Actu mobilité électrique Tesla FSD : 43 vidéos de conducteurs endormis, à trois semaines du vote européen

FSD : 43 vidéos de conducteurs endormis, à trois semaines du vote européen

Interface Tesla FSD en circulation urbaine européenne homologation 2026

Au moins 43 vidéos montrent des conducteurs de Tesla qui semblent dormir au volant, Autopilot ou FSD enclenché. Aux États-Unis, un élu du Congrès exige des réponses avant le 30 septembre. En Europe, le calendrier tombe mal pour Tesla : les États membres doivent examiner le FSD supervisé le 6 octobre.

Le décompte vient d’une enquête de NBC News : sur ces 43 vidéos, 17 ont été publiées en 2026. Le 10 septembre, Raja Krishnamoorthi, élu démocrate de l’Illinois à la Chambre des représentants, a rendu publique une lettre adressée au secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy. Il réclame des mesures immédiates contre le mauvais usage de l’Autopilot et du FSD.

Le message qui fâche Washington

Les vidéos ne sont pas le seul problème. L’élu pointe un message que Tesla affiche depuis la mise à jour 2025.32.3 : « Drowsiness detected. Stay focused with FSD ». La voiture repère des signes de somnolence, puis suggère d’enclencher un système qui exige justement une supervision permanente. Pour Raja Krishnamoorthi, inciter un conducteur somnolent à utiliser le FSD soulève des questions de sécurité « fondamentalement différentes ».

Sa lettre, publiée sur le site de l’élu, pose cinq questions à la NHTSA, l’agence fédérale de sécurité routière. Connaissait-elle ces vidéos ? A-t-elle interrogé Tesla ? Quelles données a-t-elle sur l’inattention et la somnolence dans les accidents depuis le 1er janvier 2024 ? La caméra de l’habitacle fait-elle son travail quand on la masque ? Et à partir de quand ces failles justifieraient-elles un rappel ? Réponse attendue d’ici le 30 septembre.

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Le courrier tombe sur un dossier déjà ouvert. Depuis mars 2026, la NHTSA mène une analyse technique (référence EA26002) portant sur environ 3,2 millions de Tesla équipées du FSD, après neuf incidents survenus en visibilité réduite, dont un mortel. Tesla, de son côté, répète que ses aides à la conduite exigent une supervision active du conducteur.

Pourquoi l’Europe regarde de près

Le FSD n’est plus une affaire américaine. Le 10 avril 2026, le RDW, l’autorité néerlandaise d’homologation, a validé le FSD supervisé au titre du règlement ONU R171, après plus d’un an et demi d’essais sur piste et sur route. Cinq pays ont suivi en reconnaissant le certificat néerlandais : la Lituanie, l’Estonie, le Danemark, la Belgique et la Slovénie. Tesla a aussi publié ses propres données de sécurité européennes pour peser sur les autres capitales.

La vraie bataille, c’est l’extension à toute l’Union. Le comité technique des véhicules à moteur, où siègent les États membres, a inscrit le FSD à l’ordre du jour de ses réunions du 6 octobre et de début décembre. Il faudra une majorité qualifiée : 55 % des États, représentant 65 % de la population. La France, qui avait refusé le logiciel en juillet, a changé de ton après l’échange entre Philippe Tabarot et Elon Musk : l’État évalue deux véhicules depuis début septembre et attend ses résultats ce mois-ci. La Suède, elle, a recommandé en juin de s’opposer au système tant qu’il peut dépasser les limitations de vitesse.

Ce que l’affaire américaine peut peser

Formellement, rien ne change : les États votent sur le dossier du RDW, pas sur une enquête de NBC News. Mais le R171 encadre précisément ce que ces vidéos mettent en doute. Il impose de surveiller l’engagement du conducteur, par ses gestes mais aussi par son regard et la position de sa tête, puis de déclencher des alertes visuelles, sonores et haptiques de plus en plus insistantes quand il décroche. Un message qui propose le FSD à un conducteur jugé somnolent cadre mal avec cette logique.

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D’où une question simple : la version européenne du FSD affiche-t-elle ce message ? Rien de public ne permet d’y répondre aujourd’hui. Le dossier d’homologation n’est pas consultable, et selon The Next Web, Tesla en a demandé la confidentialité dès la fin 2024. Les pays déjà réservés, comme la Suède, ont désormais une question de plus à poser avant de voter.

Les dates à surveiller

  • 30 septembre : date limite fixée par Raja Krishnamoorthi pour les réponses de Washington.
  • D’ici fin septembre : résultats de l’évaluation française sur deux véhicules.
  • 6 octobre : le FSD supervisé devant le comité technique européen.
  • Début décembre : deuxième réunion du comité où le dossier est inscrit.

Pour reprendre le dossier depuis le début : Tesla FSD en France et en Europe, tout ce qu’il faut savoir en 2026.

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