Le FSD face aux gouvernements européens. Dossier mis à jour au fil des réponses officielles. Dernière mise à jour : 27 octobre 2026. Correction du 27 octobre : les lignes du Royaume-Uni et de la France ont été rectifiées.
Le 20 octobre 2026, Tesla Mag a engagé une consultation écrite des autorités des transports de 28 États européens sur le FSD (Supervised) de Tesla, rebaptisé Tesla Conduite Assistée en Europe. Les mêmes cinq questions ont été adressées à chaque ministère ou agence compétente. Une semaine plus tard, trois autorités ont répondu officiellement par écrit, trois ont accepté de le faire, dont le ministère français des Transports, et quatre ont décliné. État de la consultation, pays par pays.
Pourquoi consulter les États
Depuis l’homologation provisoire accordée le 10 avril 2026 par l’autorité néerlandaise, la RDW, chaque pays européen décide à son rythme. Tesla liste aujourd’hui dix pays européens où le FSD (Supervised) est déployé : les Pays-Bas, la Lituanie, l’Estonie, le Danemark, la Belgique, la Slovénie, la République tchèque, la Croatie, la Slovaquie et la Lettonie. La France n’en fait pas partie (les chiffres de sécurité publiés par Tesla).
Un nouveau nom : Tesla Conduite Assistée
En Europe, Tesla ne parle plus de « Full Self-Driving ». Sur son site français, la fonction s’appelle Tesla Conduite Assistée, et la version livrée de série Tesla Conduite Assistée Basique ; ailleurs en Europe, ses pages disent « Tesla Assisted Driving ». Aux États-Unis, le nom reste « Full Self-Driving (Supervised) », et Tesla précise qu’il s’agit de la même technologie. Le configurateur français l’indique toujours au 27 octobre : Tesla Conduite Assistée « n’est pas encore disponible ».
Le changement n’est pas qu’une affaire de vocabulaire. Selon une note du ministère fédéral allemand des Transports du 6 octobre, Tesla a proposé ce nouveau nom dans ses échanges avec Berlin, avec une limite de dépassement de la vitesse autorisée à 10 % et le rappel que le conducteur reste responsable à 100 %. Un nom qui dit « assistée » plutôt qu’« autonome » répond à l’une des objections des régulateurs (notre point complet).
Les enjeux : un vote européen sans date
- Pays par pays, ou toute l’Europe d’un coup. L’homologation néerlandaise est provisoire et ne vaut qu’aux Pays-Bas. Chaque État peut la reconnaître chez lui, comme l’ont fait les neuf autres pays de la liste de Tesla. Pour une autorisation dans toute l’Union, il faut un vote des États membres au comité technique des véhicules à moteur.
- Une majorité qualifiée. Le vote exige 15 États sur 27, représentant 65 % de la population européenne. Le comité a examiné le dossier le 6 octobre, sans voter, et aucune date de vote n’est publiée.
- Le cœur technique du débat. Tesla demande une dérogation au règlement ONU R171.01, qui encadre les fonctions de conduite assistée de niveau 2 et impose de vérifier que le conducteur reste attentif. La question n’est pas l’autonomie du véhicule, mais la façon dont le système garde le conducteur dans la boucle.
- Pour la France. Sans reconnaissance nationale ni vote européen, Tesla Conduite Assistée reste indisponible pour les propriétaires français. La position de Paris, que nous avons demandée au ministère des Transports, compte donc double : pour la France, et pour le vote européen.
Sur un sujet qui relève des États et de l’Union, la parole officielle des autorités compte davantage que les rumeurs. Tesla Mag a donc saisi directement les ministères et agences des transports. Les cinq questions adressées à chacun :
- Où en est votre pays sur le FSD (Supervised) de Tesla et les systèmes comparables ?
- Quelle procédure suivez-vous : reconnaissance nationale de l’homologation néerlandaise, ou attente d’une décision européenne ? Avec quel calendrier ?
- Quelles conditions s’appliquent, ou s’appliqueraient, aux conducteurs : attention, responsabilité, routes concernées ?
- Comment les autorités suivront-elles ces systèmes une fois en circulation, et avec quelles données ?
- Au-delà de l’aide à la conduite, quelle est votre priorité pour la mobilité électrique en 2027 : recharge, fiabilité, prix ?
Chaque autorité valide le texte de sa réponse avant publication. Les réponses officielles paraissent donc État par État, dans des articles dédiés, au fur et à mesure de leur validation.

État de la consultation au 27 octobre
| Pays | FSD (Supervised) déployé, selon Tesla | Réponse de l’autorité |
|---|---|---|
| Slovénie | Oui | Entretien écrit du secrétaire d’État à la Mobilité reçu. Publication après validation du texte par le ministère. |
| Suède | Non | Réponses écrites de l’agence des transports reçues. Publication après validation du texte par l’agence. |
| Suisse | Non | Réponses écrites de l’Office fédéral des routes (OFROU) reçues. Publication après validation du texte par l’OFROU. |
| France | Non | Le ministère des Transports a accepté de répondre par écrit, au nom du ministère. Nos questions lui ont été adressées le 26 octobre. |
| République tchèque | Oui | Le ministère des Transports s’est engagé à répondre d’ici le 30 octobre. |
| Pays-Bas | Oui | Le ministère des Infrastructures a promis une réponse. |
| Royaume-Uni | Non | Pas d’entretien. |
| Belgique | Oui | Le SPF Mobilité nous a orientés vers les Régions, compétentes pour l’homologation des véhicules. La Flandre est sollicitée. |
| Portugal | Non | L’institut des transports (IMT), qui réexamine le dossier, juge prématuré de s’exprimer à ce stade. |
| Autriche | Non | Le ministère ne peut pas commenter ce dossier à ce stade. |
| Allemagne | Non | A décliné l’entretien. |
| Danemark | Oui | A décliné l’entretien. |
| Irlande | Non | A décliné l’entretien. |
| Norvège | Non | A décliné l’entretien. |
| Bulgarie, Chypre, Croatie, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Luxembourg, Pologne, Slovaquie | Oui pour la Croatie, l’Estonie, la Lettonie et la Slovaquie ; non pour les autres | Pas encore de réponse au 27 octobre. |
Premiers enseignements
Les États qui ont autorisé le système et ceux qui ne l’ont pas fait acceptent également de s’exprimer. La Slovénie, qui l’a autorisé, a accepté un entretien complet. La Suède et la Suisse, qui ne l’ont pas autorisé, ont répondu par écrit à nos cinq questions. À l’inverse, le Danemark, pourtant sur la liste de Tesla, a décliné.
Pour la France, le ministère des Transports a accepté de répondre par écrit, au nom du ministère. Ses réponses seront publiées dans ce dossier après sa validation du texte. Pour suivre la situation de chaque pays, lisez aussi notre point sur le FSD en Europe et l’autorisation de la Slovaquie.
Les réponses officielles publiées
Chaque réponse officielle sera publiée dans un article dédié, après validation par l’autorité concernée, et le lien ajouté ici. Aucune n’est encore en ligne au 27 octobre. Les autorités qui n’ont pas encore répondu peuvent le faire à tout moment : ce dossier sera mis à jour.
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Cet article existe aussi en anglais.
