Interdire les voitures BYD sur les sites militaires et stratégiques, les exclure des achats de l’État et faire évaluer le risque par les services de renseignement : c’est ce que demande le député européen François Kalfon au Premier ministre Sébastien Lecornu, dans un courrier daté du 4 novembre 2026 que Tesla Mag a pu lire. Il pose les mêmes questions à la Commission européenne. En cause, selon lui : les caméras, les micros et les capteurs des voitures connectées du constructeur chinois, et la loi chinoise qui oblige les entreprises à coopérer avec le renseignement de l’État.
Ce qu’écrit François Kalfon (député européen), au Premier ministre, le 4 novembre 2026
« La France ne peut être attentiste face à cette menace dans le contexte de guerre hybride qu’elle connaît. »
Ce que reproche le député aux voitures BYD
Le courrier part d’une décision récente : le 26 octobre, écrit François Kalfon, l’armée américaine a interdit les véhicules BYD sur sa base aérienne de Kadena, au Japon, jugeant le risque « inacceptable et impossible à atténuer ». Selon lui, la Pologne interdit depuis février 2026 les véhicules chinois sur ses sites militaires protégés, le Royaume-Uni restreint l’accès à certains sites depuis avril 2025, et Israël les a bannis de ses bases. « La France, elle, n’a encore adopté aucune restriction », écrit-il.
Le député reconnaît que le problème ne tient pas qu’à BYD : les voitures BYD sont, « comme beaucoup de véhicules connectés récents », de « véritables plateformes de collecte de données », avec des caméras à 360°, un lidar, le GPS et des micros dans l’habitacle, et des données qui peuvent remonter au constructeur, notamment lors des mises à jour à distance. Il cite un exemple : en septembre, des soldats norvégiens auraient découvert pendant un exercice que leurs voitures de location chinoises avaient filmé leurs déplacements, et jusqu’aux codes d’accès de portails sécurisés.
Ce qui distingue BYD, selon lui, c’est le droit chinois : l’article 7 de la loi sur le renseignement national de 2017 impose à toute organisation et à tout citoyen de « soutenir, d’assister et de coopérer » avec le renseignement de l’État. Il rappelle aussi que le Pentagone a inscrit BYD en juin sur sa liste des entreprises soutenant l’armée chinoise, et que la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD) aurait alerté sur ces risques en août, « selon la presse », sans mesure publique.
Les cinq mesures qu’il demande au gouvernement
- Interdire l’accès des véhicules BYD aux sites sensibles : emprises militaires, infrastructures stratégiques à double usage, opérateurs d’importance vitale, bâtiments ministériels.
- Exclure BYD des marchés publics, ainsi que les constructeurs soumis à une obligation de coopération avec un État tiers, pour les achats et les locations de véhicules de l’État et de ses opérateurs.
- Éviter que les personnels occupant des postes militaires et civils sensibles roulent en BYD.
- Charger la DRSD et l’ANSSI d’une évaluation approfondie du risque pour la sécurité nationale et les systèmes d’information.
- Transposer sans délai la directive européenne NIS 2 sur la cybersécurité : le projet de loi Résilience, adopté par le Sénat en mars 2025, attend toujours l’Assemblée nationale, et la Commission a saisi la Cour de justice de l’Union en juillet, rappelle-t-il.
Ce qu’il demande à Bruxelles
Dans une question écrite à la Commission européenne, François Kalfon lui demande si elle compte saisir l’ENISA, l’agence européenne de cybersécurité, pour évaluer la menace et, le cas échéant, inscrire BYD parmi les fournisseurs à haut risque du futur règlement sur la cybersécurité. Il lui demande aussi si elle compte restreindre l’accès des véhicules chinois aux infrastructures stratégiques, au titre du règlement sur la mobilité militaire, voire limiter les importations de BYD en Europe, et exclure la marque des marchés publics.
Ce que ça change pour les automobilistes
Rien, pour l’instant : il s’agit d’un courrier et d’une question, pas d’une décision. Les mesures demandées visent les sites sensibles, les achats publics et les agents publics exposés ; aucune ne concerne les particuliers qui roulent en BYD. Le courrier ne cite aucun autre constructeur. Son envoi officiel était prévu le 4 novembre au soir, selon l’équipe du député.
Les données des voitures connectées sont devenues un sujet politique en Europe, jusqu’à l’aide à la conduite : notre dossier sur les 28 gouvernements européens et le FSD montre comment chaque État aborde la question. Et pour comparer les modèles chinois arrivés en France, voyez les électriques chinoises du Mondial de l’Auto.
Sources : courrier de François Kalfon, député européen, au Premier ministre Sébastien Lecornu, daté du 4 novembre 2026 ; question écrite de François Kalfon à la Commission européenne, « Third countries’ connected vehicles access to EU strategic infrastructures ». Documents transmis par son équipe à Tesla Mag. Les faits cités dans le courrier (décisions américaine, polonaise, britannique et israélienne, épisode norvégien, liste du Pentagone, alerte de la DRSD) sont ceux qu’avance le député. Photo : Matti Blume, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Cet article a été produit avec l’assistance d’outils d’intelligence artificielle, sous la responsabilité du directeur de la publication. Notre charte IA

