Hyundai se trompe-t-il en misant sur l’hydrogène ?

Depuis de nombreuses années maintenant, le constructeur sud-coréen Hyundai assume ses ambitions quant à l’hydrogène. Mais où en est-on ? Le point dans ce dossier.  

« Hydrogen Wave » en septembre

Hyundai Motor Group a annoncé ce jeudi qu’il accueillerait « Hydrogen Wave », un forum virtuel mondial qui représente les plans du Groupe pour une nouvelle « vague » de produits et de technologies à base d’hydrogène. Le forum fournira également un aperçu révélateur de la vision future du Groupe d’une société de l’hydrogène durable.

La société dévoilera sa vision de l’avenir de la société de l’hydrogène lors de ce forum accueilli en ligne, cela permettra au plus grand monde de participer. Il y présentera ses perspectives et ses projets pour une future société de l’hydrogène, y compris des idées et des technologies révolutionnaires en matière de mobilité de l’hydrogène

La diffusion mondiale du forum « Hydrogen Wave » sera en direct le 7 septembre sur la chaîne YouTube du Groupe.  En amont, trois courts teasers sont désormais disponibles sur la chaîne YouTube du Groupe : Hydrogen Wave 1, Hydrogen Wave 2 et Hydrogen Wave 3 pour donner envie au public de se renseigner davantage. Hyundai a également lancé un microsite qui donne un aperçu des futurs produits et technologies de l’hydrogène qui seront dévoilés à « Hydrogen Wave ». 

Étudiant et explorant le concept d’une future société de l’hydrogène durable, « Hydrogen Wave » est ouvert à la participation de l’industrie, des médias et du grand public. D’autant plus que la prochaine génération de systèmes et d’applications de piles à combustible à hydrogène fera ses débuts au forum, offrant la technologie à de nouvelles industries au-delà de l’espace automobile. 

En cette « Journée internationale de l’air pur pour le ciel bleu », un événement annuel du 7 septembre proposé par la Corée du Sud et ratifié par les Nations Unies, « Hydrogen Wave » démontrera la vision d’une société future basée sur l’énergie hydrogène. Cette société s’appuierait sur l’expertise et l’expérience du Groupe dans le développement de la technologie de l’hydrogène.

Des véhicules électriques à pile à combustible de pointe – ainsi que d’autres applications innovantes – seront dévoilés au cours du forum. Les systèmes d’application d’hydrogène de pointe et les produits des filiales du Groupe seront également présentés à l’exposition, afin de présenter et de détailler comment une société de l’hydrogène peut être formée et réalisée.

Après le forum en ligne, le programme passe du virtuel au monde réel lors d’une exposition physique qui se déroule dans la ville de Goyang, en Corée du Sud, du 8 au 11 septembre.

L’hydrogène partout et pour tous, c’est pour bientôt !

Si les rangs des constructeurs misant sur l’hydrogène ne cessent de grossir, Hyundai a une longueur d’avance. La technologie est très confidentielle, en raison notamment d’un réseau de pompes quasi inexistant et de coûts élevés. Les choses devraient évoluer avec le temps et cela grâce à l’arrivée d’une nouvelle génération de véhicules à hydrogène proposés par la marque sud-coréenne. 

Hyundai n’a jamais caché ses ambitions en la matière et la présentation du concept FE Fuel Cell à Genève a confirmé les velléités du constructeur. Kia suivra le même chemin, avec une voiture à hydrogène attendue en 2020. Ce modèle bénéficiera de la nouvelle génération de piles à combustible du groupe sud-coréen, qui sera d’abord inaugurée sur une Hyundai en 2018. 

Dans la mesure où le développement conjoint de deux véhicules à hydrogène aurait été trop onéreux, les dirigeants sud-coréens ont préféré miser dans un premier temps sur Hyundai. Ils considèrent en effet que le positionnement légèrement plus haut de gamme de ce dernier est actuellement plus en phase avec ce type de technologies très coûteuses. 

Du côté de Hyundai, le modèle de série a été préfiguré par le concept FE Fuel Cell précité. Celui-ci cachait sous ses traits arrondis une nouvelle génération de piles à combustible à la fois plus efficientes et plus légères. Hyundai annonçait une belle autonomie d’environ 800 km, que l’on devrait d’ailleurs retrouver sur le modèle de série. 

D’ici 2025, Hyundai veut importer 5 000 véhicules en France

En 2018, à l’occasion de la visite officielle du Président sud-coréen en France, le constructeur a révélé ses ambitions dans le domaine de la voiture à hydrogène. D’ici 2025, Hyundai Motor compte importer 5 000 NEXO dans l’Hexagone. Une flotte qui bénéficiera d’une infrastructure déployée par les partenaires Air Liquide et Engie.

Alors que le plan hydrogène présenté par l’ancien ministre de l’Écologie Nicolas Hulot se concentrait essentiellement sur les véhicules utilitaires et lourds dotés d’une pile à combustible, Toyota et surtout Hyundai se mobilisent pour faire avancer la filière hydrogène mobilité auprès des flottes et des particuliers. Et ça marche. 

Si le premier s’est décidé à enrichir le catalogue français de sa berline Mirai, le second vient d’enregistrer au Mondial de Paris sa première vente à un particulier de son tout nouveau SUV à hydrogène, le Hyundai NEXO. Tout un symbole.

Pour les particuliers et les professionnels 

Suite à la visite officielle du Président de la Corée du Sud, de nombreuses annonces ont été partagées et se sont développées au fur et à mesure. Le gazier français Air Liquide a été le premier à bénéficier de sa venue pour confirmer le déploiement de deux nouvelles stations de distribution de dihydrogène en région Ile-de-France et de quatre stations au « pays du matin calme ».

Un déplacement qui a aussi permis au premier groupe automobile sud-coréen – et cinquième au niveau mondial – de préciser ses ambitions françaises dans le domaine. D’ici 2025, la filiale souhaite importer 5 000 véhicules à hydrogène dont les premiers bénéficieront à la flotte du service parisien HYPE.

Création d’une infrastructure nationale 

Des véhicules qui bénéficieront d’une infrastructure déployée sur l’ensemble du pays dans le cadre d’un protocole d’accord avec Air Liquide et l’énergéticien Engie. Depuis son lancement mondial au début de l’été, le Hyundai NEXO a été livré à une centaine d’exemplaires auprès d’organisations gouvernementales, de start-up et d’instituts de recherche aux États-Unis, en Allemagne, en Norvège et aux Pays-Bas. 

HTWO, la première grande marque automobile purement hydrogène

Tesla a joué un rôle majeur dans le changement d’image et dans le développement du véhicule électrique à batteries. Hyundai a des ambitions similaires avec le véhicule électrique à hydrogène et pile à combustible. C’est pour cela que le constructeur sud-coréen vient de se doter d’une marque spécifique, HTWO.

Des voitures et des camions à hydrogène

Les ambitions dans l’hydrogène du constructeur automobile sud-coréen sont considérables. Il en est avec le japonais Toyota le précurseur et le pionnier. La première voiture à hydrogène commercialisée dans le monde l’a été dès 2013 par Hyundai. Il s’agissait de la ix35. Elle a été remplacée depuis par la Nexo, la voiture à pile à combustible et à hydrogène la plus évoluée, avec la Mirai de Toyota.

Hyundai est aussi le fournisseur de l’expérimentation en cours en Suisse d’une flotte de camions fonctionnant à l’hydrogène. Les camions utilisés de 18 tonnes (34 tonnes avec une remorque) sont des Hyundai H2 XCIENT. Ils sont équipés d’une chaîne de traction alimentée par deux piles à combustible d’une puissance de 95 KW chacune, connectées en parallèle, ainsi que de sept réservoirs d’une capacité de stockage de 35 kilos d’hydrogène. L’autonomie d’un plein est de 400 km.

La Corée du sud a fait le choix de l’hydrogène avant l’Allemagne et la France

Après s’être doté d’une marque de luxe, Genesis, et d’une autre pour ses véhicules électriques à batteries, Ioniq, Hyundai a créé sa marque de véhicules à pile à combustible à hydrogène, HTWO. Il s’agit évidemment et avant tout de marketing s’inspirant de la réussite de Tesla – marque qui fabrique exclusivement des véhicules électriques à batteries, et qui a contribué à en changer, dans le monde, l’image et le marché. 

Par ailleurs, HTWO entend prendre une part importante à la stratégie énergétique de la Corée du sud qui, bien avant l’Allemagne et la France, a fait le choix de l’hydrogène. Trois villes nouvelles entièrement alimentées en énergie par de l’hydrogène doivent voir le jour en Corée du sud dans les prochaines années.

L’hydrogène : une solution d’avenir 

L’hydrogène servira à la climatisation, le chauffage, la fourniture d’électricité et l’alimentation des équipements et des véhicules assurant le transport. Les trois villes utiliseront exclusivement des véhicules alimentées par des piles à combustibles fonctionnant avec de l’hydrogène que ce soit pour les transports publics, notamment les bus, ou individuels, les voitures. 

Des stations de recharge d’hydrogène seront installées dans toutes les stations de bus et dans tous les parkings. Cette décision est la première étape d’une stratégie très ambitieuse visant à assurer 10% de l’énergie de toutes les villes du pays par de l’hydrogène d’ici à 2030 et de passer à 30% en 2040.

Pour Hyundai, une grande partie des sud-coréens et de leurs dirigeants, « l’hydrogène est une solution d’avenir car elle permet de ne pas contraindre les clients dans leur manière de consommer l’automobile grâce à une forte autonomie, un temps de ravitaillement court et un fonctionnement zéro émission ».

Hyundai et Ineos : une collaboration sur l’hydrogène

Enfin, le groupe sud-coréen a aussi annoncé en novembre 2020 un partenariat avec le groupe britannique Ineos. Ce dernier pourrait équiper son futur 4×4 Grenadier, qu’il veut assembler à Hambach en Moselle dans l’ancienne usine Smart, d’un groupe motopropulseur à hydrogène fournit par Hyundai. 

C’est une collaboration significative qui pourrait naître de cet accord, entre un constructeur automobile avancé dans la pile à combustible, et un spécialiste de la chimie qui produit déjà de l’hydrogène (Ineos est un géant de la chimie et de la pétrochimie). D’autant plus lorsque ce chimiste a lui-même des ambitions automobiles…

Lorsqu’Ineos a annoncé vouloir racheter l’usine Smart de Hambach, ce fut une véritable levée de boucliers. On craignait que la société arrête de produire un véhicule électrique dans cette usine pour y produire un gros 4×4 diesel. Mais comme on pouvait s’y attendre, Ineos n’est pas passé à côté d’une version plus vertueuse de son Grenadier. Et en passant directement à la pile à hydrogène, il a pu faire mieux qu’un électrique avec batteries. Un coup de maître. 

Commentaires

  1. Je n’ai pas l’impression que vous répondiez à votre question, est-ce que je me trompe ? Quelle erreur dans cette stratégie tout H2? La création de l’H2 qui est très couteuse en énergie peut être ?

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