Sophie Adenot a posé le pied sur le pont d’un navire de récupération jeudi soir, au large de Los Angeles. Pour l’astronaute française, la mission n’est pas finie : avant de retrouver une vie normale, elle doit passer par Houston, puis par Cologne, où l’Agence spatiale européenne (ESA) la suivra de près pendant une quinzaine de jours. Voici le programme, d’après l’ESA.
Troisième à sortir de la capsule
La capsule Dragon, baptisée Freedom, a amerri le 8 octobre 2026 à 17 h 34, heure de Paris, au large de la Californie, comme nous le racontions dans notre article sur l’amerrissage. Le voyage depuis la Station spatiale internationale avait duré 27 heures et 29 minutes.
Des bateaux rapides ont rejoint la capsule en quelques minutes pour les contrôles de sécurité. Le navire de récupération de SpaceX, le Shannon, l’a ensuite hissée à bord avant d’ouvrir l’écoutille. Sophie Adenot est sortie la troisième, souriante, selon l’ESA. Avec elle rentraient les astronautes de la NASA Jessica Meir et Jack Hathaway, et le cosmonaute russe Andreï Fediaïev.
Houston, puis Cologne
Après les premiers examens médicaux à bord du navire, l’équipage rejoint la côte en hélicoptère, puis embarque dans un avion de la NASA pour Ellington Field, à Houston, où commencent les premières activités d’après-vol. De là, Sophie Adenot prend un autre avion pour le Centre des astronautes européens de l’ESA, à Cologne, en Allemagne.
Ce second vol n’est pas un vol commercial. L’ESA explique pourquoi : après des mois en apesanteur, le corps est plus vulnérable, et une infection pourrait à la fois gêner la réadaptation et fausser les mesures scientifiques. Un vol dédié limite les contacts, permet un suivi médical continu et prévoit des aéroports et des hôpitaux de dégagement sur la route. Ces avions sont en général fournis par le pays de l’astronaute, gouvernemental ou militaire. Les mesures scientifiques peuvent commencer dès l’atterrissage et se poursuivre pendant le vol.
Une quinzaine de jours de suivi, puis la rééducation
À Cologne, l’avion se pose sur l’aéroport militaire opéré par l’escadre de transport du ministère allemand de la Défense. L’astronaute rejoint le Centre des astronautes européens et le bâtiment :envihab voisin, exploité par le Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR).
Cette première phase dure environ quinze jours après une mission de longue durée, selon l’ESA, contre sept après un vol court. L’équipe d’entraînement du centre prend ensuite le relais pour la rééducation et le suivi. Entre-temps, l’astronaute raconte sa mission aux ingénieurs et aux médecins, pendant que les chercheurs mesurent comment le corps se réhabitue à la gravité. Plus de cent personnes travaillent sur chaque retour.
Ce qu’elle rapporte : un record et trois sorties
- 237 jours, 5 heures et 18 minutes dans l’espace depuis son décollage du 13 février 2026 : le plus long vol d’un astronaute européen, plus de 35 jours au-delà du précédent record, celui de l’Italien Luca Parmitano ;
- trois sorties dans l’espace en quatorze jours, soit 19 heures et 42 minutes à l’extérieur de la station : elle est la première Française, et la deuxième Européenne après l’Italienne Samantha Cristoforetti, à sortir dans l’espace ;
- des expériences européennes en santé, en science des matériaux, en biologie ou en physique des fluides, et des essais de technologies pour les futures missions, dont un nouvel appareil d’exercice européen et l’impression 3D de métal en orbite.
La relève est à bord : l’équipage Crew-13 a rejoint la station début octobre, comme nous l’avions suivi dans notre article sur son décollage.
Sources : ESA, « Splashdown confirmed for Sophie Adenot », 8 octobre 2026 ; ESA, « How ESA astronauts return from space », 28 septembre 2026 ; NASA, blog de la Station spatiale internationale, 8 octobre 2026.

