Lors de la conférence de résultats du quatrième trimestre 2025 (tenue fin janvier 2026), Elon Musk a clarifié sa vision de la hiérarchie mondiale en robotique. Pour le patron de Tesla, la course aux humanoïdes n’est plus un marathon encombré, mais un sprint opposant deux superpuissances : Tesla et la Chine.
Alors que Tesla s’apprête à dévoiler la version 3 d’Optimus et à reconvertir les lignes de production des modèles S et X pour son robot, Musk a identifié trois piliers technologiques qui, selon lui, assurent l’avance de Tesla sur ses rivaux chinois.
Les Mains : Le Saint Graal de la Dextérité
Musk affirme que la conception des mains est « de loin la chose la plus difficile » dans la robotique humanoïde.
- L’approche Tesla : Les mains d’Optimus (Gen 3) visent une dextérité quasi humaine avec plus de 22 degrés de liberté. Tesla a dû concevoir ses propres actionneurs, moteurs et capteurs de force à partir de zéro, car la chaîne d’approvisionnement actuelle ne permettait pas la précision nécessaire pour des tâches complexes comme enfiler une aiguille ou manipuler des outils délicats.
- Le défi chinois : Bien que des entreprises comme Unitree ou XPENG aient montré des robots capables de prouesses physiques impressionnantes (comme le défilé « catwalk » d’XPENG Iron), Musk estime que la finesse électromécanique des mains de Tesla reste inégalée pour le travail de précision en usine.
L’IA en Monde Réel : Apprendre par l’Observation
Le deuxième pilier est l’intelligence artificielle capable de naviguer et de comprendre l’espace physique sans programmation explicite.
- L’héritage du FSD : Tesla capitalise sur des années de données accumulées par son système Full Self-Driving. Optimus utilise les mêmes réseaux neuronaux de vision pour interpréter son environnement. La version 3 d’Optimus est conçue pour apprendre en observant simplement les humains, une approche dite « end-to-end » qui évite les lignes de code rigides.
- La réponse de la Chine : La Chine possède un écosystème d’IA open-source extrêmement dynamique. Des modèles comme ceux de LimX Dynamics permettent déjà aux robots d’ajuster leurs mouvements en temps réel pour attraper des objets. Musk reconnaît que la Chine est « très forte en IA », mais parie sur l’intégration verticale de Tesla (puce AI5, logiciel et matériel) pour garder l’avantage sur l’autonomie décisionnelle.
Le Passage à l’Échelle : L’Usine est le Produit
C’est ici que Musk se montre le plus respectueux envers ses adversaires. Il a admis que « la Chine est incroyablement douée pour passer à l’échelle de la production ».
| Caractéristique | Stratégie Tesla (Optimus) | Stratégie Chine (XPENG, Unitree, etc.) |
| Production | Reconversion de l’usine de Fremont (capacité cible : 1M/an) | Soutien massif du gouvernement, écosystème de fournisseurs ultra-dense |
| Coût cible | ~20 000 $à 25 000$ à grande échelle | Déjà des modèles à ~22 000 $ (LimX Oli) |
| Déploiement | Interne d’abord (usines Tesla), puis vente fin 2027 | Vente agressive aux États-Unis et au Moyen-Orient dès 2026 |
Musk considère que Tesla a un avantage critique : l’expérience acquise lors de « l’enfer de la production » des voitures électriques. En traitant Optimus comme un véhicule simplifié, Tesla espère dominer les coûts de fabrication grâce à une intégration verticale totale.
Conclusion : Une Domination Partagée ?
Malgré son assurance habituelle, Elon Musk a nuancé ses propos en prédisant que Tesla et les entreprises chinoises finiront par dominer le marché mondial, laissant le reste de l’Occident derrière eux.
« Nous ne voyons actuellement aucun concurrent important en dehors de la Chine. La Chine sera notre concurrent le plus coriace. » — Elon Musk, Janvier 2026.
La bataille ne se joue plus seulement sur la capacité d’un robot à marcher ou à danser, mais sur sa capacité à remplacer un ouvrier de manière fiable, à bas coût et par millions d’exemplaires.
