Mis à jour le 27 octobre 2026
La certification IRVE est obligatoire en France depuis 2017 pour toute installation de borne de recharge supérieure à 3,7 kW, sous peine de risques juridiques et de perte des aides fiscales pour le client. L'obtention de cette qualification, délivrée par Qualifelec ou AFNOR Certification, repose sur trois niveaux de formation (P1, P2, P3) adaptés à la puissance et à la communicabilité des équipements. Le parcours complet pour couvrir les marchés résidentiels et tertiaires représente un investissement en formation pouvant dépasser 2 000 € HT.
- Un client faisant appel à un installateur non certifié IRVE perd l'accès au crédit d'impôt de 75 % plafonné à 300 €, à la TVA réduite à 5,5 % et à la prime Advenir.
- Le niveau P1, qui couvre 80 % des chantiers résidentiels avec des wallbox jusqu'à 22 kW, nécessite un diplôme en électricité et une habilitation BR, pour un coût de formation allant de 800 € à 1 250 € HT.
- La qualification P2 est obligatoire pour les copropriétés avec facturation individuelle et les systèmes de pilotage intelligent de la recharge, et requiert 2 jours de formation supplémentaires après le P1.
- Le niveau expert P3 est indispensable pour installer des bornes de recharge rapide en courant continu supérieures à 22 kW sur les axes routiers et les parkings publics.
Pour installer une borne de recharge de plus de 3,7 kW, votre entreprise doit détenir une qualification IRVE délivrée par l’un des trois organismes agréés par l’État à ce jour : Qualifelec, AFNOR Certification ou Qualit’EnR. Le parcours tient en quatre étapes : un jour de formation P1 au minimum (deux jours de plus pour P2 ou P3), un dossier avec deux références de chantier ou, à défaut, une qualification probatoire de deux ans, l’examen du dossier par l’organisme, puis un certificat valable quatre ans.
Ce guide reprend chaque étape dans l’ordre où un électricien la rencontre. Il cite les textes en vigueur au 27 octobre 2026 : le Code de l’énergie, l’arrêté du 27 octobre 2021 modifié et les arrêtés d’agrément publiés au Journal officiel. Chaque chiffre est relié à sa source.
Ce qu’il faut retenir
- Obligation : au-dessus de 3,7 kW, ou dès que le point de recharge est accessible au public, la pose et la maintenance exigent une qualification (article D. 353-2 du Code de l’énergie).
- Qui est qualifié : l’entreprise, et non le salarié. Elle doit compter au moins un référent technique formé par tranche de vingt collaborateurs.
- Trois niveaux de formation à la pose : P1 (bornes AC sans pilotage ni supervision), P2 (bornes AC communicantes, en grappe, avec pilotage), P3 (recharge rapide en courant continu).
- Trois organismes agréés : Qualifelec et Qualit’EnR (arrêtés du 26 novembre 2024), AFNOR Certification (arrêté du 18 décembre 2024).
- Durée : quatre ans, ou deux ans en qualification probatoire, avec une mise à jour chaque année.
- Coût publié : seul Qualifelec affiche un montant, 112 € HT de frais de dossier. Le reste se calcule au cas par cas.
La qualification IRVE est-elle obligatoire ?
Oui. L’obligation date du décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 relatif aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques. Elle figurait à son article 22. Cet article a été abrogé le 1er juillet 2024 par le décret n° 2024-649 du 30 juin 2024, qui a transféré la règle dans le Code de l’énergie. Le texte qui s’applique aujourd’hui est donc l’article D. 353-2 du Code de l’énergie, en vigueur depuis le 1er juillet 2024.
Ce que dit l’article D. 353-2
Le texte pose quatre règles.
- L’installation. Les points de recharge sont installés par des professionnels habilités au sens de l’article R. 4544-9 du Code du travail, c’est-à-dire autorisés à intervenir sur des installations électriques. En dehors de l’exception décrite plus bas, l’installateur doit aussi détenir une qualification délivrée par un organisme agréé au titre de l’article R. 125-40 du Code de la construction et de l’habitation.
- La maintenance. Le même régime s’applique à l’entretien : habilitation, et qualification de maintenance délivrée par un organisme agréé.
- L’étude de conception. Elle est obligatoire pour un projet dans un parc de stationnement d’au moins 50 places, et dans un bâtiment d’habitation collectif qui prévoit au moins quatre points de recharge. Elle est confiée à un professionnel qualifié pour les études. La partie qui relève du réseau public de distribution est réalisée par le gestionnaire du réseau.
- La formation. La formation qui mène à la qualification doit être agréée par l’organisme de qualification. Les exigences détaillées sont fixées par arrêté.
Le texte prévoyait une dérogation transitoire : jusqu’au 31 décembre 2024, une qualification délivrée par un organisme simplement accrédité restait valable. Cette date est passée. Depuis le 1er janvier 2025, seule compte une qualification délivrée par un organisme agréé par les ministres chargés de la construction et de l’énergie.
L’exception des 3,7 kW
Une seule situation échappe à la qualification. Il faut que trois conditions soient réunies : un point de recharge de 3,7 kW ou moins, installé dans un bâtiment d’habitation privé ou sa dépendance, et non accessible au public. Une prise renforcée dans le garage d’une maison entre dans ce cas. Une borne de 7,4 kW dans le même garage n’y entre pas. Un point de 3,7 kW sur un parking ouvert à la clientèle d’un commerce n’y entre pas non plus.
L’habilitation électrique, elle, reste exigée dans tous les cas.
Ce que la qualification déclenche chez vos clients
La qualification n’est pas seulement une obligation de l’installateur. Plusieurs dispositifs en dépendent.
- La prime Advenir. Le programme exige un justificatif de qualification IRVE, définitive ou probatoire, pour tout dossier portant sur un point de plus de 3,7 kW. Une simple attestation de formation n’est pas acceptée. Advenir reconnaît Qualifelec, AFNOR et Qualit’EnR (advenir.mobi). Le détail des primes en vigueur figure dans notre point sur les primes Advenir 2026.
- La TVA à 5,5 %. La pose d’une borne dans un local d’habitation, pour l’usage des résidents, relève du taux réduit du N de l’article 278-0 bis du Code général des impôts. L’article 30-0 H de l’annexe IV pose une condition : le prestataire doit disposer de l’habilitation et, le cas échéant, de la qualification prévues par l’article D. 353-2.
- Le crédit d’impôt. Il ne joue plus. L’article 200 quater C du CGI ne vise que les dépenses payées entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2025. Notre guide des aides à la borne de recharge en 2026 fait le point sur ce qui reste.
Un installateur sans qualification ne peut donc pas faire bénéficier ses clients de la prime Advenir. Il ne peut pas non plus appliquer la TVA à 5,5 %. Sur un devis de copropriété ou d’entreprise, la différence se voit immédiatement.
Qualification, certification, formation : quelle différence ?
Le vocabulaire varie d’un site à l’autre. Les textes, eux, sont précis.
- La formation (P1, P2, P3, MA1, MA2, MA3, études) s’adresse à une personne. Elle se conclut par une attestation de réussite délivrée par l’organisme de formation.
- La qualification est attribuée à une entreprise. Elle prouve que l’entreprise dispose de référents formés, de l’outillage nécessaire, de références et d’assurances. C’est elle qu’exige l’article D. 353-2.
- « Certification IRVE » est un terme d’usage. Il désigne en pratique la qualification. AFNOR Certification parle de « certificat de qualification ».
Conséquence directe : un électricien qui suit une formation P1 n’est pas encore « qualifié IRVE ». Il le devient quand son entreprise obtient la qualification. Un salarié formé qui change d’employeur emporte son attestation de formation, pas la qualification de son ancienne entreprise.
P1, P2, P3 : que couvre chaque niveau ?
L’arrêté du 27 octobre 2021 modifié fixe trois niveaux de formation pour la pose. Il renvoie le contenu détaillé à des référentiels communs, notamment ceux de l’Avere-France. Les référentiels en vigueur sont datés de juin 2026 (avere-france.org).
Niveau P1 : bornes AC sans pilotage ni supervision
Le niveau P1 vise l’installation de bornes en courant alternatif qui fonctionnent de manière autonome. Elles n’ont pas de configuration spécifique pour la communication extérieure. Le référentiel entend par communication la gestion, le pilotage ou la supervision à distance. Une borne qui ne communique qu’en local, par Bluetooth ou Wi-Fi domestique, reste dans le périmètre P1.
Le programme couvre les caractéristiques des bornes et des véhicules, le cadre normatif et réglementaire, l’adaptation de l’installation électrique du client, la gestion d’énergie et le pilotage de la recharge, les règles de l’art (dont le serrage au couple), la mise en service, la recette et le paramétrage du contrôle d’accès.
Durée : une journée, soit 7 heures, selon le référentiel. L’arrêté fixe un minimum d’un jour.
Prérequis : des connaissances en électricité, vérifiées par une évaluation avant l’entrée en formation. Le référentiel cite un niveau CAP ou bac pro électricien, ou un autodidacte expérimenté.
Niveau P2 : bornes AC communicantes et pilotées
Le niveau P2 vise les bornes en courant alternatif communicantes, installées seules ou en grappe, avec pilotage énergétique. Le pilotage et l’échange de données passent par les outils réseau.
Le programme ajoute la conception d’une infrastructure en étoile ou en rocade, le sous-comptage, les règles propres aux bâtiments à usage professionnel, aux établissements recevant du public et aux parcs de stationnement, les bases du protocole TCP/IP, le paramétrage d’un gestionnaire de bornes et la préparation des documents demandés par un bureau de contrôle. Une étude de cas impose la nomenclature des produits et leur implantation sur le schéma unifilaire.
Durée : deux journées, soit 14 heures.
Prérequis : l’attestation de réussite P1, de bonnes connaissances en réseau et en informatique, et la capacité à dimensionner une installation électrique.
Niveau P3 : recharge rapide en courant continu
Le niveau P3 vise la recharge rapide à haute puissance en courant continu (DC). Il couvre les spécificités de ces installations et leurs règles de sécurité.
Le programme traite de l’analyse de la capacité du site avec note de calcul, des règles propres au courant continu, de la manutention de charges lourdes, de la ventilation et de l’accessibilité de la borne, des réglementations applicables dans les établissements recevant du public, les parcs de stationnement, les stations-service et sur la voie publique. Il se termine par l’autocontrôle et la production des documents associés.
Durée : deux journées, soit 14 heures.
Prérequis : l’attestation P1 et une expérience des installations électriques dans l’un des domaines suivants : voie publique, tertiaire et industrie, branchements, réseaux.
Les niveaux de maintenance MA1, MA2, MA3
La maintenance a ses propres formations. Le MA1 porte sur les bornes AC. Il dure au moins un jour et exige l’attestation P1. Il couvre la maintenance de niveaux 1 et 2 au sens de la norme NF X 60-000, la mise en sécurité, la consignation, le diagnostic et la remise en service. Le MA1 fait partie des référentiels rendus obligatoires par l’arrêté du 27 octobre 2021.
Le MA2 (bornes AC communicantes, prérequis P2) et le MA3 (bornes DC, prérequis P3) existent aussi. L’Avere-France précise qu’ils ne sont pas obligatoires.
Les études de conception
La qualification « études » s’adresse aux entreprises qui réalisent l’étude obligatoire au-delà de 50 places ou de quatre points en habitat collectif. L’annexe III de l’arrêté fixe une formation d’au moins trois jours, ou à défaut un contrôle individuel de connaissances sous forme de QCM organisé par l’organisme de qualification. Elle exige aussi un logiciel de calcul d’installations électriques et deux références pour des donneurs d’ordre indépendants. Pour un immeuble collectif, l’étude doit présenter plusieurs scénarios d’ajout de points, avec le foisonnement et le pilotage coordonné.
Les intitulés chez Qualifelec
Les organismes de qualification ont leurs propres intitulés. Chez Qualifelec, la pose se décline en trois indices :
- IRVE1 : station de recharge dont la puissance maximale appelable ne dépasse pas 36 kVA. Une mention PIL (pilotage) s’y ajoute pour les bornes communicantes, avec une formation de niveau 2.
- IRVE2 : installations communicantes de plus de 36 kVA.
- IRVE3 : station de recharge en courant continu.
Qualifelec propose aussi les indices de maintenance IRVEMA1, IRVEMA2 et IRVEMA3, et l’indice d’études IRVET, qui doit être associé à un autre indice. Chaque indice existe en version probatoire, préfixée d’un P : PIRVE1, PIRVE2, PIRVE3. Les indices sont cumulables.
Tableau P1, P2, P3 : la synthèse
| Niveau | Ce qu’il couvre | Durée de formation | Prérequis | Chantiers types |
|---|---|---|---|---|
| P1 | Bornes AC autonomes, sans pilotage ni supervision à distance | 1 jour (7 h) | Évaluation préalable en électrotechnique | Maison individuelle, petit local professionnel |
| P2 | Bornes AC communicantes, seules ou en grappe, avec pilotage énergétique | 2 jours (14 h) | Attestation P1, bases réseau et informatique | Copropriété, parking d’entreprise, flotte |
| P3 | Recharge rapide en courant continu (DC) | 2 jours (14 h) | Attestation P1, expérience voie publique, tertiaire, industrie ou réseaux | Station rapide, parking de commerce, voirie |
| MA1 | Maintenance des bornes AC, niveaux 1 et 2 | 1 jour minimum | Attestation P1 | Contrat d’entretien |
| Études | Étude de conception obligatoire (50 places, ou 4 points en habitat collectif) | 3 jours minimum, ou QCM | Électricien référent | Copropriété, grand parking |
Sources : arrêté du 27 octobre 2021 modifié, annexes I à III ; référentiels Avere-France de juin 2026. Les chantiers types sont une lecture de la rédaction, pas une catégorie réglementaire.
Quel niveau choisir selon vos chantiers ?
Le choix part de vos chantiers, pas du niveau le plus élevé. Une méthode simple consiste à répondre à trois questions.
- La borne doit-elle être pilotée ou supervisée à distance ? Si oui, il faut P2. Une copropriété qui répartit la consommation entre résidents, ou une entreprise qui suit la recharge de sa flotte, en a presque toujours besoin.
- Le courant est-il continu ? Si oui, il faut P3. Le P3 ne remplace pas le P2 : il s’ajoute au P1.
- Proposerez-vous l’entretien ? Si oui, il faut une qualification de maintenance, avec au minimum le MA1. Un contrat d’entretien sans qualification de maintenance ne respecte pas le II de l’article D. 353-2.
Un électricien qui travaille surtout en maison individuelle peut commencer par P1. Il lui faudra P2 dès qu’il voudra répondre à une copropriété, une demande qui revient souvent dans les dossiers Advenir. Notre guide de l’installation d’une borne chez soi montre ce que les particuliers attendent de leur installateur. Celui sur la borne de recharge en entreprise décrit les besoins des flottes.
Quels organismes délivrent la qualification IRVE en 2026 ?
Depuis 2024, un organisme de qualification doit être agréé par arrêté des ministres chargés de la construction et de l’énergie, au titre de l’article R. 125-40 du Code de la construction et de l’habitation. L’agrément a remplacé l’ancienne accréditation par le Cofrac. Les modalités d’agrément figurent dans l’arrêté du 29 juin 2024.
Au 27 octobre 2026, trois arrêtés publiés au Journal officiel agréent un organisme pour le dispositif de qualification des entreprises qui installent et entretiennent des infrastructures de recharge.
| Organisme | Arrêté d’agrément | Publication | Durée | Autres dispositifs couverts |
|---|---|---|---|---|
| Qualifelec | Arrêté du 26 novembre 2024 | JO n° 282 du 29 novembre 2024 | 5 ans | Crédits d’impôt, photovoltaïque |
| Qualit’EnR | Arrêté du 26 novembre 2024 | JO n° 282 du 29 novembre 2024 | 5 ans | Crédits d’impôt, photovoltaïque |
| AFNOR Certification | Arrêté du 18 décembre 2024 | JO n° 302 du 21 décembre 2024 | 5 ans | Non |
Ces trois organismes sont aussi ceux qu’accepte le programme Advenir. Chez Qualit’EnR, la qualification IRVE porte le nom Recharge Elec +.
L’Avere-France cite un quatrième nom, l’OPQIBI, organisme de qualification de l’ingénierie. Son arrêté d’agrément du 26 novembre 2024 ne mentionne pas le dispositif des infrastructures de recharge. Pour une qualification d’installation ou de maintenance, il faut donc s’adresser à l’un des trois organismes du tableau.
Comment vérifier qu’une entreprise est qualifiée
Qualifelec publie un moteur « Trouver une entreprise qualifiée » sur qualifelec.fr. Qualit’EnR tient un annuaire interrogeable par raison sociale ou numéro SIRET. Un client, un syndic ou Advenir peut ainsi contrôler votre qualification en quelques secondes. Gardez vos données à jour : une raison sociale ou une adresse périmée crée des refus de dossier.
Comment se déroule la formation IRVE ?
La formation est la première dépense et la première étape. Elle se suit dans un organisme agréé par l’organisme de qualification. Une formation non agréée ne permet pas de déposer de dossier.
Le format
Les référentiels de l’Avere-France fixent les mêmes modalités pour P1, P2 et P3 :
- une formation en présentiel, en salle ;
- des essais sur un plateau technique pédagogique actif et fonctionnel ;
- 30 % du temps au minimum consacré à des études de cas sur matériel ;
- un support de formation remis au stagiaire.
L’évaluation
La formation se termine par un QCM qui compte pour 75 % de la note et par l’évaluation d’un geste métier qui compte pour 25 %. L’attestation de réussite est délivrée au-delà de 14 sur 20. Avant d’entrer en formation, le stagiaire passe une évaluation de ses connaissances en électrotechnique. Un référent qui ne remplit pas les prérequis peut suivre la formation à titre informatif, sans attestation utilisable pour la qualification.
Trouver un organisme de formation agréé
Chaque organisme de qualification publie sa liste. Qualifelec indique avoir agréé 18 organismes de formation et les recense sur son site dédié aux formations. AFNOR Certification publie une liste des formations IRVE agréées en document téléchargeable. Qualit’EnR liste aussi les formations qu’il reconnaît. L’Avere-France publie la liste de ses centres adhérents avec les niveaux couverts.
Tesla Mag ne recommande aucun centre. Trois vérifications suffisent avant de s’inscrire :
- la formation figure sur la liste de l’organisme auprès duquel vous déposerez le dossier ;
- le niveau visé (P1, P2, P3, MA) est bien celui de la session ;
- la session comprend un plateau technique, puisque le référentiel l’exige.
Le recyclage
Les référentiels évoluent. La version de juin 2026 du P1 a ajouté une sensibilisation à la gestion de l’énergie et au pilotage. Toutes les versions rappellent désormais le serrage au couple. L’Avere-France présente le recyclage des référents techniques comme une recommandation, pas comme une obligation. Les organismes de qualification peuvent fixer leurs propres règles. Lisez le référentiel de votre organisme avant le renouvellement.
Quelles conditions faut-il remplir pour être qualifié ?
L’annexe I de l’arrêté du 27 octobre 2021 fixe le contenu minimal d’une qualification d’installation. Les organismes ne peuvent pas descendre en dessous. Ils peuvent ajouter des exigences dans leur référentiel.
Un référent technique par tranche de vingt collaborateurs
L’entreprise doit compter au moins un référent technique par tranche de vingt collaborateurs affectés à l’activité. Le référent cumule une formation initiale, une expérience dans le domaine électrique et la formation IRVE spécifique. L’expérience minimale dépend du diplôme :
| Formation initiale du référent | Expérience minimale dans le domaine électrique |
|---|---|
| Niveau 7 (ingénieur) | 1 an |
| Niveaux 5 et 6 (BTS, DUT, licence) | 2 ans |
| Niveaux 3 et 4 (baccalauréat) | 3 ans |
| CAP, BEP | 4 ans |
Source : arrêté du 27 octobre 2021 modifié, annexe I.
Une entreprise individuelle ou une micro-entreprise peut être qualifiée. Le statut juridique ne compte pas. Le dirigeant peut être lui-même le référent s’il remplit ces conditions.
Un outillage minimal
L’entreprise doit posséder, ou louer, les appareils suivants :
- un mesureur de terre ;
- un vérificateur d’absence de tension ;
- un contrôleur universel ;
- un contrôleur de déclenchement des dispositifs différentiels ;
- un contrôleur de continuité et d’isolement ;
- un contrôleur de phases ;
- un moyen de vérifier le bon fonctionnement de la borne.
La possession se prouve par la marque, le type et le numéro de chaque appareil, ou par les factures d’achat ou de location.
Deux références, ou la voie probatoire
Une qualification définitive demande deux références indépendantes d’installations achevées au cours des quatre dernières années. Chaque référence est documentée par les schémas unifilaires, les notes de calcul et l’un des trois justificatifs suivants : une attestation du Consuel, un rapport sans réserve d’un organisme de contrôle, ou une attestation de bonne exécution signée par le client.
Une entreprise qui débute n’a pas de références. L’arrêté prévoit pour elle une qualification probatoire. Chez Qualifelec, le cycle probatoire dure deux ans. Les chantiers réalisés pendant ces deux ans deviennent les références du dossier définitif. Conservez dès le premier chantier les schémas, notes de calcul et attestations : c’est ce qui vous sera demandé.
Pour la maintenance, l’annexe II demande deux références de maintenance achevées sur quatre ans, avec une attestation de bonne exécution du client. La voie probatoire existe aussi.
Quelles pièces mettre dans le dossier de qualification ?
Les trois organismes instruisent le dossier en ligne, dans un espace client. La liste exacte dépend du référentiel de chacun. Les textes et les pages des organismes permettent d’établir le socle suivant.
- L’identité de l’entreprise : extrait Kbis ou avis de situation au répertoire SIRENE, effectif, chiffre d’affaires.
- Les attestations de formation des référents techniques, au niveau demandé (P1, P2, P3, MA).
- Les diplômes et justificatifs d’expérience des référents, pour respecter le tableau de l’annexe I.
- Les titres d’habilitation électrique des intervenants, délivrés par l’employeur au titre de l’article R. 4544-9 du Code du travail.
- Les attestations d’assurance : responsabilité civile professionnelle et responsabilité décennale. Qualifelec les cite parmi les « justificatifs essentiels ».
- Les justificatifs d’outillage : liste des appareils, ou factures.
- Les références de chantier, avec schémas, notes de calcul et justificatifs de conformité, sauf en probatoire.
Un point mérite une vérification avant le dépôt : l’attestation décennale doit couvrir l’activité réellement exercée. Demandez à votre assureur si la pose d’infrastructures de recharge figure dans les activités déclarées. Un écart entre l’attestation et l’activité demandée bloque le dossier.
C’est souvent à cette étape que le temps manque. Dans l’espace pro de Tesla Mag, nous préparons avec vous les dossiers administratifs et le mémoire technique, et vous profitez des outils marketing d’un média lu par les conducteurs électriques. Découvrir l’espace pro.
Comment se passent l’instruction et l’audit ?
Les deux organismes dont les pages ont pu être lues décrivent un parcours proche.
Chez Qualifelec
- Vous commandez le dossier en ligne et payez les frais de dossier.
- Vous complétez le dossier dans l’espace client, entièrement dématérialisé.
- Le dossier est instruit, puis présenté à un comité de qualification.
- Les frais de qualification sont payés après validation par le comité.
- Le premier certificat annuel est délivré.
Chez AFNOR Certification
- Vous demandez un devis en ligne, puis vous accédez à l’espace client.
- Des instructeurs vérifient la conformité administrative et technique des documents. C’est une évaluation documentaire dématérialisée.
- Un comité d’experts décide de l’attribution.
- Le certificat est délivré pour quatre ans, avec un suivi annuel dématérialisé.
La page IRVE de Qualit’EnR n’a pas pu être consultée lors de la rédaction. Les étapes sont à vérifier directement auprès de l’organisme.
Audit sur chantier : ce qui est publié
Les pages IRVE de Qualifelec et d’AFNOR Certification décrivent une instruction sur dossier et un comité. Elles ne décrivent pas de contrôle de réalisation sur chantier pour l’IRVE. L’arrêté du 29 juin 2024 encadre surtout le contrôle des organismes eux-mêmes. Si votre organisme organise un audit, son référentiel en fixe les modalités. Lisez-le avant de déposer.
Le délai
Aucun des trois organismes ne publie de délai d’instruction garanti pour l’IRVE sur les pages consultées. Le délai dépend surtout de la complétude du dossier. Un dossier complet au premier envoi évite les allers-retours. Pour planifier, partez de la date du premier chantier prévu et remontez : formation, constitution du dossier, instruction, comité.
Combien coûte la qualification IRVE ?
Un seul montant est publié par un organisme agréé à la date de ce guide.
- Qualifelec : le dossier coûte 112 € HT, quel que soit le nombre d’indices demandés, payable à la commande. S’y ajoutent des frais de qualification qui dépendent de la classe de l’entreprise, c’est-à-dire du nombre d’électriciens affectés à l’activité. La grille de ces frais n’apparaît pas sur la page consultée. Les frais de dossier sont dégressifs à partir de deux dossiers.
- AFNOR Certification : aucun montant n’est publié. Le tarif passe par un devis en ligne gratuit.
- Qualit’EnR : la page n’a pas pu être consultée.
Le prix de la formation dépend de l’organisme de formation. Aucune source officielle ne publie de tarif de référence. Plutôt qu’un chiffre, voici la méthode pour établir votre budget :
- La formation : le prix de la session multiplié par le nombre de référents, pour chaque niveau visé (1 jour en P1, 2 jours en P2, 2 jours en P3, 1 jour en MA1).
- Le temps immobilisé : les journées de formation sont des journées sans chantier. Multipliez-les par votre marge journalière habituelle.
- Le dossier et la qualification : les frais de dossier, plus les frais de qualification selon votre classe, sur devis.
- L’outillage : les appareils de la liste de l’annexe I que vous ne possédez pas encore, achetés ou loués.
- L’assurance : l’éventuel avenant à votre décennale pour couvrir l’activité.
- Le suivi annuel : les frais restants payés chaque année pendant le cycle.
Rapportez ensuite ce total au nombre de chantiers que vous prévoyez sur quatre ans. C’est le coût de la qualification par chantier.
Combien de temps dure la qualification et comment la renouveler ?
La qualification définitive est attribuée pour quatre ans chez Qualifelec comme chez AFNOR Certification. La qualification probatoire dure deux ans chez Qualifelec.
Le suivi annuel
Pendant le cycle, l’entreprise met à jour chaque année ses informations administratives. Chez Qualifelec, elle règle les frais restants et reçoit un nouveau certificat annuel. Chez AFNOR Certification, un suivi annuel dématérialisé relève les changements de situation. Un référent qui quitte l’entreprise est un changement à déclarer : sans référent, l’entreprise ne remplit plus la condition de l’annexe I.
Le renouvellement
À l’issue du cycle, l’entreprise dépose une nouvelle demande. Les références doivent dater des quatre dernières années, selon l’arrêté. Une entreprise qui n’a pas posé de borne pendant son cycle n’aura pas de références à présenter. En probatoire, le passage au définitif repose sur les chantiers réalisés pendant les deux ans.
Si l’organisme perd son agrément
Les agréments durent cinq ans à compter de leur date : jusqu’à fin 2029 pour les trois organismes actuels. L’arrêté du 29 juin 2024 prévoit le cas d’un retrait. L’organisme ne peut alors plus délivrer ni maintenir de qualification. Il doit informer les entreprises, qui peuvent transférer leur dossier vers un autre organisme agréé. Si le dossier ne peut pas être récupéré, la demande est traitée comme une qualification initiale. Conservez donc une copie complète de votre dossier.
Quelles obligations après la qualification ?
La qualification ouvre le droit d’installer. Elle s’accompagne d’obligations sur chaque chantier, fixées par le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 consolidé et par le Code de l’énergie.
Sur chaque installation
- Un circuit spécialisé par point de recharge, protégé par un dispositif différentiel de 30 mA au plus. L’installateur vérifie la conformité électrique (article 23 du décret n° 2017-26).
- Une attestation de conformité, celle de l’article D. 342-20 du Code de l’énergie, pour la mise en service d’une installation de plus de 36 kW, en cas d’augmentation de puissance au-delà de ce seuil, et dans tous les bâtiments d’habitation collectifs, quelle que soit la puissance (même article 23).
- L’étude de conception préalable au-delà de 50 places de stationnement, ou dès quatre points de recharge dans un bâtiment d’habitation collectif, confiée à un professionnel qualifié pour les études.
- Le bon niveau de qualification pour chaque chantier : une installation communicante relève du P2, une borne DC du P3.
Sur les points ouverts au public
Le décret n° 2017-26 consolidé prévoit un contrôle des points de recharge ouverts au public au moins une fois par an, avec un marquage visible de la date du contrôle et de l’organisme ou de la personne qui l’a réalisé (article 24). L’affichage des informations d’accès, de l’identifiant du point et d’un moyen de joindre l’opérateur relève de l’aménageur (article 18). Ces obligations ne pèsent pas toutes sur l’installateur. Elles déterminent pourtant ce que votre client attend de vous, notamment dans un contrat de maintenance.
Dans vos devis et vos factures
- La TVA : indiquez le taux appliqué à chaque ligne. Le taux de 5,5 % du N de l’article 278-0 bis vise la pose dans un local d’habitation, pour l’usage des résidents, par un prestataire qui remplit les conditions de l’article D. 353-2.
- Advenir : la demande de prime se fait avant le début du chantier, avec le justificatif de qualification de l’installateur. Une attestation de formation ne suffit pas.
- Votre numéro de qualification : mentionnez-le sur vos devis. Le client peut le vérifier dans l’annuaire de l’organisme.
Pendant tout le cycle
Gardez vos références à jour. Archivez pour chaque chantier le schéma unifilaire, la note de calcul et l’attestation de conformité ou de bonne exécution. Ce sont les pièces du prochain renouvellement. Les copropriétés et les gestionnaires de parc les demandent aussi avant de confier un chantier. Notre page recharge et installation regroupe les guides que lisent vos futurs clients. Les propriétaires de terrain qui étudient une station de recharge disposent d’une page dédiée.
Check-list : devenir installateur qualifié IRVE, étape par étape
- Vérifier l’habilitation électrique de chaque intervenant, délivrée par l’employeur.
- Désigner le ou les référents techniques : un par tranche de vingt collaborateurs, avec le diplôme et l’expérience du tableau de l’annexe I.
- Choisir les niveaux selon vos chantiers : P1, puis P2 pour le pilotage, P3 pour le courant continu, MA1 pour l’entretien, études au-delà de 50 places ou de quatre points en collectif.
- Choisir l’organisme de qualification parmi les trois agréés : Qualifelec, AFNOR Certification, Qualit’EnR.
- Vérifier que la formation est agréée par cet organisme, puis s’inscrire.
- Réussir la formation : QCM et geste métier, note supérieure à 14 sur 20, attestation de réussite.
- Rassembler l’outillage de l’annexe I et ses justificatifs.
- Faire vérifier l’assurance : responsabilité civile et décennale couvrant la pose d’infrastructures de recharge.
- Réunir deux références de moins de quatre ans, avec schémas, notes de calcul et attestation, ou demander la qualification probatoire.
- Déposer le dossier dans l’espace client de l’organisme.
- Répondre aux demandes de l’instructeur et attendre la décision du comité.
- Recevoir le certificat et vérifier votre fiche dans l’annuaire de l’organisme.
- Mettre à jour la qualification chaque année et archiver les pièces de chaque chantier pour le renouvellement.
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Questions fréquentes
La qualification IRVE est-elle obligatoire pour une borne à domicile ?
Oui, dès que la puissance dépasse 3,7 kW. L’article D. 353-2 du Code de l’énergie n’exempte que les points de 3,7 kW ou moins installés dans un logement privé ou sa dépendance et non accessibles au public. Une wallbox de 7,4 kW dans un garage de maison exige donc un installateur qualifié. L’habilitation électrique, elle, est exigée dans tous les cas, même pour une prise renforcée.
Quelle différence entre P1, P2 et P3 ?
Ce sont trois niveaux de formation à la pose. Le P1 couvre les bornes en courant alternatif autonomes, sans pilotage ni supervision à distance, en une journée. Le P2 couvre les bornes AC communicantes, seules ou en grappe, avec pilotage énergétique, en deux journées. Le P3 couvre la recharge rapide en courant continu, en deux journées. P2 et P3 exigent l’attestation P1.
Qui délivre la qualification IRVE en 2026 ?
Trois organismes sont agréés par l’État pour l’installation et la maintenance des infrastructures de recharge : Qualifelec et Qualit’EnR, par arrêtés du 26 novembre 2024, et AFNOR Certification, par arrêté du 18 décembre 2024. Chaque agrément vaut cinq ans. Ce sont aussi les trois organismes que reconnaît le programme Advenir pour ses primes.
Un auto-entrepreneur peut-il être qualifié IRVE ?
Oui. La qualification ne dépend pas du statut juridique. Une micro-entreprise doit remplir les mêmes conditions qu’une société : un référent technique formé, avec le diplôme et l’expérience exigés par l’annexe I de l’arrêté du 27 octobre 2021, l’outillage minimal, les assurances responsabilité civile et décennale, et des références de chantier ou, à défaut, une demande de qualification probatoire.
Peut-on être qualifié sans avoir jamais posé de borne ?
Oui, par la qualification probatoire. L’arrêté du 27 octobre 2021 la prévoit pour les entreprises sans références ou avec des références insuffisantes. Chez Qualifelec, elle dure deux ans. Les chantiers réalisés pendant cette période servent ensuite de références pour la qualification définitive de quatre ans. Le programme Advenir accepte la qualification probatoire.
Combien de temps dure la formation IRVE ?
Une journée de 7 heures pour le P1, deux journées de 14 heures pour le P2 et autant pour le P3, selon les référentiels de l’Avere-France de juin 2026. L’arrêté du 27 octobre 2021 fixe les minimums : un jour pour le niveau 1, deux jours pour les niveaux 2 et 3. La maintenance MA1 demande au moins un jour, les études de conception au moins trois.
Combien coûte la qualification IRVE ?
Qualifelec publie un seul montant : 112 € HT de frais de dossier, quel que soit le nombre d’indices. Les frais de qualification dépendent de la classe de l’entreprise et ne figurent pas sur la page consultée. AFNOR Certification fonctionne sur devis. Les tarifs de formation varient selon l’organisme et aucune source officielle n’en publie de référence.
Combien de temps la qualification reste-t-elle valable ?
Quatre ans pour la qualification définitive, chez Qualifelec comme chez AFNOR Certification, et deux ans pour la qualification probatoire chez Qualifelec. Pendant le cycle, l’entreprise met à jour ses informations chaque année. Au renouvellement, elle présente des références de moins de quatre ans. Une entreprise sans chantier sur la période n’en aura pas.
Faut-il une qualification pour entretenir une borne ?
Oui. Le II de l’article D. 353-2 du Code de l’énergie soumet la maintenance au même régime que l’installation, avec une qualification de maintenance délivrée par un organisme agréé. La formation MA1, d’au moins un jour, porte sur les bornes AC et exige l’attestation P1. Les formations MA2 et MA3 existent pour les bornes communicantes et DC.
Une attestation de formation suffit-elle pour la prime Advenir ?
Non. Advenir exige un justificatif de qualification IRVE, définitive ou probatoire, pour tout dossier portant sur un point de plus de 3,7 kW. L’attestation de formation P1, P2 ou P3 n’est pas acceptée. La qualification doit avoir été délivrée par Qualifelec, AFNOR Certification ou Qualit’EnR, et la demande de prime doit être faite avant le début des travaux.
Passer de la qualification aux chantiers
La qualification IRVE se prépare en quelques semaines si le dossier est complet : un référent formé, l’outillage, les assurances et deux références, ou la voie probatoire. Elle se garde en documentant chaque chantier. Les textes sont stables depuis l’agrément des trois organismes fin 2024, et les référentiels de formation ont été révisés en juin 2026.
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