Le 14 septembre, Elon Musk a repris sur X l’annonce de Georgia Power : les contrats signés avec de gros consommateurs, dont le data center d’OpenAI en Géorgie, doivent faire baisser la facture d’électricité de tous les clients du réseau. Le même jour à Madrid, la vice-présidente de la Commission européenne Teresa Ribera demandait l’inverse : encadrer l’essor des data centers avant qu’ils ne fassent grimper les prix. Les deux discours s’appuient sur les mêmes data centers. Voici ce que disent réellement les chiffres.
Ce que Georgia Power a réellement approuvé
Le régulateur géorgien a validé fin août le contrat entre Georgia Power et OpenAI pour un campus de data centers dans le comté d’Effingham, capable d’appeler jusqu’à 3,2 GW entre 2028 et 2032. Cet accord s’inscrit dans un portefeuille plus large de contrats « grande consommation » censé générer environ 950 millions de dollars d’économies par an à partir de 2029, soit 180 dollars par an pour un foyer type consommant 1 000 kWh par mois — contre un engagement initial de 102 dollars annoncé en décembre 2025.
Le mécanisme est réel : les gros consommateurs financent d’avance leurs propres raccordements et s’engagent sur des contrats longs avec minimums de facturation garantis, ce qui allège la facture des raccordements que les autres clients auraient sinon dû payer collectivement.
Ce que Musk ne dit pas
Le chiffre de 180 dollars vient d’un seul contrat, chez un seul opérateur régional. Il ne s’applique ni au New Jersey, ni à l’Ohio, ni à la Californie. Sur la même période où Musk vantait la baisse à venir, le prix moyen de l’électricité aux États-Unis a augmenté de 4,1 % sur un an (août 2025 à août 2026), plus vite que l’inflation générale, pour atteindre 19,6 cents le kilowattheure. Les compagnies d’électricité elles-mêmes reconnaissent que le coût des nouvelles capacités de production liées à l’IA finira, au moins en partie, par retomber dans la base tarifaire payée par l’ensemble des abonnés — pas seulement par les hyperscalers.
Autrement dit : le montage géorgien peut fonctionner localement sans que la tendance nationale s’inverse pour autant.
La France accélère, sans le même filet
Le pays compte déjà environ 300 data centers, consommant près de 10 TWh par an selon RTE, et le mouvement s’accélère : lors de Choose France le 1er juin 2026, SoftBank a annoncé 45 milliards d’euros pour trois data centers d’1 GW chacun dans les Hauts-de-France. C’est dans ce contexte que Teresa Ribera a appelé à un encadrement européen, pour éviter que la facture des raccordements ne retombe, comme aux États-Unis, sur l’ensemble des consommateurs plutôt que sur les seuls opérateurs de data centers.
Reste la question que personne n’a encore tranchée publiquement, ni à Atlanta ni à Bruxelles : qui, en France, paiera le raccordement des futurs gigawatts ?
Sur la consommation des data centers Tesla en particulier : Cortex 2 consomme autant qu’une ville de 160 000 foyers. Sur la volatilité des prix en France : pourquoi le stockage devient la clé de voûte du solaire français. Sur les factures des particuliers : pourquoi la renégociation prend le pas sur le changement de fournisseur.
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