Actu mobilité électrique Elon Musk SpaceX Deux satellites à 134 mètres : SpaceX accuse les opérateurs qui manœuvrent sans prévenir

Deux satellites à 134 mètres : SpaceX accuse les opérateurs qui manœuvrent sans prévenir

Deux satellites sont passés à 134 mètres l’un de l’autre en août 2026, en orbite basse. L’un d’eux était un Starlink, qui n’a pas pu s’écarter à temps. C’est SpaceX qui le raconte, dans une note publiée le 6 octobre 2026 sur le site de Starlink. L’entreprise y accuse une partie des opérateurs de satellites de manœuvrer sans prévenir, et chiffre le problème. Elle y confirme aussi deux étapes de son programme : les premiers Starlink V3 sont en orbite, et la constellation Starmind doit commencer l’an prochain.

Un passage à 134 mètres, faute d’avoir été prévenu

SpaceX décrit deux cas précis.

Le 1er octobre 2025, le satellite STARLINK-32710 devait croiser un autre objet à environ 9 km. Quatre heures et demie avant le rapprochement, l’autre satellite a manœuvré : la distance prévue est tombée à 57 mètres. Le système de suivi de SpaceX a détecté la manœuvre en moins d’une heure, et le Starlink s’est écarté pour repasser à 1 km.

En août 2026, STARLINK-2140 a vécu la même situation, avec moins de chance. L’alerte mise à jour est arrivée seulement 30 minutes avant le rapprochement, trop tard pour allumer ses moteurs. Le satellite a orienté son châssis et ses panneaux solaires « en profil de lame de couteau », pour offrir la plus petite surface possible. Les deux engins sont passés à 134 mètres. Selon SpaceX, le rapprochement aurait été évité si l’autre opérateur avait annoncé sa manœuvre.

Ce que SpaceX reproche aux autres opérateurs

Pour éviter une collision, il faut connaître la trajectoire future des objets voisins. SpaceX publie celle de ses satellites et la met à jour toutes les heures. Beaucoup d’opérateurs ne le font pas, ou n’annoncent pas leurs manœuvres à l’avance. Les chiffres de la note :

  • en 2026, les Starlink ont croisé environ 650 satellites d’autres opérateurs qui manœuvrent : seulement la moitié environ partageaient leur trajectoire ;
  • sur six mois, SpaceX a compté environ 164 000 rapprochements survenus moins de quatre heures après une manœuvre non annoncée. Tous n’étaient pas dangereux, mais dans chacun de ces cas, Starlink n’aurait pas eu les informations pour éviter l’autre engin si la manœuvre avait créé un risque ;
  • dans les couches d’orbite qui accueillent les grandes constellations, la densité d’objets peut être 50 fois plus élevée qu’aux altitudes voisines.

Selon SpaceX, certains opérateurs refusent de partager leurs manœuvres pour protéger des informations commerciales. D’autres le voudraient, mais n’obtiennent pas l’autorisation de leur gouvernement. SpaceX juge ces politiques « contre-productives ».

Ce que fait SpaceX de son côté

La note détaille les outils mis en place :

  • les trajectoires des nouveaux satellites sont publiées 2 à 3 heures après le lancement, puis mises à jour toutes les heures jusqu’à leur rentrée dans l’atmosphère ;
  • une plateforme de coordination, Space-Safety.com, ouverte gratuitement à tous les opérateurs, calcule les risques de rapprochement en moins d’une minute ;
  • plus de 31 000 capteurs stellaires embarqués sur les Starlink observent en continu les objets voisins. SpaceX appelle ce système Stargaze.

SpaceX compare l’orbite basse au transport aérien : chaque avion dépose un plan de vol et diffuse sa position, et c’est ce qui en fait un moyen de transport sûr malgré la densité du trafic.

La note confirme deux étapes. Fin septembre 2026, SpaceX a déployé les 26 premiers satellites Starlink V3, sa nouvelle génération, qui doit augmenter fortement la capacité du réseau. La constellation compte aujourd’hui plus de 11 000 satellites. Le catalogue public Celestrak recensait 11 110 satellites Starlink le 7 octobre, d’après la veille automatique de Tesla Mag.

SpaceX vise jusqu’à 100 000 satellites Starlink et jusqu’à 1 million de satellites Starmind, une constellation de calcul pour l’intelligence artificielle. L’idée : déplacer dans l’espace le type de calcul que SpaceX fait aujourd’hui tourner sur Terre dans ses supercalculateurs Colossus 1 et 2, à Memphis et à Southaven, aux États-Unis. Les premiers lancements de Starmind sont prévus l’année prochaine. Nous avions présenté le projet en juin dans notre article sur Starmind.

Source : SpaceX, « Sécurité spatiale : le besoin d’un meilleur partage de données entre les opérateurs en orbite terrestre basse », starlink.com, 6 octobre 2026. Nombre de satellites catalogués : Celestrak, relevé par la veille automatique de Tesla Mag le 7 octobre 2026.

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