Elon Musk affirme que Neuralink a terminé son deuxième produit. Baptisé Blindsight, l’implant doit permettre à des personnes totalement aveugles, y compris celles qui n’ont jamais vu, de voir. « Il est prêt du point de vue de l’ingénierie. Il n’attend plus que l’autorisation réglementaire », a-t-il écrit sur X le 30 octobre, vers 5 h (heure de Paris). Neuralink, de son côté, n’a encore rien publié sur ce point.
Ce qu’a écrit Elon Musk
Le message répond à un premier post, publié quelques minutes plus tôt, où le patron de Neuralink présente Telepathy comme le premier produit de l’entreprise : l’implant qui permet de commander un ordinateur, et désormais de parler, par la pensée. Nous racontions la veille les 72 heures passées par les ingénieurs de Neuralink chez un patient de l’essai VOICE.
Sur Blindsight, Elon Musk écrit, en anglais : « Notre deuxième produit s’appelle Blindsight et, comme son nom l’indique, il permettra même à ceux qui sont complètement aveugles ou qui n’ont jamais vu de voir. Il est prêt du point de vue de l’ingénierie. Il n’attend plus que l’autorisation réglementaire. » Le post dépassait 2,2 millions de vues en fin de matinée.
Dans la même nuit, il a ajouté une autre prévision : « dans quelques années », Neuralink espère pouvoir faire passer les signaux des zones motrices et sensorielles du cerveau jusqu’aux membres, pour permettre à des personnes paralysées de se servir de leurs mains et de remarcher. C’est un objectif, pas un calendrier annoncé par l’entreprise.
Ce que Neuralink a publié sur Blindsight
Une seule annonce officielle à ce jour. Le 17 septembre 2024, Neuralink a fait savoir que la FDA, l’autorité sanitaire américaine, avait accordé à Blindsight la désignation « Breakthrough Device », destinée aux dispositifs jugés prometteurs pour des maladies graves. Elle accélère les échanges avec l’agence et l’examen du dossier. Ce n’est pas une autorisation, ni de mise sur le marché, ni d’essai chez l’homme.
Sur la page des essais cliniques de Neuralink, consultée le 30 octobre, deux études sont ouvertes : le contrôle d’un ordinateur ou d’un bras robotisé par la pensée, pour des personnes tétraplégiques, et la restitution de la parole (VOICE). Aucune étude Blindsight n’y figure, et aucune n’a été annoncée sur le blog de l’entreprise.
Elon Musk avait déjà présenté Blindsight comme le « prochain produit » de Neuralink en septembre 2025 (notre article de l’époque). Treize mois plus tard, la nouveauté est qu’il le dit prêt et qu’il fait reposer la suite sur les autorités.
Ce qui n’est pas précisé
- Quelle autorité doit donner son feu vert, et dans quel pays aurait lieu le premier essai. Neuralink mène déjà des études aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis.
- La date d’une première implantation chez un patient, et le nombre de participants.
- Le niveau de vision visé. Ni Elon Musk ni Neuralink n’ont publié de résultat chez l’homme pour Blindsight.
Comment Blindsight doit fonctionner
Le principe décrit jusqu’ici par Elon Musk : contourner l’œil et le nerf optique en stimulant directement le cortex visuel, la zone du cerveau qui traite l’image, à partir de ce que filme une caméra. C’est pour cela qu’il parle aussi de personnes qui n’ont jamais vu. La stimulation du cortex visuel est étudiée depuis des décennies par la recherche académique ; Neuralink mise sur un implant plus dense, posé par son robot chirurgical.
Tout l’historique des essais, des patients et des annonces est dans notre dossier Neuralink en 2026, mis à jour à chaque publication de l’entreprise. Nos autres articles sont dans la rubrique Neuralink.
Neuralink rappelle que ses dispositifs sont expérimentaux et n’ont été approuvés ni par la FDA ni par aucune autre autorité réglementaire. Photo de couverture : un chirurgien dans le bloc opératoire de Neuralink. Photo : Neuralink.

