La République tchèque compte déjà plus de 7 200 Tesla équipées du matériel nécessaire au FSD (supervisé), selon son ministre des Transports. Le 21 septembre 2026, Prague a reconnu l’homologation néerlandaise du système. Ivan Bednárik a répondu par écrit aux questions de Tesla Mag : ce qu’il sait des premiers utilisateurs, la procédure suivie, la responsabilité du conducteur, la surveillance du système et la priorité tchèque pour la voiture électrique.

Tesla Mag a adressé le 20 octobre une demande d’entretien écrit aux ministères des Transports des pays européens, sur la place des systèmes d’aide à la conduite supervisée comme le FSD de Tesla, rebaptisé « Tesla Conduite Assistée » en France. Le cabinet du ministre tchèque des Transports a envoyé ses réponses le 30 octobre. Elles sont traduites de l’anglais par Tesla Mag, sans coupe ; elles sont citées telles qu’envoyées dans la version anglaise de cet entretien.
« Plus de 7 200 véhicules immatriculés équipés du matériel AI4 »
Tesla Mag : La République tchèque a reconnu cette homologation le 21 septembre 2026. Quels premiers résultats observez-vous, et combien de conducteurs l’utilisent ?
Ivan Bednárik : « Nous ne connaissons pas encore le nombre exact d’utilisateurs abonnés au FSD de Tesla. L’intérêt des conducteurs tchèques était toutefois déjà important avant même que nous accordions l’homologation provisoire. Tesla compte actuellement plus de 7 200 véhicules immatriculés en République tchèque équipés du matériel AI4, qui permet la conduite partiellement automatisée avec le système FSD/TAD. Cela ne signifie pas pour autant que tous ces véhicules utilisent activement le système. Un abonnement actif est nécessaire pour l’utiliser. Tesla propose par ailleurs actuellement le FSD/TAD gratuitement pendant une durée limitée, dans le cadre d’une campagne promotionnelle. Nous n’avons donc pas encore de chiffre exact du nombre d’abonnés réels. Les prochains mois nous donneront une image plus claire de l’intérêt réel des conducteurs tchèques pour ce système. »
TAD désigne « Tesla Assisted Driving », le nouveau nom européen du FSD (supervisé), que Tesla traduit par « Tesla Conduite Assistée » en France.
« Nous devons maintenant trouver une solution commune au niveau européen »
Quelle procédure avez-vous suivie, et quelle est la prochaine étape jusqu’à une décision à l’échelle de l’Union ?
Ivan Bednárik : « En République tchèque, nous avons reconnu l’homologation provisoire du FSD (supervisé) de Tesla délivrée par l’autorité d’homologation néerlandaise, la RDW. Nous avons ainsi rejoint les Pays-Bas et cinq autres pays européens où le système peut être utilisé dans des conditions définies. Nous avons mené l’évaluation avec prudence et sens des responsabilités. Nos experts ont consulté à la fois des partenaires internationaux et des représentants de Tesla, et la sécurité a été notre priorité absolue tout au long du processus. Sur la base de toutes les informations et données dont nous disposons aujourd’hui, nous avons estimé que le système pouvait être mis à la disposition des utilisateurs intéressés, à titre provisoire. »
Ivan Bednárik : « Mais nous devons maintenant trouver une solution commune au niveau européen. L’objectif doit être d’avoir des règles cohérentes pour l’utilisation de ces systèmes dans toute l’Union européenne, et la République tchèque soutient pleinement cette approche. »
Cette voie existe pour chaque État membre : l’article 39 du règlement européen 2018/858 permet de reconnaître sur son territoire une homologation délivrée par un autre pays. L’autorité néerlandaise, la RDW, a délivré la sienne le 10 avril 2026, à titre provisoire. Une autorisation valable dans toute l’Union suppose un vote des États membres, qui n’a pas encore eu lieu.
« La responsabilité de la conduite reste entièrement celle du conducteur »
Quelles conditions s’appliquent aux conducteurs : attention, responsabilité, routes concernées ?
Ivan Bednárik : « Avec le FSD (supervisé) de Tesla, la voiture peut accomplir seule certaines tâches de conduite, mais il ne s’agit certainement pas d’un véhicule entièrement autonome. C’est toujours un système d’aide à la conduite de niveau 2 selon la classification SAE. Le conducteur doit rester attentif en permanence, surveiller ce que fait le système et être prêt à reprendre immédiatement le contrôle. La responsabilité de la conduite du véhicule reste donc entièrement celle du conducteur. »
Tesla continue de transmettre ses données à l’autorité néerlandaise
Comment les autorités surveilleront-elles ces systèmes une fois en service, et avec quelles données ?
Ivan Bednárik : « L’homologation ne signifie pas la fin de la surveillance. Tesla continue de fournir à l’autorité néerlandaise, la RDW, des données sur le fonctionnement du système, en particulier en matière de sécurité et sur les incidents éventuels. Si un problème sérieux apparaît, nous le traiterons avec la RDW et les autorités européennes compétentes. »
Ivan Bednárik : « Et bien sûr, en cas d’accident ou d’infraction sur les routes tchèques, nos autorités les traitent comme pour n’importe quel autre véhicule. »
La priorité pour 2027 : la recharge, partout et fiable
Au-delà de l’aide à la conduite, quelle est votre priorité pour la mobilité électrique en 2027 : réseau de recharge, fiabilité, prix ?
Ivan Bednárik : « Notre priorité est de continuer à développer les infrastructures de recharge pour les véhicules électriques et de veiller à ce qu’elles soient à la fois largement disponibles et fiables. Le nombre de véhicules électriques sur les routes tchèques augmente progressivement, et le réseau de points de recharge publics doit suivre. »
Ivan Bednárik : « C’est pourquoi nous travaillons avec les régions et les communes pour planifier le développement des infrastructures de recharge et orienter les investissements là où ils correspondent aux besoins réels des conducteurs. Le Plan d’action national pour une mobilité propre nous fournit aussi un cadre important : il fixe la direction du développement de l’électromobilité et nous aide à utiliser efficacement les financements européens et nationaux. »
Et la France ?
La France n’a pas reconnu l’homologation néerlandaise. Lors de la présentation de ses résultats, le 21 octobre, Elon Musk a dit espérer une homologation à l’échelle de l’Union « peut-être d’ici quelques mois ». Ce calendrier ne dépend pas de Tesla. Les décisions des autres pays sont dans nos entretiens avec le secrétaire d’État slovène Marko Dvornik et sur la Slovaquie, neuvième pays d’Europe à autoriser le FSD.
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Entretien réalisé par écrit. Réponses d’Ivan Bednárik, ministre des Transports de la République tchèque, transmises par le cabinet du ministre le 30 octobre 2026, traduites de l’anglais par Tesla Mag. Photos : ministère des Transports de la République tchèque.
Le FSD face aux gouvernements européens. Le 20 octobre 2026, Tesla Mag a engagé une consultation écrite des autorités des transports de 28 États européens sur le FSD (Supervised) de Tesla. Réponses officielles, engagements et refus : suivez la consultation, État par État, dans notre dossier.

