« J’ai vendu ma Renault 5 E-Tech pour une Tesla. Six mois plus tard, je ne sais plus quoi penser. »

Je vais vous dire quelque chose que personne ne dit vraiment : vendre la voiture de l’année 2025 pour une Tesla, c’est compliqué à assumer. Pas à cause de la Tesla — elle est extraordinaire. Mais parce que la Renault 5 E-Tech est probablement la voiture la plus attachante que j’aie jamais conduite. Et je l’ai quand même vendue.

Voilà pourquoi.


Septembre 2024 : j’achète la R5 parce que j’en rêvais

Je ne suis pas venu à la Renault 5 par défaut. Je l’ai voulue. J’avais regardé les photos du concept en 2021, j’avais suivi le lancement, j’avais réservé ma place en concession. Quand j’ai récupéré mon Iconic 150 ch en jaune pop le 12 septembre 2024, j’avais le sourire des grands jours.

Les trois premières semaines ont été exactement ce que j’espérais. La voiture est belle — vraiment belle, pas d’une beauté froide mais d’une beauté joyeuse qui fait tourner les têtes. Elle est légère, vive, amusante. Elle se gare partout. Après cinq ans en SUV thermique, je me sentais libéré.

Et puis les ennuis ont commencé.


Octobre 2024 : la première panne

Un matin de semaine, voiture bloquée en mode neutre. Pas moyen de passer en marche avant ni en marche arrière. Le tableau de bord affiche un message sibyllin sur le système électrique. J’appelle Renault Assistance. On me dit de fermer le véhicule, de m’éloigner, d’attendre 30 minutes que les systèmes se réinitialisent.

Je suis sur un parking de supermarché avec mes courses. J’attends 30 minutes. Ça repart.

Sauf que ce n’était pas la dernière fois. L’incident le plus fréquemment rapporté sur les forums Renault concernait exactement ce problème : une immobilisation du véhicule, impossible à mettre en mode conduite, bloqué sur le mode neutre. Je n’étais pas seul.

En janvier 2025, j’apprends que Renault avait lancé une opération technique spéciale sur 15 722 exemplaires de la R5, quasiment l’intégralité des modèles livrés entre septembre et décembre 2024. Le problème provenait d’un onduleur dont le mode de surveillance trop sensible déclenchait une sécurité et bloquait le démarrage. C’est moi. C’est ma voiture. Je suis l’un des 15 722.

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Je retourne en concession. La mise à jour est faite. La panne ne revient pas.

Mais quelque chose a changé dans ma relation avec la voiture.


Le problème que personne ne mentionne dans les essais presse

Les journalistes qui ont testé la R5 l’ont adorée — et ils n’ont pas tort. C’est une voiture plaisante à conduire, avec un vrai caractère. Mais il y a une chose qu’on ne ressent vraiment qu’en vivant avec la voiture au quotidien.

L’autonomie est plus décevante qu’annoncée, avec des plastiques fragiles sur la console avant et des propriétaires qui repensent à la revendre dès la première semaine.

Sur autoroute à 130 km/h, mon Iconic 52 kWh — la « grande » batterie — affichait une autonomie réelle de 240 à 260 km. Pas les 390 km du cycle WLTP, bien sûr — ça, tout le monde le sait. Mais le problème n’était pas l’autonomie en soi. C’était la façon dont elle se comportait.

Sur les forums, plusieurs utilisateurs signalaient que le compteur pouvait perdre 30 km pour seulement 5 km parcourus. J’ai vécu exactement ça. Par grand froid ou en montée, l’autonomie affichée s’effondrait de façon spectaculaire et imprévisible. Pas de préchauffage de batterie automatique intégré à la navigation — si vous ne le faites pas manuellement, vous arrivez au Superchargeur avec une voiture froide et une courbe de charge médiocre.

Tesla fait ça automatiquement depuis des années. Ce n’est pas un reproche — c’est un constat de niveau de maturité.


La comparaison que j’aurais voulu ne pas faire

Mon voisin a une Tesla Model 3. On travaille dans le même quartier. On a commencé à parler.

Ce qui m’a frappé n’était pas la vitesse de charge ou l’autonomie. C’était l’application. Avec la R5, l’app My Renault était fonctionnelle mais basique — préchauffage, état de charge, verrouillage. Avec la Tesla app, mon voisin voyait en temps réel la position de sa voiture, programmait ses sessions de recharge heure par heure selon les tarifs EDF, recevait des notifications quand la charge était terminée, pouvait envoyer une destination directement depuis son téléphone.

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Petite chose. Mais au quotidien, la différence de maturité logicielle était palpable à chaque utilisation.

Et puis il y a eu le trajet Paris-Bordeaux.


Le trajet Paris-Bordeaux : le tournant

Mars 2025. Je dois aller à Bordeaux pour le boulot, retour le soir même, 580 km aller-retour. Avec la R5, ça voulait dire deux arrêts à l’aller, deux au retour. Pas dramatique — mais le réseau Ionity est capricieux et les bornes Fastned pas toujours disponibles.

Mon voisin a fait le même trajet deux semaines avant en Model 3. Un arrêt à l’aller, un au retour, Superchargeurs toujours libres, charge planifiée automatiquement par la navigation.

Je ne dis pas que la R5 ne peut pas faire Paris-Bordeaux. Je dis que ce trajet m’a coûté de l’énergie mentale que je n’aurais pas dépensée avec une Tesla.

C’est difficile à expliquer à quelqu’un qui n’a jamais connu les deux. La R5 est une excellente voiture pour 80 % des usages. Mais ce 20 % restant — les longs trajets, les jours de froid intense, la planification de charge — c’est là que l’écart se creuse.


Pourquoi j’ai quand même hésité

Je vous mentirais si je vous disais que la décision a été facile.

La Renault 5 a quelque chose que ma Tesla n’a pas : une âme visible. Les gens la regardent. Les enfants montrent du doigt. Un gamin de huit ans m’a demandé si c’était « la vraie R5 de mon grand-père ». Ma Tesla Model Y, aussi remarquable soit-elle techniquement, est une forme neutre dans la circulation.

Sur les forums, les propriétaires qui l’ont gardée sont unanimes : c’est un vrai plaisir à conduire, un petit joujou. C’est le seul véhicule que certains ont vraiment voulu avoir. Je les comprends. J’ai ressenti la même chose.

Et il y a le prix. Une Renault 5 Iconic 52 kWh avec bonus, c’est autour de 27 000 €. Une Tesla Model Y Propulsion, c’est 39 000 € avec le bonus récupéré. La différence est réelle et elle représente plusieurs mois de salaire pour beaucoup de foyers.

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Ce que j’aurais fait différemment

J’aurais essayé la Tesla avant d’acheter la R5. Pas pour ne pas acheter la R5 — peut-être que je l’aurais quand même achetée. Mais au moins, j’aurais su exactement ce à quoi je renonçais.

Ce que personne ne vous dit dans les concessions Renault : si vous faites régulièrement plus de 200 km d’un coup, si vous êtes sensible à la qualité logicielle, si vous avez l’habitude de planifier vos déplacements via une app cohérente — la R5, aussi belle soit-elle, ne jouera pas dans la même catégorie que Tesla.

Et inversement : si vous habitez en ville, si vous faites moins de 150 km par jour, si vous préférez une voiture avec du caractère à une voiture optimisée — la R5 est peut-être le meilleur choix du marché aujourd’hui. Elle est à moins de 20 000 € en 2026 avec les aides. C’est une offre sérieuse.


Six mois après : les regrets

Oui, j’ai des regrets.

Pas d’avoir acheté la Tesla — elle me convient parfaitement. Mais d’avoir dû choisir. Dans un monde idéal, la R5 aurait le réseau de recharge de Tesla, le logiciel de Tesla et la précision de Tesla. Et Tesla aurait le dessin de la R5.

Ce monde n’existe pas encore.

En attendant, je roule en Model Y. Je planifie mes longs trajets sans stress. Mon application me réveille quand la charge est terminée. Les mises à jour arrivent la nuit et ajoutent des fonctions que je n’attendais pas.

Et parfois, dans un parking, je croise une Renault 5 jaune pop. Je la regarde passer. Je souris.

Je ne regrette pas ma Tesla. Je regrette juste la R5.


Vous êtes dans la même situation ? Vous avez fait l’inverse — vendu une Tesla pour une R5 ? Partagez votre expérience dans les commentaires.


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2 commentaires

  1. Le jour où les français, les allemands, les japonais, les chinois, et les autres sauront programmer comme les californiens, Tesla aura peut-être de vrais concurrents. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Cela fait plus de 10 ans que je roule en Tesla et je n’ai toujours pas envie de changer.

  2. Dans la vraie vie, on ne peut pas tout avoir. Renault ne sera jamais Tesla. ( la conception, le marqueting et la production).
    Tesla, viens d’un pays où tout est en grande dimension. Alors on fait du grand et pour les coût de production on délocalise ou soit cv.est pas mal fait soit vers des usines hyper modernes en Chine où les coûts sont moindres….on ne peut comparer les deux véhicules. 800 l de coffre avec une longueur surement pas pour le.urbain…. La r5 est pour la ville et les banlieues… tesla c’est le couteau suisses pour une grande famille.. on peut tout faire mais c’est pas tres manœuvrable dans les petites rues. Aujourd’hui il faut deux voitures une pour les longs trajets et une petite pour la ville…. Ce que j’ai fait, Renault et tesla……

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