Gigafactory : l’ambition d’Elon Musk à la hauteur de ses usines colossales [DOSSIER]

Toujours plus soucieux de basculer d’un modèle classique au modèle idyllique d’un schéma énergétique durable, Tesla bouscule les codes, mais surtout le marché automobile mondial avec la construction de ses Gigafactory.

Avec l’ambition d’avoir l’usine la plus grande du monde d’ici quelques années, Elon Musk voit de plus en plus grand pour accélérer la transition écologique de ses véhicules. Autosuffisantes et alimentées par la plus grosse installation de panneaux solaires, les nouvelles usines de Tesla sont de vrais bijoux de technologie qui nous projette déjà dans un futur beaucoup plus vert.

Aujourd’hui trois de ses Gigafactory sont déjà construites et trois restent encore en cours de construction dont celle de Berlin qui ne fait pas toujours l’unanimité notamment auprès de ses concurrents. Cependant Tesla affiche clairement ses ambitions : des véhicules autonome énergiquement et, in fine, plus abordable ce qui ne plaît pas toujours.

Avec cette démarche, le constructeur automobile prévoit la création d’emplois qui, sur certains sites, peuvent atteindre jusqu’à 40 000 postes. Si celles-ci n’ont sur le papier que des avantages et promettent beaucoup, découvrons ce qu’en pensent les différents pays d’implantations de ces « supers usines » et comment elles ont décidées de gérer l’implantation de ses sites faramineux en accords avec leur culture et leur population.

Tesla Giga Nevada ou la première Gigafactory de Tesla

Gigafactory hero image
Tesla Gigafactory Nervada

Située dans l’État du Nevada aux Etats-Unis, la Gigafactory 1 de Tesla d’une superficie de 180 000 m²  a débuté sa construction en 2004. Promettant d’être totalement autosuffisante et de ne produire (presque) aucuns déchets liés à son activité, c’est naturellement aux Etats-Unis qu’Elon Musk a décidé de construire son premier site. Profitant d’un désert comme environnement, la Tesla Giga Nevada n’avait aucune raison d’embêter ses voisins, quasi-inexistants. Produisant essentiellement des batteries lithium-ion, cette (super) usine à l’ambition de réduire de 30% les coûts de production de la fameuse batterie de Tesla. En 2018, celle-ci produit la plus grosse quantité de batterie au monde en termes de kWh, plus que tous ces autres concurrents réunis, chapeau ! 

La Tesla Giga Nevada a plutôt bien été perçue par ses habitants mais surtout par le gouverneur du Nevada, Brian Sandoval, qui a estimé que l’État profiterait des retombées économiques à hauteur de 100 milliards de dollars, durant les deux décennies suivant la construction de l’usine. Déclaration contestée par certain économistes qui dénote une estimation « imparfaite » et ne tient pas en compte le nombre d’emplois créé mais aussi le nombre de visiteurs locaux venant s’installer dans l’état. Sachant que le nombre de postes est estimé à hauteur de 6500, le Nevada a bien de quoi s’agrandir.

L’usine Tesla de Fremont, une reprise d’usine bien engagée pour Tesla

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Tesla Gigafactory Fremont

L’usine Tesla de Fremont est la Gigafactory 2 du groupe automobile. Situé à Fremont dans l’État de la Californie, l’usine est depuis 2010 le principal site d’assemblage des Tesla. Définit comme l’un des plus grands bâtiments au monde en termes de prise au sol, celle-ci n’a cependant pas été créée de toute part comme sa précédente, et y abritait notamment la coentreprise entre General Motors et Toyota connue sous le nom de New United Motor Manufacturing, Inc. Ouverte en 1962 en plein cœur du boom économique, celle-ci a cependant fermé ses portes en 1982. Rouverte en 1984, ce n’est qu’en 2010 que Tesla en fait l’acquisition notamment pour y assembler le Model S.

Tesla sauve donc l’usine d’une fermeture certaine de la part de Toyota souhaitant quitter le site en mars 2010. Le constructeur saute sur l’occasion pour y implanter un nouveau site de fabrication alors que celui-ci est en pleine expansion. Elle sauve les emplois menacés, une mesure plutôt bien accueillie par les employés y travaillant. Elle reste cependant une usine classique sans promesse de transition d’une production plus propre et respectueuse des valeurs de Tesla et de son environnement. Un bémol pour cette seconde usine titanesque plutôt bien partie d’un point de vue social.

Tesla Shanghai, première Gigafactory hors du sol américain

Elon Musk Opened Tesla's Shanghai Gigafactory in Just 168 Days - Bloomberg

Approuvée par le gouvernement de Shanghai en 2018, la nouvelle usine internationale de Tesla a pour but principal de produire les modèles de type Model 3 et Model Y avec un objectif de production de 250 000 véhicules par jour. Cependant il faut savoir que cette nouvelle usine ne sera dédiée qu’au marché chinois. L’usine d’une superficie de 864,885 m2 ouvre donc ses portes en 2018 moins d’un an après le début de sa construction, un record. Ce n’est pas la seule particularité de cette usine, en effet, elle est la première usine chinoise à être détenue à 100% par un étranger, une première.

Livraison Tesla Model Y à Shanghaï

Premier Model Y livré depuis l’usine de Shanghai en janvier 2021

Visionnaire, l’usine Tesla de Shanghai doit permettre à Tesla d’accéder au marché Chinois, très exigeant, et notamment à l’exonération de la taxe de 25% sur les importations de véhicules étranger qu’applique le pays. Tesla adopte un positionnement haut de gamme à l’image de la marque et fait de son produit de l’or noir accessible à partir de 355.800 yuans soit 50.329 dollars.

Occupée par la dernière technologie de pointe, cette usine a de par sa structure et ses valeurs tout pour plaire sur le papier. Cependant le marché chinois est un marché colossal et soumis à de nombreuses contraintes. Les différences culturelles marquées entre les deux pays n’ont cependant pas effrayé Elon Musk qui est venu en personne faire la cérémonie d’inauguration et prouver aux consommateurs et investisseurs chinois que ses produits avaient tout pour plaire et se faire une place.

Les nouvelles Gigafactory prévues par Tesla et notamment la controversée usine de Berlin.

Berceau de l’automobile européen mais aussi mondial, la capitale allemande se voit bouleversée par le projet d’Elon Musk et par l’implantation de la « petite » dernière de la marque.

Gigafactory Berlin-Brandenburg | Tesla France

Maquette du projet final de la nouvelle usine de Berlin

Le projet a été présenté il y a quelques mois : A Grünheide, à 30 kilomètres de la capitale allemande, la future usine européenne du constructeur californien sort de terre à une vitesse impressionnante. 

« Il a vraiment fallu qu’il vienne s’installer chez nous, celui-là !, s’emporte notre chauffeur, sans masque. Tu ne trouves pas qu’il aurait pu se mettre 100 km plus à l’est ? Là-bas, dans la Lusace, ils vont fermer les mines de lignite ! C’est déjà pollué, il n’y avait qu’à se mettre dessus, non ?, s’agace-t-il. Moi, l’industrie je suis pour, en général, mais il faut que ça reste de taille raisonnable. Et puis l’eau ? Déjà qu’on en manque ici en été ! Ce type va nous assécher avec son usine ! » Voilà notamment les propos recueillis par Le Monde d’un automobiliste berlinois. Des propos quelque peu négatifs représentatif d’un sentiment d’envahissement de cette usine, elle aussi, colossale.

Gigafactory Berlin

L’usine Tesla de Berlin sortant de terre à seulement 30 km de la capitale fédérale allemande

Pourtant le projet a tout pour plaire : la création de 12 000 emplois potentiels, les nombreuses retombées pour les sous-traitants locaux mais aussi les nombreux engagements environnementaux encore une fois pris par Tesla. Il s’agit cependant du plus gros investissement jamais fait depuis la réunification mais le scepticisme ambiant rôde et de nombreuses personnes dont une horde de militants écologistes n’hésitent pas à montrer leur colère face caméra. Alors quelle va être l’issue de cette situation quelque peu complexe et ne plaisant pas au plus nombreux ? La suite au prochain épisode !

Commentaires

  1. Un désastre écologique sans précédent !
    Et on laisse faire…
    Faire de petites voitures thermiques qui consomment très peu de masse très réduite…est bien plus écologique que des Tesla avec des batteries de : 600 kg de masse qu’on ne saura pas recycler ! qui utilisent des terres rares en masse et qui polluent plus que le pétrole !

  2. Belle concentration d’arguments d’un autre temps inventé par les lobby pétroliers !
    Met tes informations a jour !
    – recyclage à plus de 95%
    – pas de terre rare dans les batteries (mais dans les pots catalytique : oui)
    et l’usine sera recouverte de panneaux photovoltaïque comme dans le Nevada !
    et les arbres seront replantés !
    Ce qu’on laisse faire, c’est l’exploitation des gaz de schiste et les marées noire !

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