspiration par ventilateurs lui donne jusqu’à 2 G d’appui, assez pour rouler à l’envers : 4 697 kg affichés à 20 mètres de haut. Des propulseurs à air comprimé (600 litres, 250 kg d’air, 10 tuyères, plus de 80 kN) lui permettent de sauter, de se retourner en l’air et de voler en stationnaire. Le 0 à 60 mph (97 km/h) est annoncé en une seconde, et 0,81 seconde en direct, avec la promesse de faire mieux en série. La vitesse de pointe dépasserait 230 mph, environ 370 km/h. Ce sera, selon Elon Musk, la seule Tesla à conduite manuelle à long terme. La production est annoncée pour 2028. Tesla n’a donné ni prix, ni date pour l’Europe.
Dernier numéro : le Roadster en vol stationnaire
« Faisons la dernière chose. » Pour clore la soirée, le Roadster s’élève au-dessus de la piste, propulseurs dirigés vers le sol, se maintient quelques instants en l’air puis se repose dans un nuage de fumée, non loin du Tesla Semi chargé de voitures. La diffusion s’achève à 3 h 23 sur des images du Roadster et de ses quatre jets de propulseurs.

Production en 2028 : « la première meilleure voiture volante, et la dernière meilleure voiture de conducteur »
À la question « Quand voulez-vous la livrer aux clients ? », la réponse tombe sur scène : « Nous entrons en production en 2028. » Elle est suivie d’un « vraiment, pour de vrai », en clin d’œil aux reports successifs depuis 2017. Tesla résume la soirée en une formule : « Aujourd’hui, nous construisons la première meilleure voiture volante au monde, et la dernière meilleure voiture de conducteur. » Aucun prix ni aucune date de livraison en Europe n’ont été annoncés à ce stade. L’équipe annonce encore « une dernière petite chose ».
Plus de 370 km/h en pointe, et un défi : sauter un canyon comme Evel Knievel
Elon Musk présente le Roadster comme « la voiture de série la plus rapide au monde » sur le 0 à 60 mph. Il assure qu’il parcourra « un demi-mile dans le temps où les autres voitures font un quart de mile ». En vitesse de pointe, la voiture « peut dépasser 230 miles par heure », soit environ 370 km/h, « avec un peu de chance ». Musk parle aussi « d’aller encore beaucoup plus vite ». Il annonce une démonstration à venir : retenter le saut du canyon de la Snake River, raté par le cascadeur Evel Knievel en 1974. Il faudra pour cela « atteindre la moitié de la vitesse du son », « Mach 0,5, peut-être un peu plus », soit plus de 600 km/h. « Défi accepté », lui répond l’équipe. Aucune date n’a été donnée.
0,81 seconde en direct, et 80 kilonewtons de poussée
Le Roadster refait un essai d’accélération en direct, « réglé au maximum », sur une piste trop courte pour aller au bout, précise l’équipe. Pendant l’attente du chrono, Tesla explique que les quatre propulseurs arrière éjectent leur jet « plus vite que la vitesse du son », d’où les « diamants de choc » visibles à l’écran, et produisent « plus de 80 kilonewtons de poussée ». Puis le temps tombe sur scène : « 0,81 seconde ». Elon Musk : « Nous pensons pouvoir faire mieux. » Selon lui, la version de série sera plus rapide encore, en vertu de la loi de Newton : plus de force et moins de masse, c’est plus d’accélération.

0 à 97 km/h en 1 seconde affiché, Elon Musk veut « moins d’une seconde »
Tesla diffuse une vidéo d’essai filmée du dessus : le chronomètre s’arrête à 00:00:01:00, puis l’écran affiche « 0-60 mph 1 sec », soit 0 à 97 km/h en une seconde. Pour comparaison, Tesla annonçait 1,9 seconde en 2017. Elon Musk n’est pas satisfait : « J’ai dit moins d’une seconde », et il demande un nouvel essai en direct, réglé « au maximum ».

Deux places, direction et freins « by wire », aileron mobile et plus de 2 G en virage
Franz von Holzhausen détaille la voiture, inspirée de l’aéronautique, et cite en particulier l’avion espion SR-71. C’est une deux places. Les sièges sont moulés dans le châssis pour gagner du poids. Le volant en forme de manche (« yoke »), le freinage et l’accélérateur sont entièrement électriques, sans liaison mécanique (« by wire »). À l’arrière, dans le diffuseur, se cachent les propulseurs et les ventilateurs. La carrosserie se transforme : un mode « faible traînée » et un mode « fort appui », avec un aileron arrière à incidence variable réglé automatiquement. Le système d’aspiration doit permettre de prendre les virages à « plus de 2 G », contre environ « 1,6 G » pour l’adhérence des seuls pneus. À basse vitesse, il plaque la voiture au sol. À haute vitesse, il s’ouvre à l’avant et à l’arrière pour faire passer encore plus d’air sous la voiture.
Propulseurs à air : 600 litres, 250 kg d’air, 10 tuyères, et pas de carburant spécial
Lars Moravy, qui se présente comme « l’homme des fiches techniques », donne les chiffres des propulseurs, une technologie empruntée à SpaceX. La voiture embarque deux réservoirs sous pression en composite, de 600 litres au total, qui contiennent environ 250 kg d’air. Ils alimentent 10 tuyères. Le réservoir à ultra-haute pression se recharge par la voiture elle-même : « Il n’y a pas besoin de propergol spécial. Elle va littéralement se regonfler toute seule », pour enchaîner ces manœuvres « quand vous voulez ». Elon Musk, sur la légalité : « Je ne suis pas sûr qu’elle soit légale dans toutes les juridictions », mais ce sera une voiture que l’on pourra posséder : « Ils pourront avoir une voiture-fusée. »
Le « kickflip » : le Roadster saute à l’envers par-dessus un Tesla Semi
Deuxième démonstration, plus longue. Le Roadster prend son élan sur la piste, s’envole, se retourne en l’air propulseurs allumés au-dessus d’un Tesla Semi et des véhicules alignés, et retombe sur ses roues. « Tony Hawk serait fier. Nous appelons ça le kickflip », lance Elon Musk, qui assure qu’ils auraient pu sauter « au-dessus de toute notre flotte ». Et il insiste : « Ce sera une vraie voiture, qui roulera sur les routes. »

Des propulseurs de fusée : « Il peut voler comme une fusée »
Le Roadster se montre enfin en pleine lumière, blanc, avec des portières à ouverture verticale et Starman au volant : « Précisons que ce n’est pas un vrai humain », plaisante Elon Musk. Puis vient l’annonce la plus folle : la voiture dispose de « propulseurs de contrôle d’attitude et de propulseurs principaux à l’arrière ». Elle peut donc « voler, en gros, comme une fusée », et même faire « des tonneaux » et « une gymnastique folle ». Musk prévient : ce n’est « pas forcément une voiture optimisée pour la sécurité », mais elle « pousse le compteur de plaisir à 11 sur 10 ».

Le secret : un système d’aspiration par ventilateurs, jusqu’à 2 G
Tesla explique comment le Roadster tient à l’envers : « un système d’aspiration par ventilateur sous la voiture, qui peut tirer jusqu’à 2 G », soit deux fois son poids, complété par « de la technologie empruntée à SpaceX ». Elon Musk, hilare : « Cette voiture aspire vraiment. Elle pourrait aspirer une balle de tennis à travers un tuyau d’arrosage. » Il assure que ce n’est pas qu’un numéro de cirque : cet appui permet de prendre des virages « comme si on cassait les lois de la physique, parce que la voiture colle au sol si fort ». Sa promesse : en accélération comme en virage, le Roadster « va écraser tous les records de circuit qui aient jamais existé ». Tesla annonce aussi le retour de « Starman », le mannequin envoyé dans l’espace en 2018 à bord du premier Roadster.
Le Roadster roule à l’envers à 20 mètres de haut : 4 697 kg d’appui affichés
C’était donc ça, la rampe. Le Roadster s’élance, grimpe la paroi presque verticale et passe la tête en bas sous le surplomb, avant de redescendre et de finir dans un nuage de fumée sur la piste. Au sommet, les compteurs affichés par Tesla indiquent un appui aérodynamique (« downforce ») de 4 697 kg, une inclinaison de 170° et une altitude de 67,2 pieds, soit environ 20,5 mètres. Un peu plus bas, l’appui monte à 4 703 kg. Pour rester collée au plafond, la voiture doit plaquer au sol bien plus que son propre poids. Elon Musk, en sortie de démonstration : « Peter Thiel a dit un jour qu’on nous avait promis des voitures volantes et qu’à la place, nous avons eu 140 caractères. Eh bien, plus maintenant. […] Et ce n’est pas la dernière chose que vous verrez. »

Le voici : le nouveau Roadster apparaît au pied de la rampe
Après un compte à rebours et des vues en transparence du châssis et d’une roue, le nouveau Roadster apparaît à 3 h 06, vu de dos, au pied de la rampe géante : une silhouette basse et large, un bandeau de feux rouge sur toute la largeur, quatre sorties à l’arrière et une plaque « RDSTR ».

« La seule voiture à conduite manuelle que Tesla fabriquera »
Première annonce de fond. Rappelant que « l’avenir est autonome », Elon Musk précise que le Roadster ne sera pas une voiture autonome : « Ce sera, à long terme, la seule voiture à conduite manuelle que Tesla fabrique. » Il ajoute : « Si vous ne devez avoir qu’une seule voiture à conduite manuelle, autant l’emmener jusqu’aux limites, et bien au-delà. » Pour la démonstration de ce soir, la voiture est toutefois « techniquement autonome », « pour être sûr de ne tuer personne ». Musk prévient enfin : « Le succès n’est pas garanti. […] Ça marchera probablement. Mais si ça ne marche pas, nous sommes à une distance de sécurité. » Un compte à rebours a été lancé à 3 h 05.
Elon Musk : « Ce que vous allez voir de vos yeux, vous ne le croirez pas »
Franz von Holzhausen et Lars Moravy ont rappelé que le premier Roadster a été présenté il y a « 20 ans », comme une « preuve de concept » qui a montré que la voiture électrique était viable, et que la dernière fois que Tesla et SpaceX ont réuni un Roadster, c’était pour l’envoyer en orbite. Elon Musk les a rejoints à 3 h 02 : « Il nous fallait un public pour prouver que ce n’est pas de l’IA », ni de la « SI », la superintelligence. « […] Ce que vous verrez de vos yeux, vous ne le croirez pas. » Il présente le Roadster comme le fruit d’une « collaboration entre la meilleure entreprise automobile du monde et la meilleure entreprise de fusées du monde », fruit du travail « étroit » d’ingénieurs de Tesla et de SpaceX, « mieux que n’importe quelle voiture de James Bond ».

Franz von Holzhausen et Lars Moravy ouvrent la soirée : « Nous espérons que vous avez apprécié notre petit essai du Raptor »
Après cinq minutes de logo « ROADSTER » qui change de couleur, la présentation a commencé à 3 h. Sur scène, le designer en chef de Tesla, Franz von Holzhausen, et Lars Moravy accueillent le public : « Bienvenue à McGregor. […] Nous espérons que vous avez apprécié notre petit essai statique du Raptor », allusion au moteur de fusée allumé avant le spectacle. Ils confirment le lieu : le centre d’essais et de développement de fusées de SpaceX à McGregor, au Texas, « 4 000 acres » (environ 1 600 hectares), et remercient SpaceX de les accueillir.

C’est parti : la diffusion de Tesla a commencé
La diffusion officielle de Tesla est en ligne sur X depuis 2 h 55, heure de Paris. Elle s’ouvre sur un écran noir et le nom « ROADSTER » en lettres rouges. Plus d’un millier de spectateurs sont connectés dès la première minute. Suivez les annonces ici, au fil de la présentation.

« Tesla x SpaceX » : Elon Musk confirme l’alliance, un moteur Raptor tourne sur le site
À 2 h 44, Elon Musk a partagé le lien de la diffusion avec trois mots : « Tesla x SpaceX ». Deux minutes plus tard, il ajoutait : « Le succès n’est pas certain, mais l’excitation, si ». Sur place, à 2 h 40, Sawyer Merritt rapporte que SpaceX « teste en ce moment un moteur Raptor V3 » sur le site, pendant que les invités s’installent. Notre lecture : le Roadster devrait être présenté comme un produit des deux entreprises, ce qui irait dans le sens du pack « SpaceX » annoncé en 2018.
Dans 12 minutes : la diffusion de Tesla est prête
La page de la diffusion de Tesla sur X est ouverte et affiche un début à 2 h 55, heure de Paris : la diffusion de Tesla sur X. Tesla a fait patienter ses abonnés à sa façon : à 2 h 01, son compte officiel a publié, sans un mot, un court extrait animé de Shrek, l’air de trouver le temps long. Sur place, les invités ont pris position face à la rampe. Dès le début de la présentation, nous publierons ici chaque annonce, avec les captures de la diffusion.
Deux véhicules sous bâche, et un « WTF » devant la rampe
À 37 minutes du début, les invités découvrent le décor. À 2 h 06, Sawyer Merritt filme deux véhicules couverts de bâches noires devant un bâtiment éclairé en rouge : « On dirait qu’il y aura d’autres choses à découvrir après le dévoilement du véhicule. » Tesla présentera donc autre chose que le Roadster cette nuit. À 2 h 13, Éric Larchevêque photographie la rampe depuis la tribune avec un seul commentaire : « WTF ». À ses côtés, @TokenEconomist7 avance son pronostic : le Roadster va « s’arrêter en l’air sur la rampe puis redescendre » sur des coussins d’air. Ce n’est qu’un pari d’invité, mais il colle aux propulseurs promis en 2018.

Une rampe géante sur le site de SpaceX : « Vous n’êtes pas prêts »
Les invités sont arrivés, et la première image est saisissante. À 1 h 27, Sawyer Merritt (@SawyerMerritt) annonce qu’il vient d’arriver au « centre d’essais de moteurs de fusée de SpaceX à McGregor ». Une minute plus tard : « Vous n’êtes pas prêts pour la démonstration du Tesla Roadster de ce soir. Il y a une rampe gigantesque ». Ses vidéos montrent une immense courbe blanche, dressée presque à la verticale sur une structure métallique et entourée de projecteurs, face à la tribune des invités. On y voit aussi un Tesla Semi garé près des tentes. Notre lecture : une rampe de ce genre sert à faire décoller un véhicule, ou à le faire monter le long d’une paroi presque verticale. Avec les bouchons d’oreille et la promesse d’une démo « BANGER » au sens propre, l’hypothèse d’une démonstration avec propulseurs se renforce. À vérifier à partir de 2 h 55.

Éric Larchevêque salue le direct de Tesla Mag
Petit clin d’œil depuis le Texas. À 0 h 18, Tesla Mag a écrit à Éric Larchevêque (@EricLarch) sur X que nous suivions la présentation en direct, en français, et que nous reprenions ses posts depuis McGregor. Sa réponse, à 0 h 36 : « Super ! 🙂 ». Il sera donc nos yeux sur place cette nuit, aux côtés des autres invités, comme Sawyer Merritt et Whole Mars Catalog. Leurs publications seront relayées ici, en citant leurs auteurs.
Direction McGregor, et « pas d’embargo » : les premières images arriveront vite
Les invités sont en route. À 0 h 34, Éric Larchevêque (@EricLarch) écrit qu’il roule « vers la base de McGregor », le site d’essais de SpaceX au Texas, « clairement pas en Cybercab mais dans un bus qui pour l’instant ne vole pas ». Le lieu de la démonstration, que Tesla n’avait pas nommé, est donc bien celui qu’annonçait la presse américaine. À 0 h 20, Sawyer Merritt, lui aussi invité, précise qu’il n’y a « pas d’embargo » : les participants pourront publier leurs photos et leurs vidéos dès leur arrivée. Nous les relaierons ici, en citant leurs auteurs.
Premier indice sur place : des bouchons d’oreille distribués aux invités
Au Texas, l’accueil des invités a commencé, et il donne un premier indice. À 0 h 12 (heure de Paris), Éric Larchevêque (@EricLarch) écrit sur X : « Premier indice… Après le check-in, on nous a remis des bouchons d’oreille ! » Il ajoute qu’il a pu garder son téléphone et sa caméra, et qu’il va pouvoir « faire toutes les images » qu’il veut. Le transfert vers le site de démonstration se fait en navette, « a priori un bus tout simple… Pas de Cybercab à l’horizon ». Whole Mars Catalog, également sur place, confirme : « Les participants à la présentation du Roadster reçoivent des bouchons d’oreille. » Notre lecture : des bouchons d’oreille pour une voiture électrique, réputée silencieuse, voilà qui rappelle la démonstration « BANGER », « peut-être au sens propre », promise par Elon Musk. Des propulseurs, une détonation, un passage à très haute vitesse ? Réponse à partir de 2 h 55.

Un Français parmi les invités : « moins de 500 participants »
Éric Larchevêque (@EricLarch), cofondateur de Ledger, sera dans la salle cette nuit. À 22 h 11 (heure de Paris), il a écrit sur X depuis le Texas : « Nous sommes arrivés sur le lieu de rendez-vous, d’où nous allons être transportés vers le site de démonstration. L’événement est beaucoup plus exclusif que ce que je pensais. On devrait être moins de 500 participants ! Départ dans 90 minutes. » Les invités ne vont donc pas directement sur le site : une navette les emmène vers le lieu de la démonstration, que Tesla n’a toujours pas nommé. Quelques heures plus tôt, il prévenait ses abonnés qu’il n’avait « pas vraiment d’idée » de ce qu’il allait voir. Notre lecture : une jauge aussi réduite et un transfert en navette collent avec une démonstration en extérieur sur un site d’essais fermé, comme celui de SpaceX à McGregor.
Tesla publie le lien de la diffusion, Elon Musk raconte le premier client du Roadster
C’est officiel : à 19 h 41, Tesla a publié sur X le lien de sa diffusion, intitulée « Roadster event livestream ». Elle démarre vendredi 16 octobre à 2 h 55, heure de Paris : la diffusion de Tesla sur X. Le lien est aussi en haut de cette page. Dans la foulée, à 19 h 52, Elon Musk a partagé une anecdote. Konstantin Othmer, propriétaire d’un Roadster de première génération, lui écrivait que sa voiture « roule toujours 20 ans plus tard, batterie toujours en forme », et qu’il avait réservé le nouveau modèle dès 2013. Elon Musk lui a répondu : « Quand Konstantin m’a appelé à l’époque, je lui ai dit que je n’avais aucune idée de ce à quoi il ressemblerait ni de quand il serait fabriqué, mais il a quand même eu la foi de verser un acompte ».
Voiture volante, « robot hypercar », calendrier grégorien : la communauté décode les indices
Le décor se précise. D’après l’agence Reuters, Tesla présente le Roadster sur le site d’essais de SpaceX au Texas, à McGregor. Des images des préparatifs de la veille, tirées du flux vidéo que le média spécialisé NASASpaceflight braque en permanence sur le site, circulent sur X. Ce décor alimente toutes les spéculations. Whole Mars Catalog, l’un des comptes les plus suivis de la communauté Tesla, présente le Roadster comme le « premier véhicule conçu en collaboration entre Tesla et SpaceX », puis comme le « premier robot hypercar ». D’autres comptes très suivis posent directement la question : « Et si les voitures pouvaient voler… ». Même le « Timing is everything » d’Elon Musk est passé au crible. Un internaute rappelle que le 15 octobre est la date du passage au calendrier grégorien, en 1582 : dix jours supprimés d’un coup. Notre lecture : un saut, un vol stationnaire ou une accélération assistée par des propulseurs serait cohérent avec le « au sens propre » d’Elon Musk et avec le choix d’un site de SpaceX. Mais rien de tout cela n’est confirmé avant 2 h 55.
Ce qu’on surveillera cette nuit
Les questions que pose la présentation, en attendant les réponses de Tesla. Le prix : en 2017, Tesla demandait 50 000 dollars d’acompte, et 250 000 dollars pour la série « Founders ». Le tarif final reste inconnu. Les chiffres de 2017 : 0 à 97 km/h en 1,9 seconde et 1 000 km d’autonomie. Tesla va-t-il les confirmer, ou les dépasser comme le laisse entendre Elon Musk ? Le pack « SpaceX » et ses propulseurs : c’est la promesse la plus folle de 2018, et la plus attendue ce soir. La date de livraison, et la question de l’Europe. Rendez-vous à 2 h 55.
« La plus grande démonstration produit de tous les temps » ?
Elon Musk a placé la barre très haut. Dans la nuit de mercredi à jeudi, à 3 h 54 (heure de Paris), il écrivait sur X que le nouveau Roadster est « candidat au titre de plus grande démonstration produit de tous les temps ». Le post a dépassé les 24 millions de vues et les 53 000 « J’aime » en une quinzaine d’heures. La veille, il avait repris l’annonce de l’horaire de Tesla avec trois mots : « Timing is everything » (« Tout est une question de timing »). Côté communauté, les grands comptes américains ont ouvert la journée en mode compte à rebours : « Happy Roadster unveil day » pour Whole Mars Catalog, qui rappelle que plus de neuf ans ont passé depuis la première présentation du Roadster, en novembre 2017.
Notre lecture : ce que les messages d’Elon Musk laissent deviner
Analyse de la rédaction, à prendre comme des hypothèses : rien de ce qui suit n’est confirmé par Tesla. Quand Elon Musk évoque une démonstration explosive « au sens propre », difficile de ne pas penser au pack « SpaceX » qu’il décrivait en 2018 : une dizaine de petits propulseurs à air comprimé intégrés à la carrosserie. Un tel système ferait du bruit, et justifierait une présentation en plein air près du site d’essais de SpaceX à McGregor. Le « au-delà de l’humain » ouvre une autre piste : des performances qu’aucun pilote ne pourrait exploiter seul, ou une voiture conçue avec l’aide de l’intelligence artificielle. Reste la référence à Steve Jobs : Elon Musk ne la reprend pas au hasard. Il promet un moment fondateur, pas une simple mise à jour d’un projet annoncé en 2017. Réponse à partir de 2 h 55.
Éric Larchevêque : « Le niveau de hype devient stratosphérique »
Côté français, l’entrepreneur Éric Larchevêque (@EricLarch), cofondateur de Ledger et juré de Qui veut être mon associé ?, a traduit le message d’Elon Musk à 14 h 46 : « Le niveau de hype d’Elon Musk devient stratosphérique ! Réponse dans 12 heures… ». Il avait déjà posté un simple « Hyped » à 11 h 45. Aux États-Unis, Sawyer Merritt, l’un des comptes les plus suivis de la communauté Tesla (1,1 million d’abonnés), qui sera sur place, a ouvert sa journée à 16 h 38 : « Happy Tesla Roadster unveil day! This is a day we won’t forget ».

Avant la présentation : Elon Musk fait monter la pression sur X
À 14 h 37 (heure de Paris), Elon Musk a publié un court poème : le nouveau Roadster serait « au-delà des films, au-delà de l’imagination, au-delà de l’humain », mais « toujours fabriqué par des humains sur Terre ». Le post dépassait les 45 000 « J’aime » et les 2 millions de vues en fin d’après-midi. Une minute plus tard, il reprenait le message d’un internaute qui comparait l’attente à celle de la présentation du premier iPhone par Steve Jobs, avec ce commentaire : « Le monde entier va regarder ça ». Plus tôt, à 5 h 19, il promettait une démonstration « BANGER », « probablement au sens figuré », mais avec « une chance » que ce soit au sens propre.

Elon Musk promet une démonstration « BANGER »
Jeudi à 5 h 19 (heure de Paris), Elon Musk a donné le ton sur X : la démonstration sera un « BANGER », « probablement au sens figuré », mais avec « une chance » que ce soit au sens propre. La veille, à 19 h 19, le compte officiel de Tesla avait simplement demandé : « Anything happening tomorrow? ».
Le direct est ouvert : la présentation du Roadster commence cette nuit à 2 h 55
Tesla diffuse la présentation du nouveau Roadster en direct sur X à partir de 19 h 55, heure du Texas, soit 2 h 55 à Paris, dans la nuit de jeudi à vendredi. Le compte à rebours de la page Roadster de tesla.com s’arrête à 3 h, heure de Paris. Tesla Mag suit la soirée en direct, de l’avant-présentation jusqu’aux annonces : prix, autonomie, accélération, livraisons.

Le contexte, avant la présentation
Neuf ans après l’avoir dévoilé une première fois, Tesla présente cette nuit le nouveau Roadster, au Texas. La diffusion commence à 2 h 55, heure de Paris. Sur place, les premiers indices sont déjà tombés : des bouchons d’oreille pour les invités, un site d’essais de SpaceX, et une démonstration promise « BANGER » par Elon Musk.
Où et quand
Tesla diffuse la présentation sur X à partir de 19 h 55, heure du Texas, soit 2 h 55 à Paris, d’après son post du 14 octobre. Le compte à rebours de la page officielle du Roadster s’arrête à 3 h. Tesla n’a jamais nommé le lieu de l’événement, mais les invités, eux, l’ont fait : à 0 h 34, l’entrepreneur français Éric Larchevêque a écrit qu’il roulait en navette « vers la base de McGregor », le site d’essais de SpaceX. L’événement est réservé à « moins de 500 participants », selon lui.
Les indices de la soirée
Des bouchons d’oreille. À l’enregistrement, les invités ont reçu des bouchons d’oreille, rapportent Éric Larchevêque et Whole Mars Catalog. C’est inattendu pour une voiture électrique, réputée silencieuse.
Une démonstration « BANGER ». Jeudi à 5 h 19, Elon Musk promettait sur X une démonstration « BANGER », « probablement au sens figuré », mais avec « une chance » que ce soit au sens propre. Dans la nuit précédente, il qualifiait le nouveau Roadster de « candidat au titre de plus grande démonstration produit de tous les temps ».
« Au-delà de l’humain ». À 14 h 37, il ajoutait que le Roadster était « au-delà des films, au-delà de l’imagination, au-delà de l’humain », mais « toujours fabriqué par des humains sur Terre ». Puis : « Le monde entier va regarder ça. »
Notre lecture : des bouchons d’oreille, un site de SpaceX et une démonstration explosive « au sens propre » renvoient tous au pack « SpaceX » qu’Elon Musk décrivait en 2018, avec ses petits propulseurs à air comprimé. C’est une hypothèse, que la présentation confirmera ou non.
Ce que Tesla avait promis en 2017
En novembre 2017, Tesla annonçait un 0 à 97 km/h en 1,9 seconde, plus de 400 km/h en pointe et 1 000 km d’autonomie, des chiffres repris dans sa lettre aux actionnaires du 7 février 2018. La page officielle du Roadster n’affiche aujourd’hui ni performances, ni autonomie, ni prix : seulement le compte à rebours et le bouton de réservation.
Ce que nous surveillerons cette nuit
Le prix de série, les performances confirmées ou dépassées, la réalité du pack « SpaceX », la date des premières livraisons, et ce que Tesla dira de l’Europe. Les prix annoncés seront donnés en dollars, sans conversion présentée comme un prix français.

