Energies Panneaux solaires Ombrières solaires obligatoires : ce que risquent les grands parkings depuis le 1er juillet

Ombrières solaires obligatoires : ce que risquent les grands parkings depuis le 1er juillet

Photo présentant des ombrières photovoltaïques installée dans un parking
(source : wikipedia.org)

Depuis le 1er juillet 2026, les parkings extérieurs d’au moins 10 000 m² doivent couvrir la moitié de leur surface d’ombrières intégrant du renouvelable. Ceux qui n’ont rien fait risquent 40 000 € par an, chaque année, jusqu’à mise en conformité. Ceux qui ont anticipé peuvent souffler jusqu’en 2028.

Ce que dit la loi APER

L’obligation vient de l’article 40 de la loi APER du 10 mars 2023, précisée par le décret n° 2024-1023 de novembre 2024 : tout parking extérieur existant de plus de 1 500 m² doit installer des ombrières à production d’énergie renouvelable sur au moins la moitié de sa surface. Deux échéances selon la taille : 1er juillet 2026 pour les parkings de 10 000 m² et plus, 1er juillet 2028 pour ceux entre 1 500 et 10 000 m².

Depuis la loi Huwart du 26 novembre 2025, un procédé mixte est autorisé : du photovoltaïque sur au moins 35 % de la moitié à ombrager, le reste en végétalisation. De quoi assouplir un texte que beaucoup de gestionnaires découvraient tard.

Le sursis pour ceux qui ont commandé à temps

La même loi Huwart ouvre un report à 2028 pour les grands parkings, mais à deux conditions cumulatives : un contrat d’engagement avec acompte signé avant le 30 juin 2026, et une commande de panneaux avant le 31 décembre 2026. Sans les deux, l’amende de 40 000 € par an s’applique dès cette année. Pour les parkings entre 1 500 et 10 000 m², la mécanique est la même mais décalée d’un an : report possible jusqu’en 2030, contre acompte avant le 30 juin 2027 et commande avant le 31 décembre 2027.

Lire également :  Le futur probable de Tesla Energy : l’essor des installations Powerwall et Megapack

« Le prospect vient pour se mettre en conformité »

Luca Rossini a fondé Rossini Energy il y a huit ans. Son entreprise installe bornes de recharge et ombrières photovoltaïques pour une clientèle exclusivement professionnelle, entre Lille, Saint-Étienne, Strasbourg et l’Italie. Plus de 3 100 bornes posées, une cinquantaine d’ouvriers, et une particularité : ombrières et charpentes en bois français, commandé dans le Pas-de-Calais et les Landes, plutôt que la structure aluminium classique.

« Il y a les grands parkings, en juillet 2026 c’est demandé, sinon ils ont des amendes », résume-t-il. « Le prospect vient pour se mettre en conformité. » Le calcul économique suit : un ouvrage pensé pour durer trente ans, un retour sur investissement autour de dix ans, financé au prêt vert ou au prêt action climat de la BPI sur sept ans. Rossini Energy propose aussi le tiers investissement, où l’entreprise finance l’installation et revend ensuite l’électricité produite.

Le montage attire déjà de grands comptes comme Kiloutou. Mais la vraie question, pour l’instant sans réponse publique, est de savoir combien de gestionnaires de parkings ont réellement signé leur acompte avant l’échéance du 30 juin — ou s’apprêtent à découvrir l’amende à la rentrée.

Voir aussi : notre précédent entretien avec Rossini Energy, le pari du bois face aux géants de l’aluminium, et le bilan chiffré des bornes et solaire en grande surface.

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