Mise à jour du 9 octobre 2026 : en France, le FSD supervisé s’appelle désormais « Tesla Conduite Assistée ». Huit pays européens l’autorisent, le vote européen n’a toujours pas de date. Le tableau pays par pays ci-dessous est à jour.
Le 6 octobre, le comité technique des véhicules à moteur s’est penché sur le FSD supervisé, sans voter. Le vote viendra plus tard, et il exigera 15 États sur 27 et 65 % de la population européenne. Tesla en a huit aujourd’hui. Voici où se gagnent les sept qui manquent.
Un nouveau nom : Tesla Conduite Assistée
Sur son site français, Tesla ne parle plus de « Full Self-Driving ». La fonction s’appelle désormais Tesla Conduite Assistée, et la version de base, livrée de série, Tesla Conduite Assistée Basique. En Allemagne, en Italie, en Espagne et aux Pays-Bas, les pages de Tesla parlent de « Tesla Assisted Driving ». Aux États-Unis, le nom reste « Full Self-Driving (Supervised) », et Tesla précise qu’il s’agit de la même technologie.
Le changement n’est pas qu’une affaire de vocabulaire. Le ministère fédéral allemand des Transports indique, dans sa note du 6 octobre, que Tesla a proposé ce nouveau nom dans ses échanges avec Berlin, en même temps qu’une limite de dépassement de vitesse à 10 % et le rappel que le conducteur reste responsable à 100 %. Un nom qui dit « assistée » plutôt que « autonome » répond directement à l’une des objections des régulateurs. Nous avons détaillé le renommage dans notre article du 9 octobre.
Où le FSD supervisé est autorisé en Europe
| Pays | Date | Source |
|---|---|---|
| Pays-Bas | 10 avril 2026 | Homologation de type délivrée par le RDW, valable aux Pays-Bas |
| Lituanie, Estonie, Danemark, Belgique | Avant le 22 juillet 2026 (20 mai, 29 mai, 9 juin et 10 juin, dates relevées dans nos articles de l’époque) | Lettre aux actionnaires de Tesla du 22 juillet 2026 |
| Slovénie | 7 septembre 2026 | Agence slovène de sécurité routière (AVP) |
| Tchéquie | 21 septembre 2026 | Ministère tchèque des Transports |
| Croatie | 29 septembre 2026 | Tesla (aucun communiqué du gouvernement croate trouvé) |
Aux Pays-Bas, le RDW a publié en juin un premier bilan : près de 40 000 Tesla utilisaient la fonction, pour environ 24 millions de kilomètres parcourus dans le pays « sans incident pertinent ». L’autorité a demandé à Tesla de passer d’un rapport annuel à un rapport mensuel.
Hors de l’Union, l’Espagne fait figure de cas à part : sa Direction générale de la circulation a autorisé un programme d’essais de 30 Tesla sur l’ensemble de son réseau, du 28 janvier 2025 au 31 mars 2026, pour 275 471 km parcourus sans incident grave, selon son registre. Ce sont des essais, pas une ouverture aux clients.
Ce qui s’est joué le 6 octobre
Le comité technique des véhicules à moteur, le TCMV, est l’instance où siègent les représentants des États membres pour les questions d’homologation automobile. La demande néerlandaise figurait à l’ordre du jour de sa réunion du 6 octobre, pour une poursuite des discussions de 25 minutes, sans vote prévu, d’après le registre de la Commission. Aucune décision n’a été annoncée, et le compte rendu n’est pas encore publié : ceux des réunions précédentes sont arrivés plusieurs semaines après. La prochaine réunion n’a pas de date officielle publiée, et le vote non plus.
Techniquement, Tesla demande une dérogation au règlement ONU R171.01, qui encadre les fonctions de conduite assistée de niveau 2 et impose une surveillance du conducteur par le regard, la position de la tête et les gestes, avec une escalade d’alertes visuelles, sonores puis haptiques. Le débat ne porte pas sur l’autonomie du véhicule mais sur la façon dont le système s’assure que le conducteur reste dans la boucle.
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La règle de la majorité qualifiée, en clair
Deux conditions cumulatives. 55 % des États membres, soit 15 pays sur 27. Et ces pays doivent représenter au moins 65 % de la population de l’Union, environ 450 millions d’habitants.
La plupart des commentaires se concentrent sur le seuil de population. C’est le plus facile des deux.
Le compte, pays par pays
Huit pays sont aujourd’hui du bon côté. Les Pays-Bas, dont l’autorité RDW a homologué le FSD supervisé le 10 avril 2026 après plus d’un an et demi d’essais sur piste et sur route. Puis sept pays qui reconnaissent cette homologation : la Lituanie (20 mai), l’Estonie (29 mai), le Danemark (9 juin), la Belgique (10 juin), la Slovénie (7 septembre), la Tchéquie (21 septembre, d’après le ministère tchèque des Transports) et la Croatie (annoncée par Tesla le 29 septembre, notre article).
Ces huit pays pèsent 12,7 % de la population de l’Union, d’après les chiffres de population 2026 du Conseil (calcul Tesla Mag). Sur le papier, le score est faible. Sur le fond, il est trompeur, parce que la population ne manque pas là où on le croit.
Ajoutez l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne, qui représentent à elles seules près de 58 % de la population européenne, et le seuil des 65 % est franchi sans difficulté. Le verrou n’est donc pas démographique : il est arithmétique. Huit plus quatre font douze États. Il en faut quinze.
Autrement dit, même un oui de Paris, Berlin, Rome et Madrid ne suffit pas. Il faudra convaincre trois pays supplémentaires, et ce sont les plus petits qui feront la décision.
Le premier ministre européen à monter au créneau
La Slovénie vient de fournir à Tesla le soutien qu’aucun gouvernement n’avait encore accepté de donner publiquement. Jernej Vrtovec, vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures et de l’Énergie depuis juin, a essayé le FSD supervisé et raconté l’essai : le système prend le volant, traverse les intersections, change de voie et enchaîne les manœuvres pendant que le conducteur garde la main.
« Le système est sûr, efficace et surtout un aperçu enthousiasmant de l’avenir de la mobilité. Il ne se fatigue pas, ne s’endort pas, et peut contribuer significativement à une conduite plus sûre », écrit-il. Tesla a relayé la déclaration sur son compte européen, et le message d’origine dépasse les deux millions de vues.
C’était, mi-septembre, la première prise de position aussi nette d’un membre d’un gouvernement de l’Union. La Slovénie ne pèse que deux millions d’habitants et figure parmi les pays acquis : son poids n’est donc pas arithmétique, il est politique. Un ministre qui met son nom sur un essai offre aux indécis un précédent auquel se raccrocher, et c’est exactement ce qui manquait au dossier.
La formule mérite une précision, parce qu’elle touche au cœur de ce que le vote doit trancher. Dire que le système « ne s’endort pas » est vrai du logiciel. Tout l’enjeu du règlement R171 porte sur le conducteur, et sur les moyens employés pour vérifier qu’il reste attentif : c’est précisément la fonction de la surveillance par caméra embarquée chez Tesla, et c’est ce que les États membres examinent.
L’Allemagne entre dans le jeu
Le 6 octobre, le jour même de la réunion, le ministère fédéral allemand des Transports a écrit que le ministre Steffen Bilger s’engagerait pour une homologation « rapide » du système dans toute l’Europe, après un accord avec Tesla sur la vitesse : un dépassement de 10 % au maximum de la limite autorisée. Avec l’Allemagne, les pays acquis passeraient à 31,1 % de la population de l’Union (calcul Tesla Mag). Le détail est dans notre article sur la position de Berlin.
Pourquoi la position française compte plus que son poids
La France teste le FSD supervisé sur route depuis le 2 septembre, sur deux véhicules mis à disposition par Tesla. Le ministère des Transports avait indiqué n’avoir identifié aucun point bloquant qui ne puisse être surmonté, six semaines après avoir jugé le système insuffisamment sûr. Les premiers résultats étaient attendus avant la fin septembre : au 8 octobre, ni le ministère ni le gouvernement n’en ont publié.
Le revirement compte moins pour les 15 % de population que la France apporte que pour l’effet d’entraînement. Un État qui a publiquement dit non, qui teste, puis qui dit oui, offre aux pays indécis exactement ce qu’ils attendent : la couverture politique d’un grand pays qui a vérifié lui-même. C’est le levier le plus efficace dont Tesla dispose d’ici au prochain vote.
Les données que Tesla met sur la table
Le constructeur avance ses propres chiffres : plus de 100 millions de kilomètres parcourus en FSD supervisé en Europe, et un taux de collision divisé par 4,1 lorsque le système est actif. Ces données viennent de Tesla et doivent être lues comme telles, faute d’audit indépendant publié à ce jour.
Elles n’en restent pas moins la seule base quantifiée du dossier. En face, aucun régulateur européen n’a publié de comparaison chiffrée entre conduite assistée et conduite manuelle sur le parc concerné. Le débat se joue donc entre des données constructeur vérifiables sur le terrain et des exigences de procédure.
Ce qui change pour un propriétaire français
Si le vote passe, le FSD supervisé devient accessible dans toute l’Union sans démarche pays par pays, y compris en France. Les véhicules équipés du matériel compatible y ont droit ; le FSD non supervisé, lui, reste hors de portée du matériel HW3, ce qui reste le principal point d’attention avant tout achat.
Le 6 octobre s’est passé sans vote : la prochaine réunion du comité, dont la date n’est pas encore publiée, pourra reprendre le dossier. Le calendrier glisse, il ne se ferme pas.
Pour aller plus loin : ce que le règlement R171 exige sur la vigilance du conducteur, la conquête réglementaire du FSD pays par pays, comment la France a ouvert la porte aux essais sur route, et les données de sécurité européennes publiées par Tesla.
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Sources de la mise à jour du 9 octobre 2026 : pages Tesla France « Tesla Conduite Assistée » et « Sécurité », lues le 9 octobre 2026 ; RDW, note du 17 juin 2026 ; agence slovène AVP, communiqué du 8 septembre 2026 ; lettre aux actionnaires de Tesla du 22 juillet 2026 ; DGT espagnole, registre des essais mis à jour le 21 septembre 2026. Sources de la mise à jour du 8 octobre 2026 : ministère tchèque des Transports, communiqué du 21 septembre 2026 ; ministère fédéral allemand des Transports, article du 6 octobre 2026 ; Commission européenne, registre de comitologie (ordre du jour du comité technique pour les véhicules à moteur du 6 octobre 2026) ; Tesla Europe (Croatie, 29 septembre 2026) ; décision (UE, Euratom) 2025/2427 (populations 2026).
Correction du 1er octobre 2026 : nous annoncions un vote du comité TCMV le 6 octobre. Le projet d’ordre du jour officiel de la Commission européenne, daté du 11 septembre, ne prévoit que la poursuite des discussions sur la demande néerlandaise, sans vote inscrit.
Pour aller plus loin : retrouvez tous nos articles sur le FSD.

