« La panne sèche » ! Voici la plus grande peur du conducteur de voiture électrique. Aujourd’hui, pour 640 000 véhicules électriques ou hybrides rechargeables, plus de 700 000 points de recharge ont été installés en France. Mais, seuls 43 % de ces points sont installés chez les particuliers, imposant à de nombreux utilisateurs de devoir compter sur la disponibilité de bornes de recharge publiques ou dans leurs entreprises.

Si votre projet d’installer une borne électrique se heurte à l’hostilité des copropriétaires, le syndic saura se faire votre allié, une fois qu’il aura été sensibilisé aux subtilités du droit à la prise. C’est nouveau : l’État finance sa formation.

Le droit à la prise, pas si simple à gérer pour les syndics

Vous souhaitez installer une borne ou une station de recharge avec un installateur certifié et local ?

Fort de leur bon “droit à la prise” — qui semble leur garantir un accès aisé à une borne de charge à domicile — les Français sont de plus en plus nombreux à songer à passer à la voiture électrique ou bien hybride rechargeable. Sauf que le droit à la prise, “c’est compliqué”, pour reprendre l’expression employée par un bailleur social qui gère des milliers de logements en région parisienne.

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“Les syndics ont d’autres préoccupations en tête que les règles de la charge en copropriété, avec tous les enjeux de l’individualisation des frais de chauffage, du ravalement de façade obligatoire, de l’obligation de réaliser un diagnostic de performances énergétiques et un plan pluriannuel de travaux”, constate ce professionnel.

Sans surprise, les premiers automobilistes à faire le choix d’un véhicule rechargeable sont ceux qui résident en habitat individuel, où il est aisé de faire installer un chargeur. Pour les autres, faire valoir son “droit à la prise” exige beaucoup de temps et de patience, d’abord pour s’informer, puis pour obtenir des devis et constituer un dossier à soumettre à l’approbation de l’assemblée des copropriétaires de l’immeuble.  

Alors que le propriétaire va adresser son projet d’installation directement au syndic – accompagné d’un plan et d’une description précise des travaux – le locataire devra informer le propriétaire et le syndic. Le projet sera présenté en assemblée générale et le syndic dispose d’un délai de six mois pour s’opposer aux travaux. Certains syndics préfèrent confier l’installation et l’entretien à un opérateur comme Zeplug, qui se rémunérera sur la vente des Wallbox et les forfaits de location mensuels.

Sauf qu’il est temps !

Pierre Clasquin donne la mesure de l’urgence : les ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables ont augmenté de 62 % en 2021, mais “seulement 1 % à 2 % du parc immobilier collectif est équipé aujourd’hui de bornes de recharge”, rappelle ce responsable du véhicule électrique chez Total Energies. Près de 70 % des charges se font à domicile, selon l’Avere-France, voire 88 % si l’on en croit une enquête menée par Enedis.

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Un rapport par le Cabinet TERA Consultants constate que 52 % des points de charge se trouvent en entreprise, 42 % à domicile et seulement 6 % sur la voie publique.  Mais d’ici 10 ans, une voiture vendue sur trois sera électrique : il est donc urgent de prévoir leur recharge dans l’habitat collectif.

Une bonne nouvelle, vous pourrez bénéficier d’un crédit d’impôts transition énergétique plafonné à 300 €. Malgré le « droit à la prise » qui, depuis le 1er janvier 2021, étend le droit d’installer à ses propres frais une borne de recharge sur sa place de parking, quelle soit à l’intérieur ou à l’extérieur, brancher sa voiture électrique lorsqu’on est en copropriété n’est pas toujours simple. Plus encore lorsqu’on réside dans des immeubles locatifs… Alors, armez-vous de courage !

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3 commentaires

  1. Cela est pire que vous le pensez.
    Après avoir saisie 2 fois le tribunal Judiciaire j ai été débouté de mon droit à la prise, la deuxième fois condamné aux dépends. Finalement l installation de bornes de recharge collectives à été votée
    en AG en 2021 mais le syndic ne donne pas suite. Le syndic n est pas votre allié en copro,au contraire.

  2. Ou la il y a du niveau « virtuasyndic » je suis intéressé par vos arguments sur le monopole d’EDF?

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