Bonjour Yoann Nussbaumer,

  • Vous êtes le fondateur et CEO de Chargemap, site internet et application bien connus de tous les adeptes de l’électromobilité, comment est né Chargemap ?

En 2009, j’ai commencé à me renseigner pour acheter une voiture électrique. J’ai cherché les prises sur lesquelles il était possible de se recharger à l’extérieur de mon domicile, mais je n’ai rien trouvé.
C’est à ce moment-là que j’ai imaginé Chargemap : un outil qui réunit les conducteurs de voitures électriques pour partager les informations sur les points de charge et pour leur permettre de se recharger partout.
En 2011, je me suis lancé avec quelques passionnés. J’ai commencé à rechercher et à documenter les bornes de recharge. Notre petite équipe s’est impliquée pour prendre des photos des bornes et vérifier qu’elles fonctionnaient.
Progressivement, les conducteurs de voitures électriques ont pris le relais grâce à l’application mobile. De son côté, l’équipe de Chargemap vérifie et met en forme les informations envoyées par la communauté avant leur publication. Cette belle collaboration est le cœur du succès de Chargemap.

  • Combien d’utilisateurs avez-vous et combien de bornes de recharge recensez-vous à ce jour ?

À ce jour, nous avons 195 000 membres inscrits dans toute l’Europe et 210 000 prises référencées sur 65 000 zones de recharge différentes.
La communauté Chargemap a effectué 72 000 contributions le mois dernier, signe de l’activité intense de la plateforme. Pour bien comprendre, une contribution est un ajout de photo, de commentaire, un check-in ou une information ajoutée sur une borne de recharge.

  • Quel est le modèle économique de Chargemap et comment gagnez-vous votre vie ?

Historiquement, nous travaillons avec les constructeurs automobiles pour leur permettre d’afficher une carte pour localiser les bornes de recharge et aider les conducteurs à se projeter dans l’achat d’une voiture électrique. Nous les aidons aussi à comprendre les caractéristiques des infrastructures de recharge déployées en Europe.
Depuis 2017, nous avons lancé le Chargemap Pass qui permet à chacun de s’identifier et de recharger sur les bornes de nos 65 réseaux de recharge partenaires. Ce produit connaît actuellement un très fort développement, d’autant que c’est un complément parfait à notre application mobile.

  • Quels sont vos projets à court, moyen et long termes ?

Ce qui nous occupe aujourd’hui, c’est la croissance du service Chargemap. Nous avons de nombreux défis à relever pour gérer le nombre grandissant d’utilisateurs et de recharges effectuées avec le Pass. Concrètement, cela revient à améliorer les outils de support utilisateur et à connecter les réseaux européens qui souhaitent accueillir nos clients.
Sur une vision à plus long terme, notre objectif est de continuer à améliorer le service rendu au conducteur au travers de notre application mobile et de notre site Internet.

  • Yoann, vous conduisez forcément un voiture électrique au quotidien et vous avez choisi Tesla, pourquoi ce choix ?

En 2009, c’est Tesla qui m’a fait rêver d’une voiture électrique grâce à son roadster. Ça a été le point de départ de la création d’Automobile-Propre.com, mon site dédié aux véhicules plus respectueux de l’environnement, ainsi qu’au lancement de Chargemap.
Malheureusement, acheter une Tesla était hors de portée pour moi à cette époque. J’ai donc démarré avec une Nissan LEAF, tout en travaillant dur pour faire aboutir le projet de rouler un jour en Model S.
J’avais réalisé un petit tableau de bord Excel pour mesurer ce qu’il me restait à économiser pour l’achat de ma Tesla. J’avais même accroché un tableau avec la Model S de mes rêves dans les bureaux de mon entreprise pour me rappeler mon objectif chaque matin !
En 2016, ce rêve est devenu accessible et depuis je suis un heureux conducteur de Tesla ☺

  • Quel modèle avez-vous choisi ?

J’ai le plaisir de rouler en Tesla Model S 70D bleue, que j’ai transformée en 75D avec la mise à jour logicielle. Livrée à la base avec les jantes turbine 19 pouces, j’ai fait installer le jeu de jantes 21 pouces offert par Tesla dans le cadre de son programme de parrainage.
J’ai préféré l’intérieur gris clair pour sa luminosité et le look sportif. J’ai fait installer le chargeur iPhone intégré dans la console centrale pour plus de praticité.
Enfin, je me suis équipé d’un adaptateur CHADEMO qui me permet d’utiliser d’autres bornes rapides que celles proposées par Tesla.

  • Quelles sont pour vous les principales qualités de votre Tesla ?

Il y en a tellement 🙂
Déjà, il y a la ligne que j’adore. Je trouve que c’est l’une des plus belles berlines du marché.
Ensuite, la sportivité et l’autonomie. Même si ça n’est pas un critère de choix pour moi, l’accélération de la Model S est vraiment plaisante et sécurisante. Avec son autonomie et le réseau de superchargers, je peux réaliser de longs trajets tout en prenant le temps de faire des pauses recharge. J’y ai pris goût !
Enfin, il y a l’Autopilot que j’utilise énormément. Même s’il n’est pas exempt de défaut, c’est un élément de sécurité que j’apprécie, notamment quand je prends la route de nuit. Je sais que si je devais m’endormir accidentellement la voiture peut gérer pendant quelques temps et m’alerter.
À part ça, j’apprécie également beaucoup l’Autopilot dans les bouchons que je rencontre chaque matin en allant travailler !

  •  Un certain nombre de clients de la marque se plaignent du niveau de finition de leur Tesla (tableau de bord, pavillon de toit, garnitures de portière, etc…) trop éloigné des standards du premium Européen, partagez-vous ce point de vue ? Quels sont les principaux défauts de votre Tesla ?

Au début, j’ai eu un souci avec le rétroviseur qui ne se dépliait pas entièrement. Tesla me l’a remplacé directement. Autrement, la voiture grince en fin de freinage ou à très basse vitesse, et c’est dommage vu le peu de bruit d’une voiture électrique.
Le principal problème que j’ai rencontré a été l’immobilisation de ma voiture durant 3 mois après un choc léger à l’avant du véhicule lors d’une glissade sur du verglas. Mon assureur l’a conduit dans un garage (non partenaire Tesla) et il a été extrêmement difficile d’obtenir les pièces pour la faire réparer. Étant donné que je suis fortement dépendant de mon véhicule pour mon travail, ça a été très compliqué à gérer.
Après, il est certain que la Model S n’est pas encore au niveau des premiums allemands en termes de finition, mais les progrès sont réels depuis les premières versions !

  • De nombreux médias font échos des difficultés financières de Tesla, qu’en pensez-vous ?

Je peux imaginer la complexité d’arriver à être rentable sur ce type d’activité. Je leur souhaite de réussir et de tirer les fruits de l’avance qu’ils possèdent sur les autres constructeurs. Tesla représente la marque iconique de voiture électrique, comme Apple dans le monde du smartphone. Ils ont une position de choix pour réussir.

  • Pensez-vous que Tesla réussira son pari avec la modèle 3 ?

C’est difficile à dire. Les autres constructeurs automobiles ont des dizaines d’années d’expérience dans la production de masse, Tesla va devoir apprendre et s’adapter vite. Ils ont prouvé qu’ils savaient le faire, la question est de savoir si le produit leur permettra de dégager suffisamment de marge pour vivre et se développer. L’autre question est de savoir comment ils vont gérer le fort développement de la clientèle au niveau de leurs service center. Bref, Tesla a encore quelques défis à relever dans les prochaines années !

  • Quelle sera la marque de votre prochaine voiture ?

Certainement une Tesla. J’ai toujours une réservation de Model 3 en cours…

Yoann, je vous remercie pour la qualité de cet échange et toute l’équipe du Tesla-mag se joint à moi pour souhaiter une longue vie à chargemap.

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Tesla Magazine I 2018

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