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Un VW ID.3 qui prend deux places. Une Mercedes châssis-cabine qui bloque toute une rangée. Une Tesla garée à côté qui se retrouve privée de sa propre borne. Ce n’est pas un accident isolé — c’est une conséquence directe et prévisible de l’ouverture du réseau Superchargeur à des véhicules conçus sans aucune compatibilité physique avec lui. Et avec l’explosion du parc électrique non-Tesla en France, ça ne fait qu’empirer.
Le problème que tout le monde voit, mais dont personne ne parle officiellement
Sous notre dernier article sur la saturation des Superchargeurs, un commentaire signé d’un propriétaire Tesla a résumé la situation avec une précision clinique :
« Le problème n’est pas seulement le fait d’avoir ouvert la charge aux autres marques, mais qu’en plus leur prise de charge est inversée. Un véhicule VW par exemple prend non seulement une place et une borne, mais la Tesla qui se gare à côté se voit privée de la prise occupée par son voisin. Ce week-end encore, un châssis-cabine Mercedes est venu charger à côté de moi à Courtrai — ce type de véhicule doit se garer en avant, bloque deux places en largeur et charge à droite. »
Voilà le cœur du problème. Il ne s’agit pas d’incivilité. Il ne s’agit pas de mauvaise volonté. Il s’agit d’une incompatibilité physique fondamentale entre l’architecture du réseau Superchargeur — pensée pour Tesla et sa prise arrière gauche — et des dizaines de modèles électriques qui ont leur port de charge à l’opposé.
Pourquoi la prise est-elle à droite chez tant de constructeurs ?
C’est une décision d’ingénierie prise indépendamment par chaque constructeur, sans norme commune. Alors que Tesla a placé sa prise à l’arrière gauche, tout le groupe Volkswagen — qui regroupe VW, Audi, Skoda et Cupra — a opté pour l’arrière droit sur ses plateformes MEB. BMW, Mini, Mercedes et Smart ont suivi la même logique, plaçant eux aussi leur trappe arrière sur le côté droit.
D’autres constructeurs ont fait des choix encore plus déroutants : la Nissan Leaf, la Renault Zoé, la Dacia Spring ou la Honda e ont leur connecteur au milieu du capot avant. La Ford Mustang Mach-E et la Jaguar I-Pace l’ont à l’avant gauche. La Porsche Taycan, elle, l’a à l’avant droit.
Résultat : les constructeurs ont joué la carte de l’originalité avec les voitures électriques en disposant les prises aux quatre coins — à l’arrière gauche pour les Tesla, à l’arrière droite pour les électriques Volkswagen, sur l’aile avant gauche pour le Ford Mustang Mach-E, sur l’aile avant droite pour la Porsche Taycan, au milieu à l’avant avec le MG ZS EV. Une tour de Babel électrique.
Concrètement, que se passe-t-il au Superchargeur ?
Le Superchargeur a été conçu pour un usage précis : une Tesla se gare en marche arrière, la prise est à l’arrière gauche, le câble de la borne — court par conception — atteint sans effort la trappe du véhicule. Deux bornes sont disposées en paires, dos à dos, pour optimiser l’espace.
Du fait que chaque Tesla nécessite le même côté pour ses charges, et que la contrainte de la place sur les emplacements soit importante, les câbles ne sont pas très longs. Pour pouvoir recharger, mieux vaut se garer très proche de la stèle. Chez le groupe Volkswagen, qui regroupe des marques comme Audi et Skoda, la prise de recharge se situe sur le côté arrière droit — et cela pose problème. Pour se garer en vue de la longueur du câble des Superchargeurs Tesla, il est nécessaire d’utiliser la borne se situant à la droite du véhicule.
La conséquence est mécanique et inévitable : si un modèle ne dispose pas d’une prise à l’arrière gauche ou à l’avant droit, il sera obligé d’occuper inutilement deux places. Et quand il prend deux places, la Tesla censée occuper la place d’à côté se retrouve privée de sa borne — celle que le non-Tesla a dû utiliser pour que son câble atteigne sa trappe.
Ce n’est pas de l’incivilité. C’est de la physique.
Les modèles concernés : un parc qui explose en France
Voici les principaux véhicules qui posent aujourd’hui ce problème structurel sur le réseau Superchargeur français. La liste est longue — et elle grossit chaque trimestre.
Prise arrière droite (les plus fréquents sur le réseau) :
- Volkswagen ID.3, ID.4, ID.5, ID.7, ID. Buzz
- Audi Q4 e-tron, Q6 e-tron, e-tron GT
- Skoda Enyaq iV, Elroq
- Cupra Born, Tavascan
- BMW i4, i5, i7, iX, iX1, iX3
- Mini Cooper Electric, Countryman Electric
- Mercedes EQA, EQB, EQC, EQE, EQS
- Smart #1, #3
Prise avant (problème d’angle différent, mais réel) :
- Porsche Taycan (avant droit)
- MG ZS EV, MG4, MG5 (milieu avant)
- Renault Mégane E-Tech (avant droit)
Prise avant gauche (compatibles en se garant en marche avant) :
- Ford Mustang Mach-E
- Jaguar I-Pace
Ce n’est pas une liste marginale. Ce sont des dizaines de milliers de véhicules en circulation en France, dont la présence au Superchargeur va mécaniquement croître avec la progression du marché électrique.
Le V4 règle-t-il vraiment le problème ?
C’est l’argument rassurant qu’on entend souvent. Et il est partiellement vrai. La longueur du câble pour les Superchargeurs V4 est d’environ 2,9 à 3 mètres, offrant ainsi plus de flexibilité aux propriétaires de véhicules électriques. Cette augmentation de la longueur du câble devrait éliminer les problèmes liés au stationnement sur ces nouvelles bornes.
Tesla confirme d’ailleurs officiellement que tous les Superchargeurs V4 sont équipés d’un câble plus long, offrant un accès facile pour tous les véhicules électriques.
Mais voilà le problème : la France compte aujourd’hui plus de 700 stations Superchargeur, dont la grande majorité est encore équipée de bornes V2 ou V3. Les bornes V4 disposent de câbles de 3 mètres, ce qui facilite l’accès aux véhicules avec un port de charge à droite ou à gauche — mais 3 mètres ne suffisent pas toujours pour un châssis-cabine ou un fourgon dont la trappe est positionnée loin du centre du véhicule. Et surtout, tant que les V3 restent majoritaires sur le réseau, le problème est entier.
Le V4 est une partie de la réponse. Pas la réponse complète.
Solutions : ce que Tesla peut faire aujourd’hui
1. Signalétique au sol obligatoire avec flèche de sens de stationnement Chaque borne devrait avoir au sol un marquage clair indiquant le sens de stationnement optimal selon la position de la prise. Simple, peu coûteux, immédiatement déployable via simple peinture ou autocollant résistant. Sur certaines stations V4, des marquages au sol clairs ont déjà été intégrés, une bonne pratique qui devrait être généralisée à l’ensemble du réseau.
2. Interdiction algorithmique pour les modèles structurellement incompatibles Tesla connaît précisément le modèle de chaque véhicule qui se connecte à son réseau. Il serait techniquement possible de bloquer l’accès à certaines bornes pour les modèles dont la configuration de prise est incompatible avec un stationnement en une seule place — ou a minima d’afficher un avertissement et des instructions de stationnement avant l’activation de la charge.
3. Bornes dédiées aux véhicules utilitaires et châssis longs Sur les grandes stations (16 bornes ou plus), réserver 2 à 4 emplacements en bout de rangée, avec un gabarit plus large et un câble extended, pour les utilitaires et les véhicules à configuration atypique. Ces emplacements pourraient être signalés comme « Large Vehicle » — exactement comme les places de parking adaptées aux camping-cars.
4. Accélération du remplacement V3 → V4 sur les stations à fort trafic non-Tesla Plutôt que de déployer prioritairement les V4 sur de nouvelles stations, Tesla devrait cibler en priorité la mise à niveau des stations existantes situées à proximité de zones commerciales à forte affluence de non-Tesla. Un programme de rétrofit ciblé, basé sur les données de sessions de recharge par marque.
5. Information proactive dans l’app Tesla Quand un non-Tesla configure une session sur une borne V3, l’application devrait afficher automatiquement un schéma de stationnement adapté à son modèle. Plusieurs constructeurs fournissent déjà ce type de guidance — Mercedes recommande explicitement à ses conducteurs de ne pas stationner horizontalement ou en diagonale — mais cette information reste noyée dans les pages d’assistance. Elle devrait apparaître au moment critique : avant le branchement.
Ce que les autres constructeurs devraient faire — mais ne feront pas
Appelons les choses par leur nom. BMW, Volkswagen et Mercedes savent depuis des années que leurs véhicules sont incompatibles avec la configuration standard des Superchargeurs. Ils ont quand même commercialisé des centaines de milliers de voitures en France avec cette architecture. Et ils ont laissé à Tesla — et à ses propriétaires — le soin de gérer les conséquences.
Tesla décide de suivre sa stratégie d’ouverture : la configuration des stations de recharge devrait être universelle et prendre en compte les configurations de la grande majorité des voitures électriques existantes. Mais cela ne suffira pas tant que les constructeurs concurrents continueront à concevoir leurs véhicules en ignorant la réalité du terrain.
Une norme européenne imposant la position de la prise de recharge — ou a minima une double prise symétrique comme le propose déjà l’Audi e-tron — serait la vraie solution systémique. Mais inutile d’attendre Bruxelles pour ça.
Et vous, vivez-vous cette situation ?
La communauté Tesla Mag est présente sur tout le territoire français. Vous êtes nos meilleurs capteurs du terrain.
Dites-nous dans les commentaires :
🔴 Avez-vous déjà été privé de votre borne par un véhicule à prise côté droit garé de travers ?
🔴 Quelle marque ? Quelle station ? À quelle heure ?
🔴 Le conducteur était-il conscient du problème ou complètement indifférent ?
🔴 Avez-vous déjà vu la situation se résoudre spontanément — ou au contraire dégénérer ?
Vos témoignages nous permettront de documenter l’ampleur réelle de ce problème à l’échelle nationale, et de porter ces retours directement à l’attention de Tesla France. Car si ce phénomène n’est pas encore une priorité pour Palo Alto, il l’est depuis longtemps pour vous.

Bonjour,
Il y a une autre conséquence. Les constructeurs qui mettent leur trappe de recharge à droite se pénalisent eux-mêmes en se privant de tous les possesseurs de box pas assez large, nécessitant de serrer la voiture à droite pour pouvoir en sortir. La recharge ne peut alors que s’effectuer à gauche.
Cordialement
Il est étonnant de montrer en illustration une megane Etech et d’indiquer dans l’article que le modèle n’est pas compatible !?! La prise se situant à l’avant-droit, le conducteur se gare en marche avant et se retrouve exactement dans la bonne configuration comme le montre très bien la photo.
On peut également se demander pourquoi ce serait Tesla qui impose son positionnement de prise !?! (J’ai un model Y donc inutile de me taxer d’anti-Tesla).
Enfin, je trouve cette gueguerre menée par certains propriétaires de Tesla sur les réseaux sociaux un peu exagérée. Alors que je fais 40 à 50k kms par an, il ne m’est jamais arrivé en plus de 3 ans de ne pas pouvoir me brancher à cause d’une voiture mal configurée. Les stations Tesla ont maintenant assez souvent plusieurs dizaines de bornes et ne sont que très rarement surchargées. Dans ces cas là, ce n’est pas une ou deux bornes indisponibles pendant 20 minutes qui vont changer grand chose.
Le problème est là mais ce n’est pas en montant un système d’appartheid que cela doit se régler.
Les Smart ont la prise à l’arrière gauche. Ne pas écrire n’importe quoi.