Depuis les débuts de l’électromobilité, les critiques ont été nombreuses. Entre les autonomies jugées insuffisantes, les temps de recharge excessifs et la rareté des bornes, beaucoup ont réfuté l’idée même qu’il serait possible de partir en vacances avec une voiture électrique. Pourtant, un conducteur a voulu briser ces préjugés et a relevé le défi de parcourir près de 1300 km de Turin à Paris avec un quadricycle urbain : la Microlino. Voici son témoignage.

Sur la route avec la Microlino

Au départ de l’usine italienne de CECOMP, située dans la banlieue de Turin et qui fut autrefois productrice des Autolib parisiennes, la Microlino, ce petit véhicule à l’allure rétro, s’élance sur la route. Conçu par Micro Mobility Systems, une start-up suisse initialement spécialisée dans les trottinettes, le quadricycle urbain se révèle plein de surprises.

Pour ce périple, le conducteur a planifié soigneusement son trajet, grâce à différentes applications permettant de localiser les bornes de recharge. Il insiste sur l’importance de cette préparation, qui aide à optimiser le temps de trajet et le coût, car le prix du kilowatt-heure peut varier énormément d’une station à l’autre.

Un voyage électrique sans accrocs

Le trajet, qui a duré trois jours, a été marqué par plusieurs moments insolites, comme la traversée du tunnel de Fréjus sous l’escorte des douaniers, intrigués par la nature exacte du véhicule. Il a également permis de constater que la France est déjà bien équipée en bornes de recharge, y compris dans les villages et les grandes surfaces. C’est d’ailleurs grâce à ce réseau de bornes accessibles via un seul et même badge que l’expédition a pu être menée à bien.

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Au final, ce voyage de 1240 km n’a coûté que 20 euros en électricité, contre près de 400 euros qu’aurait nécessités un véhicule thermique pour le même trajet. Un bilan qui témoigne du potentiel économique de l’électromobilité.

Un véhicule au charme unique

S’agissant de la Microlino en elle-même, Damien Deroanne est formel : « Je ne vois pas de défaut. Les critiques émises sont souvent en comparaison avec une voiture, or la Microlino est un quadricycle de catégorie « L7e », comme la Citroën AMI mais nettement mieux selon moi. »

Damien Deroanne affirme que la Microlino n’a objectivement pas de défauts, car on la juge souvent par rapport à une voiture alors qu’elle est en réalité un quad électrique de catégorie ‘L7e’.

Il cite parmi ses qualités son design unique, sa facilité de conduite et de stationnement grâce à sa taille compacte (2,5 m), sa finition de qualité, et la sympathie qu’elle suscite auprès des piétons et autres automobilistes. Pour lui, la Microlino, qui reflète bien l’expertise suisse en termes de qualité et de durabilité, représente une nouvelle page de l’aventure automobile.

Une démarche pédagogique

Ce trajet entre Turin et Paris avait également une dimension pédagogique : démontrer que l’électromobilité n’est pas seulement possible, mais également pratique et économique. En dépit de son autonomie limitée à 200 km (en cycle WLTP), la Microlino a su faire ses preuves sur un long trajet grâce à une bonne planification des recharges.

La démarche de notre conducteur illustre une réalité en train de se généraliser : la mobilité électrique, jadis réservée aux courts trajets urbains, s’étend désormais aux voyages plus longs. C’est un pas vers l’adoption généralisée de véhicules à faible impact environnemental, ce qui sera essentiel pour atteindre les objectifs de neutralité carbone.

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Pourquoi Turin-Bruxelles en Microlino? Damien Deroanne explique que c’est parce que l’usine CECOMP est située dans le sud de Turin, et qu’il suit ce projet de près depuis plus de quatre ans.

Le défi qu’il a relevé nous rappelle aussi que, malgré la tendance à vouloir toujours plus d’autonomie, une utilisation judicieuse des infrastructures de recharge peut permettre d’optimiser les performances des véhicules électriques, même ceux aux capacités limitées.

Notre audacieux conducteur a donc prouvé que la mobilité électrique, loin d’être une utopie, est bien une réalité tangible et économiquement viable, qui s’inscrit dans le paysage de la transition énergétique. Pour lui, la Microlino est l’avenir de la mobilité urbaine, une alternative crédible aux véhicules thermiques, et un exemple parfait de l’innovation et de l’ingéniosité dont la nouvelle génération de constructeurs automobiles est capable.

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